Texte à méditer :  

Rêver un impossible rêve
Porter les chagrins des départs
Brûler d'une possible fièvre
Partir ou personne ne part
Aimer jusqu'à la déchirure
Aimer même trop même mal
Tenter sans force et sans armure
D'atteindre l'inaccessible étoile
Telle est ma quête
Suivre l'étoile ...

  
Jacques Brel
 
ARTICLES
CITATION

  « Je relis Les Caractères, si claire est l’eau de ces bassins qu’il faut se pencher longtemps au-dessus pour en comprendre la profondeur » André Gide

Préférences

Se reconnecter :
Votre nom (ou pseudo) :
Votre mot de passe
Captcha reload
Recopier le code :


  Nombre de membres 40 membres
Connectés :
( personne )
Snif !!!
Recherche
Recherche
Visites

   visiteurs

   visiteur en ligne

rss Cet article est disponible en format standard RSS pour publication sur votre site web :
http://www.abrulepourpoint.fr/data/fr-articles.xml

FEMMES SAVANTES 1

Si vous êtes familier de ce site, vous avez visité, dans la rubrique « Art » les articles sur les femmes peintre – à commencer par Artemisia Gentileschi au début du XVIIe siècle…En musique on connaît Sapho et les poétesses du Moyen Age… Mais beaucoup vécurent dans l’ombre de leur mari comme Clara Schumann ou Alma Mahler jusqu’à 1913, Lili Boulanger Marie_Curie_1903.jpgnnière du Prix de Rome…

Quant aux sciences longtemps on les estima inabordables pour les femmes, jusqu’à MARIE CURIE (1867-1934) qui reçut 2 prix Nobel et entra au Panthéon en 1995 (avec son mari Pierre) ! Alors que l’épouse de Marcellin Berthelot s’y trouvait depuis 1907, strictement au titre d’épouse parfaite ! Autre scientifique, l’autrichienne LISE MEITNER (1878-1968) qui étudia la fission nucléaire…

Marie Curie, quasi statue du Commandeur de la recherche scientifique, tâchons, ici, de dépasser la légende ! Paris en fournit le cadre. Capitale des arts (Impressionnistes, tour Eiffel) de la littérature et même des débuts du cinéma ! La science y rayonna grâce, en partie, au couple Curie. Saisissons la portée de la radioactivité au regard des 20 dernières années du XIXème siècle. D’une part la matière, de l’autre l’énergie, deux univers hétérogènes réglés par des principes distincts. Aux abords du XXème siècle, cette évolution, la radioactivité, remet tout en question : la matière et l’énergie agissent l’une sur l’autre. Beaucoup de savants ont apporté leur pierre à l’édifice comme HENRI BECQUEREL, qui étudia les radiations émises naturellement par les sels d’uranium. On le reconnu comme le découvreur officiel de la radioactivité – nonobstant la certitude que c’est Marie qui lui donna son nom. Souvent, dans ce monde-là, celui qui met au jour, face au public, un phénomène n’est pas obligatoirement le premier dépisteur. [Le phénomène avait été précédemment observé par Abel Niépce de Saint-Victorcurie.jpg 1805/70]

Au-delà des avancées théoriques et pratiques, le remarquable – et peu souligné – c’est l’essence spécifiquement féminine de Marie Curie. Au contraire de l’expression cerveau d’homme qui courut au long du XVIIIème siècle, ses qualités de femme se réalisèrent dans son mariage : coup de foudre car ils semblaient se parfaire. Marie, élève modèle, Pierre, passionné et fantasque mais inadapté au système scolaire. L’esprit structuré et discipliné de Marie et la créativité débordante et chaotique de Pierre se perfectionnèrent à merveille l’un l’autre dans leur vie privée comme dans leurs recherches. Ils jouissaient d’une commune prédilection pour la science autant absolue que le dédain de l’argent et des honneurs : vie spartiate tout entière tournée l’expérimentation ! Témoignage de Marie : « Pendant les vacances nous partions toujours plus loin à bicyclette…Ces excursions d’une journée, qui nous conduisaient chaque soir à un endroit différent, étaient un vrai bonheur ». L’horizon n’est pas, ici, à la dispersion dans l’eau de rose mais la portée qu’implique la peinture de ce couple exceptionnel vivant comme tout le monde. A ceci près, lors de la naissance de leur fille Irène, le père de Pierre, médecin accoucheur à la retraite et veuf, accueilli, s’occupa de l’enfant, libérant les jeunes parents avec intelligence.

Fin 1903 le couple est ébahi par l’attribution du Prix Nobel – en compagnie de Becquerel dont le style semblait plus prestigieux. D’ailleurs, ce dernier participa seul à la cérémonie, les Curie prétextant un mauvais état de santé, réel. Pour eux cela représenta une sortie intempestive de l’anonymat et une année gaspillée en mondanités ! L’état lamentable du hangar qui leur servait de laboratoire en effara plus d’un au point de devenir d’une renommée retentissante…

Ainsi, Pierre et Marie Curie détectèrent la radioactivité caractéristique atomique de ces einstein_portrait.jpgrayonnements. Plus, l’analyse du néo-zélandais Ernest Rutherford (à Cambridge) qui réalisa la démonstration, au sein de l’atome, d’un noyau avec une charge positive renfermant, malgré sa taille minuscule, l’essentiel de sa masse. Cela métamorphosa la chimie en révélant que la propriété d’un élément chimique ne se spécifie pas, comme on le croyait, par rapport à son conglomérat mais à la quantité de protons, (particules lourdes de charge élémentaire positive), inclus dans son noyau. Au début de la Seconde Guerre Mondiale, ayant employé la moitié de sa vie à sonder la structure du noyau atomique, Lise Meitner, physicienne autrichienne (première femme ayant acquis le doctorat de sciences à l’université de Vienne) déchiffra la fission de ce noyau qui libérait un volume démesuré d’énergie. L’arrivée de cette énergie, venue de la désagrégation de petites quantités de masse, avait été annoncée par ALBERT EINSTEIN avec la théorie de la relativité en 1906, clé du problème : l’équivalence de la masse et de l’énergie. L’origine de la puissance relâchée dans le procédé radioactif résidait dans les infimes quantités de masse qui se perdaient au cours des réactions nucléaires successives et apparaissaient sous forme d’énergie suivant sa fameuse « équation » : E = mc2 : « E » pour l’énergie, « m » pour la passe perdue (transformée en une autre forme d’énergie) et « c » la vitesse de la lumière. Vitesse si importante que malgré le peu de masse perdue, l’énergie libérée demeure des millions de fois supérieure à n’importe quelle autre réaction chimique. Il fallut, bien entendu, une longue procédure pour en arriver à ce que cette puissance, d’origine nucléaire, donne l’explosion d’une bombe nommée atomique (mise au point par une équipe scientifique sous la direction de Robert Oppenheimer 1942/45).curie01.jpg Cependant, ne n’imaginons pas que cet essor et cette marche en avant ont éclos dans la sérénité ! Les savants sont aussi des humains avec leurs mesquines vanités – surtout quand se profile une femme…

Par ailleurs, Pierre Curie envisagea l’utilisation prophétique de la radioactivité en médecine, curiethérapie. Avant de le vérifier sur sa propre peau, il avait envoyé des échantillons de radium très actif au médecin Henri Danlos, à l’hôpital Saint-Louis de Paris. On devait tester les premiers effets thérapeutiques sur différentes maladies de peau – jusqu’au cancer. Au tout début du XXème siècle cela se pratiqua dans les grands hôpitaux européens – et même Etats-Unis. L’expérience se prolongea pour les cancers des organes intérieurs. Cependant, le radium étant introuvable et couteux, on substitua les ampoules contenant les sels de radium par des tubes remplis de son émanation, le radon. Début des soins fondés sur ce que l’on nomme, aujourd’hui, radiothérapie. Deux techniques furent crées : la première devait surveiller les doses de radium reçu par le patient. La seconde fut la découverte de la radioactivité artificielle – 1935 – par Irène Curie et son mari, Frédéric Joliot-Curie. Ainsi remplaça-t-on le radium naturel, si rare, par des atomes radioactifs obtenus artificiellement, comme le cobalt 60.

Toutefois, nous n’en avons fini ni avec Marie Curie, ni avec Lise Meitner…

Antoine Fignes


Catégorie : - SCIENCES
Page lue 951 fois


Réactions à cet article

Personne n'a encore laissé de commentaire.
Soyez donc le premier !