Texte à méditer :  

Rêver un impossible rêve
Porter les chagrins des départs
Brûler d'une possible fièvre
Partir ou personne ne part
Aimer jusqu'à la déchirure
Aimer même trop même mal
Tenter sans force et sans armure
D'atteindre l'inaccessible étoile
Telle est ma quête
Suivre l'étoile ...

  
Jacques Brel
 
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  « En lui était la vie et la vie était la lumière des hommes" évangile de Jean

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MUSÉE DE l'HISTOIRE DE L’IMMIGRATION

Installé dans le palais de la Porte Dorée à l'est de Paris, ouvert depuis octobre 2007. Dès 2001, Lionel Jospin, engagea le projet. Jacques Chirac (2002), le continue :"Suite au constat, selon lequel les représentations de l’immigration et des migrés, trop souvent négatives, sont porteuses d’attitudes discriminatoires, conscientes ou non, qui constituent des freins d’autant plus forts à l’intégration Cite-nationale-de-l-histoire-de-l-immigration-630x405-C-OTCP-Marc-Bertrand-I-164-17_block_media_big.jpgqu’elles peuvent parfois également être intériorisées par les immigrés eux-mêmes et leurs descendants, la modification en profondeur des attitudes individuelles et collectives et des comportements qu’elles génèrent est apparue dès lors comme une nécessité". Ironie, ce Palais fut édifié pour l'Exposition Coloniale Internationale (1931) ! Président, Benjamin Stora depuis août 2014.

Commençons par le mot de "Réfugié" qui est dans l’actualité. 1793 la France révolutionnaire déclare dans sa nouvelle constitution (jamais appliquée) que le peuple français "donne asile aux étrangers bannis de leur patrie pour la cause de la liberté". La Convention de Genève du 28 juillet 1951 définit le réfugié comme étant la personne qui craint "avec raison d’être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques" en cas de retour dans son pays. Un réfugié est donc une personne qui a demandé l’asile dans un pays étranger et qui s’est vu reconnaître la qualité de réfugié. En France, c’est l’Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides (OFPRA) qui instruit les demandes d’asile et reconnait la qualité de réfugié. En 2010, il y avait dans le monde plus de 15,4 millions de réfugiés dont près de 5 millions de réfugiés palestiniens. Les Afghans (2,9 millions) et les Irakiens (1,8 million) forment les groupes de réfugiés les plus nombreux. Richesse et solidarité ne vont pas forcément de pair. Non seulement les pays les plus pauvres accueillent le plus de réfugiés en valeur absolue (4 réfugiés sur 5, soit 80stora.jpg %) mais aussi comparé à la taille de leur économie. Selon le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, avec 1,7 million de réfugiés, le Pakistan est le premier pays d’accueil dans le monde, suivi de l’Iran (1,1 million) et de la Syrie (1,05 million).

Les grandes lignes de l’immigration sont étudiées de prés depuis 1830. Suivant les secousses historiques ce furent les exilés politiques européens. Puis, l’économie s’en mêlant, le million d’étrangers est atteint en 1881, venus de pays voisins. De 1914 à 1944, L’État intervient, concernant la main-d’œuvre, pour établir des conventions. Puis, la France va recueillir les Juifs, Arméniens, Italiens antifascistes, Russes chassés par le bolchevisme, Allemands antinazis ou Espagnols antifranquistes. En 1931 cela représentera 7% de la population totale, une proportion jamais dépassée depuis. De 1940 à 1944, pour la première fois depuis plus de cent ans, l’Occupation a pour corollaire un quasi-arrêt de toute immigration – sinon la livraison des réfugiés à l’occupant. En 1946, nouveau besoin de main d’œuvre, et avec la Guerre Froide, arrivent les expatriés soit de pays communistes, soit se dictatures immigration-prev1.jpgmilitaires. Au milieu des années 1970, les flux migratoires diminuent en masse. Unique recours, le regroupement familial et les demandeurs d’asile ayant obtenu le statut de réfugié sont autorisés à s’installer en France. La permanence d’un chômage structurel freine l’appel à l’immigration. Cependant, le vieillissement de la population et les besoins en main-d’œuvre dans certains secteurs particulièrement déficients, tels le bâtiment, les travaux publics ou l’hôtellerie, incitent les pouvoirs publics et les entreprises à se tourner vers les travailleurs étrangers, au-delà des pays frontaliers, souvent en toute illégalité. En 2001, l’Europe accueille 1,2 million d’immigrants. C’est plus que les États-Unis et le Canada réunis.

La vocation de la Cité nationale de l’Histoire de l’Immigration :  tenter de mobiliser les français pour considérer l’histoire de l’immigration en tant que patrimoine20_CHAGALL_CANTIQUE_DES_CANTIQUES_4B_NICE.jpg collectif inhérent à la constitution de la France. Cette reconnaissance de la place des étrangers dans l’Histoire commune nécessite un travail à la fois naturel, légal et symbolique, sur ce qui définit le patrimoine commun et la culture dévolue à tous. C’est pourquoi le projet a choisi de privilégier plusieurs pistes : la constitution d’un Musée National, car, en France, ce sont les musées nationaux qui conservent, au nom du peuple français, les trésors de la République (mais l’institution n’est pas seulement un musée...) ; une approche historique et scientifique qui permet seule une appropriation commune, [le colloque “Histoire et immigration, la question coloniale” en est une illustration] ; l’implantation dans un palais de la République car, allégoriquement, ce musée national ne doit pas être relégué à la périphérie.

Second enjeu : mettre le public et les “habitants” au cœur de son dessein, la Cité nationale de l’histoire de l’immigration se définissant en lieu et réseau. À ce titre, elle ambitionne d’associer ses partenaires associations, entreprises, collectivités, universitaires à la gestion de ses activités ; le but essentiel étant une organisation culturelle mais axée sur la pédagogique et la vie sociale ; concevoir ce musée national comme projet de collecte et non de collection. Cette collecte des “traces matérielles et immatérielles de l’histoire de l’immigration” doit s’appuyer sur la participation des habitants. Le musée renferme, Asteerix-Obeelix.gifen particulier, une “galerie des dons”. On y voit, par exemple, la truelle de maçon du père de Cavana ou les instruments du laboratoire de Marie Curie…

Pour réussir ce pari à plus long terme, il existe des points cruciaux sur lesquels il convient d’agir : faire en sorte que la question de l’immigration devienne un thème culturel “légitime”. Ce n’est pas tout à fait le cas encore... Reposer à nouveau la question du rôle des musées dans le monde d’aujourd’hui ; conduire une vraie politique d’essor formateur, (laquelle reste souvent à la porte des institutions culturelles) pour que l’offre s’enrichisse de la demande sociale. Mettre en vigueur à la fois un environnement qui sache recevoir des visiteurs de façon originale et moderne dans la créativité ; ainsi, concevoir une muséologie qui ne repose ni sur les objets, ni sur les proclamations, mais qui apprenne aux gens à savoir regarder et écouter pour accepter que le point de vue de “l’autre” ait sa place.

Enfin, réfléchir sur les formes spécifiques que le spectacle et la créativité peuvent prendre dans une “cité” qui n’est pas une “scène nationale”, inventer des spectacles et des formes (déambulations, théâtre de rue) adaptées à la spécificité du projet. Emblématiques Albert Uderzo et René Goscinny ! 1959, le dessinateur Uderzo, fils d’immigrés italiens, crée avec le scénariste Goscinny, fils d’immigrés polonais, un personnage mythe de la bande dessinée française par excellence : ASTÉRIX. Les aventures drolatiques du petit guerrier gaulois et de son ami Obélix luttant contre les occupants romains, sont devenues célèbres dans le monde entier !

Anne-Flore Urielle (B. Stora / Chagal :le Cantique des Cantiques)


Catégorie : - ACTUALITE
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