Texte à méditer :  

Rêver un impossible rêve
Porter les chagrins des départs
Brûler d'une possible fièvre
Partir ou personne ne part
Aimer jusqu'à la déchirure
Aimer même trop même mal
Tenter sans force et sans armure
D'atteindre l'inaccessible étoile
Telle est ma quête
Suivre l'étoile ...

  
Jacques Brel
 
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  « En lui était la vie et la vie était la lumière des hommes" évangile de Jean

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FEMMES SAVANTES  2

Après le Nobel, les ennuis financiers et la mésestime de leurs pairs s’estompant, les Curie restaient fatigués. Pierre donnait des cours à la Sorbonne tout en continuant les recherches en laboratoire. De plus, il animait les associations universitaires avec l’espoir de réformer l’Université de l’intérieur…
« Mon cher Pierre que je ne verrai plus jamais plus jamais, ici, je veux te parler dans le silence de ce laboratoire [le fameux laboratoire !], où je n’aurais jamais pensé devoir venir sans toi » Marie Curie (Journal). 19 avril 1906, sous une pluie printanière Pierre fut renversé, rue Dauphine, par un attelage…Marie se replia dans un mutisme insondable et inabordable : elle refusa la pension que lui offrait le gouvernement de la République – n’avait-elle pas reçu les condoléances du Président en personne ? Elle balaya le moindre cortège organisé de ceux qui avaient dédaigné son mari. Marie proscrit toute image du bonheur ainsi que ses filles, les abandonnant à son beau-père. Elle accepta seulement la proposition de la Sorbonne (sur demande des collègues de Pierre) d’occuper la chaire depaullangevin.jpg Pierre – déclinant les manifestations d’admiration… Prostrée, elle n’abandonnait pas moins son laboratoire et en 1911 vint le couronnement inouï : première femme à recevoir le prix Nobel (chimie) ! Or, depuis quelques temps, ses amis se réjouissaient de la voir quitter le deuil et, avec sa franchise coutumière, Marie leur avoua combien PAUL LANGEVIN l’avait soutenue. Alors, se déroulera une sorte de tragi-comédie aussi déplorable, qu’éprouvante. Paul Langevin (1872-1946) avait été l’élève de Pierre Curie (et de Henri Poincaré entre autre). Physicien particulièrement doué pour les mathématiques, outre ses propres inventions, son enthousiasme pour la théorie de la relativité d’Einstein le porta à l’enseigner avec une pédagogie fortifiante depuis sa chaire en Sorbonne. On comprendra mieux ce qui va se passer en se rappelant que, dès l’âge de 20, il défendit Alfred Dreyfus. Donc bien avant la mort de Pierre, s’établit belle amitié entre les Curie et les Langevin. Lorsque Marie commença à s’appuyer sur Paul elle ne savait pas que son épouse, unanimement reconnue comme une mégère, se battrait en allant jusqu’à voler les lettres de sa rivale. La presse de droite, antidreyfusarde, frétillait  :"Le Chopin de la polonaise" s’était réfugié à l’étranger avec sa maitresse. En effet, Paul et Marie assistaient à Bruxelles au Congrès Solvay (grâce au mécénat d'Ernest Solvay, un chimiste et industriel belge) sur La théorie du rayonnement et les quanta en compagnie d’Einstein, Planck, de Broglie etc. Au retour, tout rejaillit singulièrement sur Marie. La foule, enfiévrée par les journaux, jeta des pierres sur sa maison, la traitant de prostituée, juive voleuse de mari, étrangère, dreyfusarde… Indignes échauffourées au cours des quelles les amis et collègues de Marie firent – quand même - reculer le ministre de l’Education Nationale ! D’autant que se posait la question de sa présence à Stockholm : «…le prix m’a été décerné pour la découverte du radium et du polonium. J’estime qu’il n’y a aucun rapport entre mon travail scientifique et les faits de vie privée que l’on prétend évoquer contre moi dans des publications de bas étage…Je ne puis accepter de poser en principe que l’appréciation d’un travail scientifique puisse être influencée par des diffamations… ». Et elle se rendit à Stockholm avec sa fille Irène (14 ans). Malgré une dépression, Marie se lança dans la création de l’Institut du radium où près de son propre laboratoire devaient se développer les recherches cruciales sur la radioactivité, interrompues par la Première Guerre Mondiale. Au cours de cette dernière, elle se battit avec ses propres armes : ces voitures de ville, transformées de manière à pouvoir contenir une unité mobile de rayons X, elle réalisa, avec sa fille, sur le front plus d’un million de radiographies de soldats blessés…

Un mot sur LISE MEITNER (1878-1968). On peut lire sur sa tombe : « une physicienne qui n’a lise-meitner.jpgjamais perdu son humanité » (dans une petite localité du Royaume Uni). Cette épitaphe insiste, avec fidélité, sur la conduite irréprochable de cette scientifique autrichienne.

Notons-le, lorsqu’elle débuta ses travaux dans le laboratoire de chimie à l’Université de Berlin, on ne lui accorda qu’une salle en sous-sol, les femmes n’étant pas admises dans les bâtiments ! Femme et juive fut une double malédiction dans une Allemagne en 1944, encore officiellement nazie, lorsque le Nobel de chimie « pour la fission des noyaux lourds » fut attribué à OTTO HAHN : cette découverte était pourtant le fruit de leur collaboration. La fission nucléaire est, en fait la scission du noyau atomique. Situé au centre de l’atome, il concentre la quasi-totalité de sa masse et se compose de 2 types de particules : le proton, dont la charge électrique est positive et les neutrons, dépourvus de charge électrique. Le nombre de masse (somme de protons et de neutrons) figure explicitement dans leur appellation : uranium 234, 235 et 238…

1906 Première femme à conquérir un doctorat de sciences à l’université de Vienne – coup de tonnerre pour une Institution de 500 ans ! Pendant ma Première Guerre Mondiale, comme Parie Curie, elle se porte volontaire pour expérimenter la technique des rayons X dans l’armée autrichienne.

« Je pensais que vous étiez un homme ! » s’exclama, avec amabilité, Rutherford lorsqu’il la rencontra suite à leur correspondance : cette phrase, à elle seule pourrait légitimer ces article ! …Pourtant Lise avait, également, le don du débat, affrontant les plus grands7229987_orig.jpg savants, au point qu’Einstein la surnomma « notre Marie Curie ». Quant à sa collaboration avec Hahn, elle commença dès les années 1907 (lorsqu’elle partit à Berlin pour suivre les cours de MAX PLANCK) et demeurera exemplaire : elle était physicienne, il était chimiste. Outre la fission nucléaire, l’isolement de l’élément protactinium (Pa) naquit de leur coopération. Mais à l’arrivée d’Hitler au pouvoir Lise Meitner abandonna son poste à l’Université de Berlin et à l’annexion de l’Autriche elle s’exila en Suède, tout en suivant de prés les recherche d’ENRICO FERMI. Et, après la guerre, elle déclina le poste offert en Allemagne, ne désirant pas y croiser ceux qui avaient travaillé pour Hitler…

Elle ne reçut la médaille Max Planck (la plus haute distinction pour un physicien en Allemagne) qu’après la Seconde Guerre mondiale ; plus le prix Fermi aux USA. Et en 1959 elle inaugura, avec Willy Brandt (maire de Berlin) l’Institut « Hahn-Meitner - qui existe toujours sous le nom de Helmholtz-Zentrum de Berlin. En 2000 l’Europe lui rendit enfin justice par la création du prix bisannuel « Lise Meitner » de physique nucléaire.

Lise Meitner, modèle scientifique et moral, était mue par une irrépressible vocation scientifique. Lors d’une conférence à l’Unesco elle énonça cette belle conclusion : « La science nous pousse à chercher la vérité et l’objectivité de manière désintéressée ; elle nous enseigne à accepter la réalité, avec émerveillement et admiration, et elle inspire au véritable scientifique l’étonnement et la joie de découvrir l’ordre naturel des choses »

Antoine Fignes          [Paul Langevin - Lise Meitner - Otto Hahn]


Catégorie : - SCIENCES
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