Texte à méditer :  

Rêver un impossible rêve
Porter les chagrins des départs
Brûler d'une possible fièvre
Partir ou personne ne part
Aimer jusqu'à la déchirure
Aimer même trop même mal
Tenter sans force et sans armure
D'atteindre l'inaccessible étoile
Telle est ma quête
Suivre l'étoile ...

  
Jacques Brel
 
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  « Je relis Les Caractères, si claire est l’eau de ces bassins qu’il faut se pencher longtemps au-dessus pour en comprendre la profondeur » André Gide

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JÉSUS DANS LE CINÉMA

Les chrétiens, seront toujours tentés de portraiturer l’effigie de Jésus, évoquée à travers les Évangiles et la foule de représentations du Moyen Age, due à l’analphabétisme des laïcs, n’a, en fait, jamais cessé… Remarquons, cependant, qu’on n’en trouve pas dans les temples protestants ! Le cinéma semble s’être emparé de l’icône ! 

Intolérance (Love's Struggle Throughout the Ages) film muet de D. W. Griffith, 1916. Quatre exemples : la répression des grèves, le massacre de la Saint-Barthélemy, la Passion du Christ et Babylone. Démonstration de la férocité de l'homme envers son prochain à travers les âges. Superproduction mais échec commercial ! Pour Eisenstein, "Le meilleur du cinéma soviétique est sorti d'Intolérance. Quant à moi, je lui dois tout."

Golgotha de Julien Duvivier 1935.
Jean Gabin (Ponce Pilate Robert Le Vigan (Jésus), Harry Baur (Hérode)…et Edwige Feuillère ! pasolini-2.jpegCélèbre avec « Pépé le Moko », ou « Panique » et surtout Jésus en voix off dans les « Don Camillo » ! Selon Jean Renoir « Ce grand technicien, ce rigoriste, était un poète ». Et Jésus ?

L'Évangile selon saint Matthieu de Pier Paolo Pasolini, 1964.
Une réunion à Assise lui fit lire l'Évangile de Matthieu d’où le désir du film. Les recherches philologiques et historiques pour le réaliser le menèrent en Israël et en Jordanie pour les repérages avec le bibliste don Andrea Carraro. Mais la contemporanéité des lieux le conduira à tourner son film dans le sud de l’Italie le plus miséreux et arriéré. « J'ai emprunté à Piero della Francesca les costumes pour représenter la classe dirigeante… Le Christ a un caractère archaïco-byzantin, ou baroque espagnol, outre l'évidente implication d'El Greco ». Les acteurs ne sont pas des professionnels et ce Jésus-là ressemble souvent à un militant ! Pasolini se sert, pour la première fois du zoom avant. Enfin, dédié au « glorieux Pape Jean XXIII le film reçut le prix spécial du jury au Festival de Venise et celui de l'Office Catholique du Cinéma.

Le Messie coproduction franco-italienne de Roberto Rossellini 1976.
« Lorsque je tourne Le Messie, la façon dont les apôtres-pêcheurs vont à la pêche est aussi importante pour comprendre la pensée de Jésus que la parole de celui-ci. Inversement, pour que cette parole prenne sa signification totale, il faut que l'homme qui s'exprime soit mis dans son contexte historique précis. Voilà pourquoi j'utilise des plans-séquences dans lesquels je peux insérer une assez grande quantité de messages pour permettre à chacun de s'approcher des choses selon sa propre nature ». Les intentions sont claire : « [Le Christ] a une vision aiguë, transcendante, de ce qui l'entoure. C'est pourquoi son cheminement est si profond, sa trajectoire est si magnifique. Et pourquoi il est si mal compris… Toutes les paraboles de Jésus sont des discours visuels, ils se réfèrent à des faits concrets, enracinés dans la vie quotidienne…Le discours du Christ s'adresse à des gens simples et, pourtant, il y a dans les Évangiles tout ce que nous autres hommes d'aujourd'hui cherchons par une autre route ». Ainsi, l’allégorie chez Rossellini est celle d'un Christ qui « rejette, corrige et affirme la tradition dans une conception nouvelle de l'univers. » À cette fin, le cinéaste occulta miracles et Passion. L’essentiel se révèle dans la pédagogie du Christ : « Pour croire que Jésus est un grand homme, ou un grand Dieu, on a ajouté des miracles ! Alors que le type qui a dit : "Le sabbat est fait pour l'homme et non l'homme pour le sabbat" discours d'une importance politique fondamentale ». Un film plutôt boudé ? « Si je recherchais le succès, je ne ferais pas de tels films ».

Jésus de Nazareth série Italo-britannique (6 heures) de Franco Zeffirelli 1977.
Elle suit de près le Nouveau Testament. Paul VI en émit-il le souhait ? Le succès fut au rendez-vous puisqu’à l’encontre du souhait de Zeffirelli les célébrités l’envahirent : de Laurence Olivier à Anthony Quinn et Olivia Hussey (Marie, après Roméo et Juliette). On frôle le péplum soulevant la colère de certains évangélistes américains.

Jésus, (Le Film Jésus), inspiré de Luc réalisé en 1979 par l'Australien Peter Sykes et l'Anglais John Krish.
Concept formé par Bill Bright, fondateur de Campus pour Christ à la limite d’une opération pédagogique séduisante. Et le rôle titre confié John Heyman, acteur shakespearien mais croyant. Plus le recours aux biblistes ! La frontière avec une croisade s’amincit au fur et à mesure des traductions internationales. Ainsi, selon le New York Times, "le plus grand nombre de personnes de tous les temps l’a vu" …statistiques à vérifier.

La Dernière Tentation du Christ de Martin Scorsese, 1988, adapté du roman éponyme de Níkos Kazantzákis, (1954). Certains ont évoqué l‘autorité du Nietzsche de Ainsi parlait Zarathoustra ? Cela vaudrait une étude approfondie. Alors qu’il ne conteste pas le Nouveau Testament lerembrandt56.jpg livre fut mis à l’Index (en bonne compagnie !) par le Vatican. Et, malgré le catholicisme du cinéaste, le film souleva le même scandale…bien que nominé aux Oscar.

Marie de Nazareth dernier film de Jean Delannoy (87 ans), 1995. Jésus présenté à travers la vision de sa mère…

La Passion du Christ écrit, produit et réalisé par Mel Gibson en 2004.
Claude Baty, de l'Alliance biblique : « La violence (interdit aux moins de 12 ans !) brutale, bruyante, constante…ne laisse donc place ni au mystère ni à l'appropriation personnelle…Mais le plus fondamentalement contestable c'est la manière dont est montrée la Passion. Elle n'est plus un mystère mais une performance…filmée pour une " communion aux souffrances ". Cette illustration morbide (par moment à la limite du sadisme), ne laisse que très peu de place à la possibilité d'une réponse personnelle autre que le dolorisme. C'est pourquoi je n'imagine pas que ce film puisse être un film d'évangélisation comme on a pu le dire… ». Étrange qu’un film dit religieux – au dogme digne du Moyen Age – ait eu autant de succès ! Et P. Verhoeven (cinéaste hollandais) parle d'un "catholicisme psychotique" dans cette absence du Dieu bienveillant ou de miséricorde – et par-dessus tout de la RÉSURRECTION ! [J’avoue avoir personnellement refusé d’aller le voir]. François Bovon, professeur de Nouveau Testament à Harvard, et enseignant de l'Académie genevoise (1) rappelle que pour les premiers chrétiens "la portée salutaire de ces faits importe davantage que les contingences extérieures qui les ont provoqués historiquement ". Autrement dit, même s'ils rapportent des faits, les récits bibliques de la Passion ne racontent pas l'Histoire mais une histoire. Ce sont des " récits de foi ", non des reportages objectifs, dont les rédacteurs croient " que le sort de Jésus dépendait du plan de Dieu qui s'est finalement imposé par la Résurrection ".

Là réside tout le problème de « l’incarnation » de Jésus au cinéma !

Anne-Flore Urielle

(1) " Les derniers jours de Jésus ", 2004, chez Labor et Fides.(film de Pasolini et Rembrandt )


Catégorie : ARTICLES - CINEMA
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