Texte à méditer :  
« Ce toit tranquille, où marchent les colombes,
Entre les pins palpite, entre les tombes ;
Midi le juste y compose de feux
La mer, la mer toujours recommencée !
O récompense après une pensée
Qu’un long regard sur le calme des dieux !
…Le vent se lève ! il faut tenter de vivre !... »
Paul VALERY  « Le cimetière marin »
  
 
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« Les choses sont nombres » Pythagore

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L'HAGIOGRAPHIE (vie et œuvre des saints)  Légitimement, l’exemple des premiers chrétiens martyrs s’afficha dans les monastères ou fut prêché dans les paroisses. (souvent à la place de la Bible).

     La Légende dorée (en latin, 1261-66) raconte la vie d'environ 150 saints : Adrien de Nicomédie, Agnès de Rome, Ambroise de Milan, Barnabé, Thomas Becket, Étienne (martyr), Fabien (pape), François d'Assise, Hilaire de Poitiers, Ignace d'Antioche, Jean (apôtre), Julien l'Hospitalier, Lucie de Syracuse, Martin de Tours, Pierre (apôtre), Remi de Reims, Sébastien (martyr),Thomas (apôtre)… Extraordinaires, ces odyssées devaient aiguillonner la foi en symbolisant le combat de Dieu contre le Mal. L'hagiographie genre littéraire florissant lors du premier millénaire chrétien, nécessite la vigilance de l'historien devant cet enchevêtrement de renseignements tangibles et de merveilleux (miracles des saints). 
    278px-AugustineBaptism.jpgJustement, contesté à partir du XVIe siècle par le Protestantisme, (qui ne reconnaît pas le culte des saints), au XVIIe siècle, les jésuites, autour de Jean Bolland, commencent un recueil des vies de saints « Acta Sanctorum » (68 volumes) plus soucieux de vérité et de spiritualité : la force d'âme ou caritative prime sur le surnaturel.
Ainsi, aujourd’hui nous avons à notre disposition à la fois ces antiques manuscrits et les mises au point des recherches modernes théologiques et historiennes.
Saint Jérôme (de Stridon) vers 347-420. Fondateur de l'Ordre Hiéronymite, a traduit la Septante (Bible en grec que reconnaissent les Protestants) en latin : ce fut la « VULGATE ». Au XVIe siècle, face à la Réforme Protestante qui favorise des versions allemandes françaises, etc. du texte de la Bible, pour être compris par chaque croyant, l’Église Catholique Romaine au Concile de Trente promulgua une version révisée en 1592, à distance du texte médiéval, dans un souci de plus grande proximité avec les versions grecques et hébraïques, son influence demeurera jusqu'au concile Vatican II.
Saint Ambroise a occupé le siège épiscopal de Milan de 374 à 397. Plus catéchiste que théologien, il composa des hymnes adoptant en Occident le chant liturgique.
Grégoire Ier, dit le Grand, (vers 540-604 et 64e pape en 590). Le chant « grégorien » lui a été en partie octroyée par la saga hagiographique : il est issu des rénovations de Chrodegang de Metz et de Charlemagne accordant le chant gallican sur la méthode romaine un siècle plus tard. Reste le pédagogue !

Restent des originalités comme « Les Confessions » d'Augustin d'Hippone, (397 et 398).  Profondément inséré dans l’expérience vécue, l’homme se découvre lui-même d’abord, avant l’Autre, mais insuffisant et comme tendu vers un dépassement : « Tu nous as fait pour Toi et notre cœur est sans repos jusqu’à ce qu’il repose en Toi ». Si Dieu est notre bonheur, c’est qu’il est Dieu, cet Éternel immuable, parfait, infini…  354px-GiottoStFrancis.jpg
François d'Assise (vers 1181-1226), qui fonda l'ordre des frères mineurs « franciscains » : prière, pauvreté, évangélisation et respect de la création. Canonisé dès 1228 par le pape Grégoire IX. Ses « FIORETTI » (petites fleurs) relate sa geste féerique consistant à se glorifier des tourments par amour du Christ et dans la joie parfaite. Prêche aux oiseaux et conversion du loup de Gubbio et trois brigands homicides, guérison d’un lépreux etc. (voir le film de Roberto Rossellini, 1951). Ce texte est l’un des plus connus car bien d’autres ont été écartés à cause de leur véracité aléatoire – mais apportent des éléments à la fois sur la mentalité et la spiritualité de l’époque.

Sautons les siècles pour la Loi de séparation des Églises et de l'État en 1905 (Aristide Briand) qui instaura définitivement la laïcité. Cependant, l’interdiction de l'enseignement aux congrégations provoqua la rupture diplomatique avec la papauté. Une fraction du clergé (Mgr Louis Duchesne) l’approuve tandis que la droite catholique l’affronte soutenue par l’Action française…
En relation, on déniche parfois dans des greniers ancestraux ces livres typiques au dessein moraliste comme les hagiographies : ainsi le « Livre de piété de la Jeune Fille, (au pensionnat et dans sa famille) » (ouvrage honoré de la bénédiction de sa Sainteté Pie IX (1881). Son introduction le présente comme un calendrier spirituel, « fleur à cueillir chaque matin » : "Une vraie chrétienne est celle qui honore et aime l’Église comme sa mère… Elle obéit à ses pasteurs avec une déférence pieuse et dévouée, elle cache les défauts qu’ils pourraient avoir parce qu’elle respecte en eux l’autorité divine et le caractère sacré dont ils sont revêtus… » « … Tous les jours n’a-t-on pas l’occasion d’être humble et obéissante ? N’a-t-on pas tous les jours quelque chose à souffrir ?  Une vraie chrétienne est celle qui, est convaincue qu’elle n’est qu’en passant sur la terre, a toujours ses pensées élevées vers le Ciel. …mais ne s’inquiète pas outre mesure des accidents qui peuvent survenir : perte de fortune, affaiblissement de la santé, séparation de ceux qu’elle aime, tout cela l’émeut sans doute, mais elle sait se calmer par la pensée que tout passe et que le Ciel lui rendra tout. »…
« Une vraie chrétienne est celle qui, attentive à l’importance qu’il y a à bien mourir s’occupe sans cesse à ménager le temps de sa vie et se tient ainsi toujours prête à répondre à son Maître lorsqu’il frappera à la porte et à lui rendre compte des talents qu’il lui a donnés pour travailler à sa gloire en faisant son propre salut… »
« Une vraie chrétienne est celle qui se défie d’elle-même et fuit généreusement toutes les occasions qui peuvent la porter au mal… Aussi retranche-t-elle de sa maison tous les livres suspects, tous les journaux dangereux ou même légers, toutes les gravures sensuelles, tous les chants qui portent à la passion. Aussi se prive-t-elle des spectacles, des fêtes publiques, des réunions profanes et si sa position l’oblige à paraître dans telle assemblée dangereuse, elle se recommande à Dieu, s’entoure de prière de précaution et sait bien dire simplement à Dieu : Mon Dieu, gardez-moi ! »
  « L’enfant coupable face à la mort : « Aurai-je le temps de me confesser et la souffrance me permettra-t-elle d’expliquer mes péchés ? … »
  « LE JUGEMENT. Au moment de ma mort je serai devant Dieu. -  A gauche, le démon qui peut-être rira et me montrera, écrits tous mes péchés. A droite mon Ange Gardien qui pleurera. A l’âme juste, Dieu dira : « Venez prendre possession du royaume de mon père ». -  A l’âme coupable Dieu dira : « Retire-toi, maudite et va brûler dans le feu éternel ». Ô mon âme n’as-tu pas peur ? » Point d’excuses devant Dieu. Tous, oui tous verront sans voile ma conscience dans ses plus profonds secrets. Les péchés que je n’ai pas voulu confesser. Ma sensualité, mes immodesties, mon orgueil, tout le monde les connaîtra. Quelle confusion, quelle honte ! »
 « L’Enfer « C’est la réunion de tous les maux et la privation de tous les biens. Là, chaque crime a son supplice particulier. Là est un feu dévorant qui ne s’éteint jamais… lieu d’horreur, d’épouvante et d’effroi…. Incertitudes du salut : j’ai mérité l’Enfer puisque j’ai péché ! Prions afin que Dieu éloigne de nous les mauvais livres. »
 « Très Sainte Vierge » : Prière pour demander la pureté :
« O Marie, la plus pure des Vierges, effrayée de ma faiblesse et des dangers qui m’environnent, je viens recommander à votre bienveillante sollicitude la chasteté de mon âme et de mon corps… dissipez, loin de moi, tous les désirs sensuels, toutes les mauvaises idées, toutes les affections déréglées… Par votre sainte Virginité et votre Immaculée Conception ô Vierge très pure et Reine des Anges obtenez que mon corps et mon âme soient purifiés. Ainsi soit-il… etc. »… 100 jours d’indulgence chaque fois … » « … le trésor spirituel de l’Église dans lequel sont puisées les Indulgences est composé des satisfactions infiniment surabondantes de Jésus-Christ auxquelles s’ajoutent les satisfactions de la très sainte Vierge et des Saints… ».

Il existe, également, en tout petit format, « Le Petit Paroissien des Enfants »…
Ces échantillons ne doivent pas être uniques en leur genre : il faut les remettre dans leur époque et à leur destination, les jeunes filles de la noblesse et de la bourgeoisie élevées en pensionnat religieux. Une valeur (entre autre psychologique) non négligeable !

Anne-Flore Urielle


Catégorie : ARTICLES - HISTOIRE
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