Texte à méditer :  

Rêver un impossible rêve
Porter les chagrins des départs
Brûler d'une possible fièvre
Partir ou personne ne part
Aimer jusqu'à la déchirure
Aimer même trop même mal
Tenter sans force et sans armure
D'atteindre l'inaccessible étoile
Telle est ma quête
Suivre l'étoile ...

  
Jacques Brel
 
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  « Je relis Les Caractères, si claire est l’eau de ces bassins qu’il faut se pencher longtemps au-dessus pour en comprendre la profondeur » André Gide

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MARIA MONTESSORI 1870-1952

Native d’Ancône, sans doute tient-elle une force d’âme ambitieuse de sa mère. Elle s’opposera à son père, ministre de Cavour, (ayant combattu pour l’indépendance de l’Italie) plus traditionaliste. Dès 1875 la famille s’installe à Rome. A l’époque on enseigne aux filles leur destin de futures épouses et mères modèles ! Or, Maria a précocement soif d’apprendre : tout la Mariia_Montessori.jpgpassionne en particulier les mathématiques en un temps où l’on concevait le cerveau de la femme comme inapte pour ce genre d’exercice. Mais, elle possède une volonté assez audacieuse pour explorer les sciences réservées aux garçons naturellement ingénieurs en herbe. Maria, anticonformiste, refuse le professorat de lettres et choisit la médecine. Heurt avec son père ! Succès : à 20 ans ses bons résultats lui ouvrent les portes de la faculté de médecine. Son père s’incline mais le protocole l’oblige à accompagner sa fille aux cours. Là, imaginons les quolibets de ses condisciples garçons pour qui il s’agit d’une dévalorisation de sa condition de femme – à la limite du vice ! « Plus fort vous taperez, plus haut j’irai » rétorque Maria. Pourtant elle se voit dans l’obligation de procéder aux dissections toute seule tellement cela paraît inconvenant et c’est si pénible qu’elle songe à arrêter. Rappelons cette perspective : première femme médecin en Italie, elle se met aussitôt au travail, à l’hôpital San Jovani, avec d’autant plus d’ardeur qu’une rencontre lui a donné de l’énergie. Espèce d’éblouissement : dans un quartier pauvre un enfant dépenaillé mais métamorphosé car captivé par un objet quelconque. Est-ce la capacité de l’enfant à se concentrer malgré la misère ? Maria pense : « Nous, les êtres humains avons très certainement une mission dont nous n’avons pas même conscience ».

Or, nous sommes en pleins mouvements féministes venus de Grande Bretagne. En 1903 création d’un parti par Emmeline Pankhurst et sa fille Christabel Pankhurst. Surnommées « suffragettes » elles réclament, entre autre, le droit de vote se pressant de manifester dans rue… 1910 « Black Friday », lors du rejet de la loi. Trois cents victimes d'une répression policière (une morte). MarioMontessori.gifMaria se sent pleinement concernée ! Son enthousiasme va jusqu’à revendiquer « à travail égal, salaire égal » ! Toujours pionnière, s’exprimant avec aisance, fougue et intelligence. Très élégante, un journaliste voit en elle « la délicatesse d’une femme et la force d’un homme ». Insensible à ce genre de vanité, « j’ai vu que les journaux parlent de moi mais cela n’a aucune importance, je vais m’atteler sérieusement au travail ». Elle n’hésitera pas, quitte à choquer, à donner des cours d’hygiène sexuelle aux femmes !

Après des études neurologiques, à la clinique psychiatrique de Rome, Maria va s’occuper d’enfants dits « attardés ». En réalité ils vivaient dans un état effroyable en manque d’amour et d’énergie inéluctablement indigents et humiliés vis-à-vis de l’indifférence générale. Pour Maria, scandalisée, « il est nécessaire que ces infortunés réintègrent la communauté humaine et retrouvent leur place dans le monde civilisé. Il est nécessaire de rompre leur dépendance aux autres en leur rendant toute leur dignité humaine ». Elle connaît les recherches de Jean Itard (1774-1838) sur « Victor, l'enfant sauvage de l'Aveyron » [cf. film de Truffaut] ou d'Édouard Séguin (1812-1880)… Première expérience : la codirection d’une école spéciale avec son collègue Montesano. Ils se dévouent sans relâche aux enfants diminués, leur fournissant des objets en bois ou autre pour aiguiser leurs sens et la vivacité de leur esprit. Première victoire : la réussite aux examens à égalité avec les enfants « normaux ». Cependant, les deux enseignants ayant eu une liaison, Maria met au monde un fils. Mais elle choisit de le confier à des parents nourriciers à la campagne, en lui taisant leur relation, car, à l’époque, le mariage l’aurait obligée à abandonner toutes ses recherches.

Elle se lance dans de nouvelles études d’anthropologie, psychologie et pédagogie tout en essayant de les mettre en pratique auprès des enfants. A Rome, dans le quartier défavorisé de San Lorenzo est crée « La maison des enfants ». Alors qu’on voyait les cerveaux enfantins comme des entonnoirs pour y verser l’instruction sans que ces derniers puissent bouger ou réagir, Maria, au contraire, avait saisit leur faculté d’exploration. Les petits, tout à fait aptes à se stimuler, apprennent mieux grâce à leurs propres explorations. Dans une atmosphère PedagoMontessori.jpgpersonnalisée ils apprendront avec joie et ordre car ils ont le sens de la dignité de la personne. Sans récompenses ni punitions certains acquirent la lecture tout seuls, par exemple en se servant des syllabes écoutées. S’y ajoutent d’autres tests. « Le travail doit être un défi et le défi un plaisir ». Succès fou ! Maria publie un livre sur sa méthode. Un deuil la frappe, la mort de sa mère (elle s’habillera toujours en noir) ; en revanche, elle reprend son fils, Mario, (lui avait deviné qu’elle était sa mère), d’ailleurs, il continuera son œuvre. Ainsi, en ce tout début de XXème italien si rigoureux elle s’impose discrètement en mère célibataire peut-être aidé par le triomphe de ses théories pédagogiques : des écoles s’ouvrent partout en Europe, même à la Maison Blanche…

La guerre de 1914 ne freine ni leur développement ni le dynamisme de Maria qui voyage : éducation et pacifisme sont imbriqués et il faut préparer les générations à venir. Elle rencontre Freud, « Comme tous ceux qui s’intéressent à la psyché de l’enfant, je suis de tout cœur avec vos efforts qui manifestent un amour et une compréhension du genre humain ». En 1924, Mussolini au pouvoir tente financer les écoles Montessori mais Maria s’aperçoit vite que c’est pour mieux les assujettir. 1931 Maria quitte définitivement l’Italie. A Londres elle rencontre Gandhi attiré par la mentalité communautaire et xénophile des écoles Montessori, « Nous faisons partie de la même famille ». Long périple en Inde qui compte 90% d’illettrés : « Quand il s’agit de ne pas courber la tête et de ne pas se soumettre, nous avons bien plus à apprendre des enfants que l’on croit ignorants que des adultes qu’on croit cultivés » répète Gandhi. Elle va rester 7 ans en Inde troquant le noir du deuil pour le blanc local – avec un incident : étant natifs d’un pays de l’Axe on les estime officieusement « ennemis » et Mario fera un temps de la prison.

Après la guerre elle élit domicile aux Pays-Bas où elle sera enterrée. On reconstruit les écoles, en particulier en Allemagne où le nazisme avait fait table rase de celles qui existaient. « Le monde de l’enfance n’a jamais cessé d’être pour moi une source intarissable d’espoir. Les enfants constituent, en eux-mêmes une humanité ».

On offre à Maria de nombreuses décorations excepté le Prix Nobel de la Paix en dépit du labeur dynamique dans cette voie. D’ailleurs elle disait : « Ce n’est pas moi que vous devez regarder mais plutôt la direction que j’indique ».

Antoine Fignes   (inspiré, entre autre, par un documentaire de la chaine de télévision « Toute l’Histoire")


Catégorie : ARTICLES - REFLEXION
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