Texte à méditer :  

Rêver un impossible rêve
Porter les chagrins des départs
Brûler d'une possible fièvre
Partir ou personne ne part
Aimer jusqu'à la déchirure
Aimer même trop même mal
Tenter sans force et sans armure
D'atteindre l'inaccessible étoile
Telle est ma quête
Suivre l'étoile ...

  
Jacques Brel
 
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  « Je relis Les Caractères, si claire est l’eau de ces bassins qu’il faut se pencher longtemps au-dessus pour en comprendre la profondeur » André Gide

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MARCEL PAGNOL (1895 / 1974) 1

Marcel Pagnol ne laisse personne indifférent, natif du Sud de la France ou y ayant séjourné, qui ne s’est laissé cajoler par la jolie saga "La Gloire de mon Père", (1957) "Le château de ma mère", "Le temps des secrets", "Le temps des amours" ? Romance dont les couplets mielleux, presque irréels, maniéristes … La perte de sa mère biographie-03.jpg15 ans (plus le remariage honni de son père), et la mort d’un frère épileptique avérèrent une réalité plus cinglante ! " Marcel Pagnol a dix-sept ans, au lycée Thiers, où il vient de fonder La Bohème (journal)...C'est un grand garçon mince, la figure pâle, avec des traits nets et des yeux clairs d'adolescent. Déjà, il rêve d'être millionnaire quand il sera grand. "(Merveilleux Pagnol - Georges Berni. (1981). Chance : réformé en 1915. Depuis le  temps qu’il écrit des vers ! Pourquoi choisit-il la licence d’anglais ?... Comme tous les gens du Sud, il monta à Paris pour enseigner jusqu’en 1927. Après 2 pièces plus ou moins boudées, premier succès, TOPAZE (1928). Professeur dans une Institution privée… L’éthique ambigüe aiguillonne le tous pourris de l’époque (cf. affaire Stavisky 1934 et la collusion politico-journalistique). Mis à la porte pour refus de donner une bonne note à un riche cancre, secrétaire d’un homme politique véreux, loin de saTopaze.jpg candeur spontanée, il surpasse son employeur ! (rôle magnifié par Jouvet plus que Fernandel). Repasser le film plus souvent ridiculiserait les pédants actuels qui nous rebattent les oreilles avec la décadence !

Se languissant (comme on dit là-bas) de Marseille, Pagnol a l’intuition géniale qu'une œuvre locale, mais profondément sincère et authentique peut parfois prendre place dans le patrimoine littéraire d'un pays et plaire dans le monde entier : 1929, il crée MARIUS avec Raimu. Gloire instantanée et mondiale pour ces deux provençaux expatriés associés par le métier et l’amitié non sans tempêtes. Le "jeune couple", l’alsacien protestant Pierre Fresnay et Orane Demazis sont Marius et Fanny - approximativement ! Un amour désagrégé par l'appel du grand large et surtout la séparation instinctive d’avec un père quelque peu despotique… plus l’accent ! On réclama une suite, FANNY (1931). Histoire classique : l’enfant de Marius accueilli par Marius.jpgmaitre Panisse fortuné mais âgé… Cependant, après avoir vu Broadway Melody Pagnol se tourne vers le cinéma parlant. En 1931, Marius est l'un des premiers films à succès du cinéma parlant français. "À Paris, on commence de dire et d'écrire que le succès se limiterait à la France, étant donné le caractère local de l'œuvre. On se demandait même si les Lillois comprendraient. Or, non seulement les Lillois comprirent fort bien, mais ils firent eux aussi un succès au film, et bientôt après eux les Belges, les Hollandais, les Anglais, les Allemands…les Américains et les Japonais. Marcel Pagnol devint sans le vouloir une sorte de chef d'école, de l'école provençale du cinéma." (Pierre Leprohon L'Aventure du Cinéma.). Fanny, réalisée par Marc Allégret, l’année suivante. (et la conclusion de la trilogie avec CÉSAR en 1938). Pourquoi une célébrité aussi inopinée ? Ces prototypes, frôlent presque le cliché au-delà de leur caractère touchant. La grâce du talent – et de la couleur locale ?

Pagnol décide alors de fonder sa propre société de production de films,Les Auteurs Associés (1933) et achète, dans les collines au-dessus du village de La Treille où, enfant, il passait ses vacances, un domaine de vingt-quatre hectares (plus tard agrandi à quarante), dans l'idée d'en faire son Hollywood provençal. Il utilise son anglais pour approcher la Paramount et Alexandre Korda, hongrois émigré en Angleterre après l’Allemagne, rend bien l'atmosphère cosmopolite de Marius. Ainsi indépendant, Pagnol entrainera non sans mal, dans son aventure cinématographique, GIONO dont il adaptera quatre œuvres, JOFROI (d'après Jofroi de la Maussan), ANGÈLE (d'après Un de Baumugnes), REGAIN, LA FEMME DU BOULANGER (d'après un passage de Jean le Bleu). On connaît popularité de ce dernier à travers Raimu ! Mais, Giono nous restitue cetteGiono.jpg vraie Provence :"…Non, je n'irai jamais dans cette Provence qu'on me décrit. Pourtant j'habite les pentes d'une colline couverte d'oliviers et, devant ma terrasse, Manosque et ses trois clochers s'arrondit comme une ville orientale. La Durance qui coule au fond de notre petite vallée sent déjà s'approcher les grandes plaines du Comtat…. On est d'abord touché par un silence qui repose sur toute l'étendue du pays. Sur les vastes plateaux recouverts d'amandiers à l'époque où les arbres sont en fleur, on entend à peine le bruit des abeilles. On peut marcher des journées entières seul avec soi-même, dans une joie, un ordre, un équilibre, une paix incomparables… Il a suffi d'un jour pour que ce pays vous ait fait comprendre l'organisation la plus noble de la terre. Sa simplicité pleine de sagesse vous a obligé à la plus paisible, à la plus durable des joies. Il vous a entouré d'une logique si éblouissante que vous êtes désormais habité par un dieu de lumière et de pureté…."

A la fois document et satire sur le cinéma de l’époque : LE SCHPOUNTZ (1938), fantaisie extravagante ! Irénée Fabre ne songe qu’au septième art dans l’épicerie de son oncle. Il n’hésite pas à signer un contrat mirobolant avec  une équipe de cinéma passant dans son village (Éoures situé entre Aubagne et Marseille). Mystification bouffonne. Irénée, vaniteux et croyant à son rêve, court à Paris vers les lauriers ! le_schpountz_original.jpgÉvidemment il découvre la farce. Reste son don de comique qui fait de lui une vedette mais dépité jusqu’au triomphe,car il s’imaginait grand tragédien !
" Le point de départ du Schpountz est une histoire vraie. Nous avons connu un tel personnage pendant la réalisation d'Angèle, confie Marcel Pagnol aux Cahiers du Cinéma, en décembre 1965. C'était un pauvre garçon qui était monté pour nous voir tourner. Les machinistes l'avaient persuadé qu'il était Charles Boyer. Ils lui avaient même signé un contrat. Et, un jour, nous avions vu arriver ce pauvre bougre au Studio de Billancourt. On a vite fait venir le concierge pour le réexpédier chez lui, billet en main.
- Mais le mot Schpountz ?
- C'est un mot russe. Willy, l'opérateur, qui était d'origine slave, disait toujours lorsqu'il le voyait arriver :
- Tiens, voilà encore le Schpountz. Mettons que c'est l'équivalent de fada ou jobastre en langage méridional. Le Schpountz a été réalisé, à quelques jours près, en même temps que Regain, ce qui, aux yeux de leur réalisateur, ne semble pas relever de l'exploit"
.  Deux fameuses tirades soulignerons l’art et la maitrise des palabres poivrées, primesautières fougueuses si particulières à Pagnol : les anchois : " Tu savais très bien que ces anchois, si tu ne les avais pas vendus, c'est nous qui les aurions mangés. Oui, ici, sur cette table, les anchois des Tropiques, nous les aurions vus tous les jours. Jusqu'à la fin du baril, ou jusqu'aux obsèques tropicales de la famille. " Et l’exploit de Fernandel déclinant sur tous les tons théâtraux, Tout condamné à mort aura la tête tranchée

 Maximin Maurin


Catégorie : ARTICLES - LITTERATURE
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