Texte à méditer :  

Rêver un impossible rêve
Porter les chagrins des départs
Brûler d'une possible fièvre
Partir ou personne ne part
Aimer jusqu'à la déchirure
Aimer même trop même mal
Tenter sans force et sans armure
D'atteindre l'inaccessible étoile
Telle est ma quête
Suivre l'étoile ...

  
Jacques Brel
 
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  « Je relis Les Caractères, si claire est l’eau de ces bassins qu’il faut se pencher longtemps au-dessus pour en comprendre la profondeur » André Gide

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CINEMA ET HISTOIRE 1

L’Histoire, au cinéma, naît, telle une aventure, débordante de péripéties aussi majestueuses que périlleuses, célébrant un héros, une époque (genre mémoire nationale), une idéologie, sinon carrément un matraquage doctrinal… C’est pourquoi on chevaliers_teutoniques_2.JPGdéploie d’énormes moyens techniques, esthétiques mêlés au folklore. RECONSTITUTION ! Mot clé qui fait grincer les dents des historiens – surtout quand on pense à la veine biblique ou antique dans laquelle s’est précipité Hollywood ! Le fameux péplum ! Inutile de nous y attarder ! L’archéologie nous a-t-elle livré tous les secrets de l’Egypte ancienne pouvant être mis en scène ? CLÉOPÂTRE l’une des attractions : après Cecil B. DeMille (1934), Cléopâtre de Joseph L. Mankiewicz (1963) outrepassa tous les superlatifs, longueur (4 heures), mise en scène prodigieuse et coûteuse - excepté la vérité historique ! Le Pharaon (Ramsès II) péplum polonais de Jerzy Kawalerowicz, (1966) (roman de Bolesław Prus) peint plus justement la puissance communiste vis à vis de l’Église catholique, les préoccupations des égyptologues à l’arrière-plan ! Alexandre le Grand (1956), de Robert Rossen, un peu d’historicité comparé à l’Alexandre multinational d'Oliver Stone, (2004). Les mirifiques batailles ne suffisent pas à respecter l’Histoire… n’y a-t-on pas vu un soutien de George W. Bush…? Et le Gladiator de Ridley Scott (2000) croit revisiter le péplum, après Spartacus, (1960), mais ni l’argent, ni les Oscars récoltés (dont celui du meilleur film, et celui du meilleur acteur pour Russell Crowe), ni le virtuel ne peuvent sauver un scénario bien mal bâti !

Si les péplums ignorent souvent la mentalité qu’ils représentent, d’autres tentent de pénétrer les trajectoires sociales nationales."La naissance d’une nation" de Griffith (1915), sur la guerre de Sécession aux USA, malgré un vif succès, car novateur dans son savoir-faire technique, reste entaché par un parti pris sudiste esclavagiste… Le soviétique Sergueï Eisenstein goûta ce talent : son Alexandre Nevski (1938), adoubé par la musique de Sergueï Prokofiev raconte la victoire tusse du lac Peïpous au XIIIe siècle contre les Chevaliers Teutoniques. Or, si chez Griffith le Ku Klux Klan, tout en blanc, l’emporte sur les noirs, chez Eisenstein la symbolique est inversée, les3197444419_1_4_UTqrSoi0.jpg méchants Teutons en solennelles capes blanches sont piégés par leur propre puissance devant les russes vêtus de sombre ! Et on y lit l’ascendant de Staline contre l’expansionnisme nazi. Toujours au XIIIe siècle, Le Septième Sceau d’Ingmar Bergman (1957). (Prix spécial du jury, ex æquo avec Kanal Festival de Cannes). Fils de pasteur, il explore la veine spirituelle. Rentrant en Suède, un chevalier Croisé et son écuyer, y découvrent la peste et se cognent la Mort qui propose une partie d'échecs afin de retarder l'échéance, pour chercher des explications. Dieu existe-il ? La vie a-t-elle un sens ? L'épidémie de peste est-elle celle dont parle l'Apocalypse ? Tandis que l'écuyer professe le néant, le chevalier veut croire. Sur leur chemin au contact de forains vagabonds, le chevalier redécouvre le bonheur insouciant des âmes pures. Extrait de la phrase, Apocalypse, chapitre 8 :"Et lorsque l'Agneau ouvrit le septième sceau, il se fit un silence dans le ciel, environ une demi-heure…". Pour l’historien, les Croisades prennent fin au XIIIe siècle, la grande peste noire apparait au XIVe siècle… Andreï Roublev d'Andreï Tarkovski, noir et blanc et couleur, (1969) sonde la religiosité russe. Le moine Andreï Roublev a vécu environ de 1360 à 1430, une période marquée par les invasions des Tatars et le sectarisme religieux entrant en conflit avec la doctrine orthodoxe. Le film n'est pas biographique, mais questionne l'essence de l'art et le sens de la foi."L'histoire de la vie de Roublev est l'histoire d'un concept enseigné et imposé, qui se brûle dans l'atmosphère de la réalité vivante, pour renaître de ses cendres comme une vérité nouvelle à peine découverte". Le Destin, film égyptien, de Youssef Chahine, (1997), prix du 50ème anniversaire de Cannes. À travers la vie du savant Averroès, on revit les réminiscences de l'Andalousie du XIIe siècle, lieu d'affrontements entre extrémistes musulmans et savants qui se battent pour diffuser la connaissance. Outre son actualité, ce film nous informe sur les caractéristiques des trois grandes civilisations de l'espace méditerranéen au XIIe siècle. Le contexte géographique et historique illustre la vigueur des proximités pacifiques ou violentes. JEANNE.jpegYoussef Chahine livre un portrait à la fois réaliste et fervent d’Averroès, homme aux savoirs si variés, qui contribua largement à l’enrichissement de l’Humanisme.

Jeanne d’Arc agrège à la fois une femme – héroïne ! – Dieu et la guerre ! Evidemment, de part et d’autre de l’Atlantique les films furent innombrables. Retenons le PROCES DE JEANNE D’ARC de Robert Bresson (1962) qui se base exclusivement sur les textes des procès de condamnation et de réhabilitation. Vision subjective, s’intéressant à la personnalité de Jeanne, jeune fille orgueilleuse voire insolente, habitée par la grâce. Prix spécial du jury au Festival de Cannes de 1962 (ex aequo avec L’éclipse de Michelangelo Antonioni). Le Procès de Jeanne d’Arc se démarque : petit film d’1h05, acteurs non-professionnels. (Avant d’être comédienne, Florence Carrez-Delay, qui incarne Jeanne, est écrivaine, (membre de l’Académie française depuis 2000). Comparé à Dreyer, qui se centre aussi sur le procès, Bresson se fâche, considérant son œuvre très éloignée des bouffonneries grotesques, sur "La passion de Jeanne d’Arc".

Quant à la Renaissance, on l’imagine, l’époque somptueuse séduisit mais il en résulta de regrettables tableaux trop ostentatoires pour un contenu fréquemment creux. On citera Elizabeth film britannique de l’indien Shekhar Kapur, (1998), sur l'ascension et la vie d’Élisabeth Ière (Cate Blanchett). Couvert de récompenses,"La texture du film est à recommander à elle seule, même séparée de l'histoire", étrange appréciation ! Quand Josef Von Stemberg, dans L’impératrice Rouge (1934) offre un cadre magnifiant à Marlène Dietrich en Catherine II, ce poème visuel n’emprunte-t-ilG108211350718876.jpg pas les voies de Michelet lui-même, le passé revivant à travers l’imagination ?    

Après la quincaillerie olympienne sur l’Antiquité et primaire sur la Bible, trop chatoyantes pour apparaître acceptables, loin de la finesse mystique que nous venons d’analyser, en avançant dans la chronologie, on entrera dans les tentatives de biographies plus intimistes ainsi que dans ce que l’on nomme les films de cape et d’épée, qui, eux se préoccupent plus d’exploits que d’historicité. Puis, malheureusement, eurent lieu tant de guerres qui approvisionneront un afflux incessant et hétéroclite de films dont l’approximation balancera du meilleur au pire. ESENSTEIN semble se poser les bonnes questions : «…comment marchait-on au XIIIème siècle ? comment mangeait-on ? quel maintient avaient les gens ?...Comment habiller les personnages ? Fallait-il absorber le style icône des manuscrits de Novgorod ou chercher à rejoindre directement ces hommes à la fois si lointains et si proches ? » . Nous tenterons d’y répondre dans un prochain article…

Anne-Flore Urielle


Catégorie : ARTICLES - CINEMA
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