Texte à méditer :  

Rêver un impossible rêve
Porter les chagrins des départs
Brûler d'une possible fièvre
Partir ou personne ne part
Aimer jusqu'à la déchirure
Aimer même trop même mal
Tenter sans force et sans armure
D'atteindre l'inaccessible étoile
Telle est ma quête
Suivre l'étoile ...

  
Jacques Brel
 
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  « Je relis Les Caractères, si claire est l’eau de ces bassins qu’il faut se pencher longtemps au-dessus pour en comprendre la profondeur » André Gide

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L'Astrologue qui se laisse tomber dans un puits

Un astrologue un jour se laissa choir
AN7cdr.jpgAu fond d'un puits. On lui dit : " Pauvre bête,
Tandis qu'à peine à tes pieds tu peux voir,
Penses-tu lire au-dessus de ta tête? "

Cette aventure en soi, sans aller plus avant,
Peut servir de leçon à la plupart des hommes.
Parmi ce que de gens sur la terre nous sommes,
Il en est peu qui fort souvent
Ne se plaisent d'entendre dire
Qu'au livre du destin les mortels peuvent lire.
Mais ce livre, qu'Homère et les siens ont chanté,
Qu'est-ce, que le hasard parmi l'antiquité,
Et parmi nous la Providence?
Or du hasard il n'est point de science :
S'il en était, on aurait tort
De l'appeler hasard, ni fortune, ni sort,
Toutes choses très incertaines.
Quant aux volontés souveraines
De Celui qui fait tout, et rien qu'avec dessein,
Qui les sait, que lui seul? Comment lire en son sein?
Aurait-il imprimé sur le front des étoiles
Ce que la nuit des temps enferme dans ses voiles?
A quelle utilité! Pour exercer l'esprit
De ceux qui de la sphère et du globe ont écrit?
Pour nous faire éviter des maux inévitables?
Nous rendre, dans les biens, de plaisir incapables?
Et causant du dégoût pour ces biens prévenus,
Les convertir en maux devant qu'ils soient venus?
C'est erreur, ou plutôt c'est crime de le croire.
Le firmament se meut, les astres font leur cours,
Le soleil nous luit tous les jours,
Tous les jours sa clarté succède à l'ombre noire,
Sans que nous en puissions autre chose inférer
Que la nécessité de luire et d'éclairer,
D'amener les saisons, de mûrir les semences,
De verser sur les corps certaines influences.
Du reste, en quoi répond au sort toujours divers
Ce train toujours égal dont marche l'univers?
Charlatans, faiseurs d'horoscope,
Quittez les cours des princes de l'Europe;
Emmenez avec vous les souffleurs tout d'un temps :
Vous ne méritez pas plus de foi que ces gens.

Je m'emporte un peu trop revenons à l'histoire
De ce spéculateur qui fut contraint de boire.
Outre la vanité de son art mensonger,
C'est l'image de ceux qui bâillent aux chimères,
Cependant qu'ils sont en danger,
Soit pour eux, soit pour leurs affaires.

      

Contre ceux qui ont le goût difficile            

  Quand j'aurais en naissant reçu de Calliope
  Les dons qu'à ses amants cette muse a promis,
  Je les consacrerais aux mensonges d'Ésope :
  Le mensonge et les vers de tout temps sont amis
220px-Jean_de_La_Fontaine.PNG.
  Mais je ne me crois pas si chéri du Parnasse
  Que de savoir orner toutes ces fictions.
  On peut donner du lustre à leurs inventions :
  On le peut, je l'essaie : un plus savant le fasse.
  Cependant jusqu'ici d'un langage nouveau
  J'ai fait parler le loup et répondre l'agneau;
  J'ai passé plus avant : les arbres et les plantes
  Sont devenus chez moi créatures parlantes.
  Qui ne prendrait ceci pour un enchantement?
  " Vraiment, me diront nos critiques,
  Vous parlez magnifiquement
  De cinq ou six contes d'enfant.
  - Censeurs, en voulez-vous qui soient plus authentiques
  Et d'un style plus haut? En voici : " Les Troyens,
  Après dix ans de guerre autour de leurs murailles,
  Avaient lassé les Grecs, qui par mille moyens,
  Par mille assauts, par cent batailles,
  N'avaient pu mettre à bout cette fière cité,
  Quand un cheval de bois, par Minerve inventé,
  D'un rare et nouvel artifice,
  Dans ses énormes flancs reçut le sage Ulysse,
  Le vaillant Diomède, Ajax l'impétueux,
  Que ce colosse monstrueux
  Avec leurs escadrons devait porter dans Troie,
  Livrant à leur fureur ses dieux mêmes en proie :
  Stratagème inouï, qui des fabricateurs
  Paya la constance et la peine. "
  - C'est assez, me dira quelqu'un de nos auteurs :
  La période est longue, il faut reprendre haleine;
  Et puis votre cheval de bois,
  Vos héros avec leurs phalanges,
  Ce sont des contes plus étranges
  Qu'un renard qui cajole un corbeau sur sa voix :
  De plus, il vous sied mal d'écrire en si haut style.
  - Eh bien! baissons d'un ton. " La jalouse Amarylle
  Songeait à son Alcippe, et croyait de ses soins
  N'avoir que ses moutons et son chien pour témoins.
  Tircis, qui l'aperçut, se glisse entre des saules;
  Il entend la bergère adressant ces paroles
  Au doux Zéphire, et le priant
  De les porter à son amant. "
  - Je vous arrête à cette rime,
  Dira mon censeur à l'instant;
  Je ne la tiens pas légitime,
  Ni d'une assez grande vertu.
  Remettez, pour le mieux, ces deux vers à la fonte.
  - Maudit censeur! te tairas-tu?
  Ne saurais-je achever mon conte?
  C'est un dessein très dangereux
  Que d'entreprendre de te plaire. "

  Les délicats sont malheureux :
  Rien ne saurait les satisfaire.

La Fontaine


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