Texte à méditer :  

Rêver un impossible rêve
Porter les chagrins des départs
Brûler d'une possible fièvre
Partir ou personne ne part
Aimer jusqu'à la déchirure
Aimer même trop même mal
Tenter sans force et sans armure
D'atteindre l'inaccessible étoile
Telle est ma quête
Suivre l'étoile ...

  
Jacques Brel
 
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  « Je relis Les Caractères, si claire est l’eau de ces bassins qu’il faut se pencher longtemps au-dessus pour en comprendre la profondeur » André Gide

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Acrobatie : Le classicisme et (ou)  L’art contemporain ?

Pour les chanceux qui ont le loisir d’en débattre : un excellent sujet !

Jean-Jacques Aillagon, président de l'établissement public du musée et du domaine de Versailles installa du 10 septembre 2008 au 4 janvier 2009 une exposition Jeff Koons dans les grands appartements et la galerie des Glaces, première rétrospective accommodée en France pour cet artiste américain (artiste vivant vendu le plus cher aux enchères). Cette année c’est le tour de Takashi Murakami.

Échos multiples et variés ! antagonisme contre les avantages ? [ On contemple tous les ans, l'été, dans les jardins du château, les Grandes Eaux Musicales, et les « Fêtes » : exemple : en 2006, Les Noces de l'enfant roi de Alfredo Arias (texte de Chantal Thomas, musique des Rita Mitsouko et scénographie de Roberto Plate) contant l'histoire de l'infante Marie-Anne Victoire, fille du roi d'Espagne venue en France pour épouser le futur Louis XV ; Concert « électro », Lac des cygnes par l'English National Ballet en hommage à Maurice Béjart, Les Juments de la Nuit par Bartabas etc.…]

 « Pour un japonais, y compris moi, le Château de Versailles est l’un des plus grands symboles de l’histoire occidentale. C’est l’emblème d’une ambition d’élégance, de sophistication et d’art dont la plupart d’entre nous ne pouvons que rêver. Bien sûr nous comprenons que l’étincelle qui a mis le feu aux poudres de la révolution est directement partie du centre du bâtiment. Mais, sous de nombreux aspects, tout est transmis à travers un récit fantastique venant d’un royaume très lointain. Tout comme les français peuvent avoir du mal à recréer dans leur esprit une image exacte de l’époque des Samouraïs, l’histoire de ce palais s’est étiolée pour nous dans la réalité.
Donc, il est probable que le Versailles de mon imagination correspond à une exagération et à une transformation de mon esprit jusqu’au point d’être devenu une sorte de monde irréel à part entière. C’est ce que j’ai essayé de saisir dans cette exposition. Je suis le chat du Cheshire qui accueille Alice au pays des merveilles avec son sourire diabolique, et bavarde pendant qu’elle se balade autour du Château. D’un sourire enjoué, je vous invite tous à découvrir le pays des merveilles de Versailles. »
. Murakami.

Mais Jeff Koons, avec son persiflage tape-à-l’œil approximativement baroque, se faufila tout juste dans les ors de Versailles -  en particulier sa colossale sculpture décorée de fleurs dans l'Orangerie, ou sa représentation d’un cœur à boucle ventrue dans une alcôve. Les simulacres pareils aux mangas de Murakami, avec leurs inquiétants ris pétrifiés paraissent perdus, cloisonnés par les parois de plexiglas.D'autres, comme l'éléphantesque Tongari-Kun, à l'étroit dans le Salon d'Hercule, réveillent une faune homérique qui  aurait du s’articuler avec les des les figures mi-hommes mi-batraciens du bassin de Latone, Quant au « Oval Buddha » doré surplombant le Grand Canal - trop pacotille pour certains ?

Les versaillais (de sinistre mémoire pour la COMMUNE de 1870) ont défilé contre cette caricature de "leur" patrimoine : dans "réaction" il y aurait-il forcément "réactionnaire" ?  D’autres apprécient :
       « La détente souriante qu’apportent ces gentils enfants sortis des mangas, ces bandes dessinées japonaises. Montés sur leurs étranges boules, tournant le dos au cavalier cabré sous son chapeau à plumes dans son cadre doré, éclairés par la lumière du jour, ils apportent une note de naturel contrastant avec les somptueuses moulures dorées. La fofolle édentée au grand sourire contagieux, perchée sur son petit arbre multicolore brandissant sa grande canne en guise de sceptre enfantin tourne en ridicule le sérieux des personnages de marbre si pénétrés de leur grandeur... »


Qui est Takashi Murakami ?
Ses sculptures cyclopéennes, peintures, papiers peints, et autres bibelots, apparemment reflet des mangas. Modèles hétéroclites fourmillants en fibre de verre et peints (Hiropon, 1997), ballons gigantesques en plastique aux couleurs criardes (Mr.Dob, 1997) : "Pour que le public ait l’impression d’être entouré par une multitude de caméras, même s’il se trouve en face d’une seule et même image". Il a fondé la « la Kaikai Kiki Corporation » pour ses logos, T-shirts, et produits dérivés.Considéré comme l’un des chefs de file du néo-pop japonais dit Superflat, il revendique l'héritage de Warhol et du pop art américain, tout en analysant la manière dont l'art japonais peut trouver une autonomie face au modèle occidental. Takashi Murakami coordonne aussi des expositions de jeunes artistes de son pays. : caractéristiques nippones que les Occidentaux vomissent ou ne déchiffrent pas. (il a également collaboré avec Louis Vuitton).

Personnellement j’avoue manquer de curiosité pour me déplacer et me rendre compte par moi-même : j’espère néanmoins vous donner, ici, quelques éléments de réflexion.

  L’art contemporain, amorcé en 1945, atteint nos jours. Excentré et médiatisé de Paris ou Londres vers New York, et retour. Avec la chute du mur de Berlin, en 1989, et le potentiel asiatique qui s'ensuit vint la « mondialisation », l'Afrique et l'Amérique latine ne l’évitant pas. Débordement « d’œuvres » aux talents parfois boiteux donc insolites qui enjoignent la coopération du spectateur. Dans les années 1990, les occidentaux accordent leur « sceau » à de nombreux artistes issus des pays dits « en voie de développement ».
Spécialité de l'art contemporain : abandonner le passé « classique », ses « beaux-arts » (peinture, sculpture, etc.), même l'art moderne ! À partir des années 1980, émergent les technologies : « art vidéo », informatique puis, numérique, bio-art, etc. Internet introduit les expositions, qui se concentrant jusqu’aux organismes étatiques. Cotées également sur l'Internet, le contemporain, appât matériel virtuel, déteint aux dépens d’autres « œuvres » peut-être plus authentiquement singulières. Agiotage, selon Fred Forest ou aplomb d’un Hans Haacke ?
Pulsion provocatrice ? L’un d’entre eux reconnaît  les désaccords « L'art contemporain ? Tous les artistes vivants y ressortent-ils ? Ce sont les artistes qui font l'art. Tous les artistes. Librement ! …En réalité, l'art d'État emprunte une voie unique qui écarte arbitrairement l'art des meilleurs artistes des salons historiques. La démocratie commanderait que l'État, attentif aux revenus des imposés, notifiât la réalité d’aujourd’hui dans toute sa dissemblance, sans épuration »

Le « bon goût » n'existe pas en art contemporain, parce que l'artiste a cessé d'être un simple exécutant d'œuvres commanditées par un mécène, qui définissait son statut avant la Renaissance.

        Sautons les siècles en arrière… La centralisation monarchique se renforça dès 1630 sous l'absolutisme de Richelieu d'abord, puis Mazarin et Louis XIV (1638-1715). Simultanément l'Académie française et les d'autres Académies exigent de policer la langue jusqu’à la contexture des œuvres. En fait, cela s’exécute par l’intermédiaire de la religion…

Le « classicisme », en un raccourci irrévérencieux, serait, donc, influencé par le catholicisme, l’Antiquité et la  "raison" qui imposeraient leurs compas. L'architecture du château de Versailles fut conçue selon cet idéal  "classique" : alliance  de rigueur et d’harmonie. Mais cachet Renaissance et mythologique : le "roi soleil" en Apollon et emprise de la noble eurythmie. La nuance baroque sera due aux successeurs. Allégorie magique qui ajuste la méthode des convenances, le dépouillement et le gracieux à la fois avec François Mansart et Le Vau entre autres ! Enfin, pour Le Nôtre, la ville était ignorée depuis les jardins (et inversement)...
Antoine Fignes


Catégorie : - ART
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