Texte à méditer :  
« Ce toit tranquille, où marchent les colombes,
Entre les pins palpite, entre les tombes ;
Midi le juste y compose de feux
La mer, la mer toujours recommencée !
O récompense après une pensée
Qu’un long regard sur le calme des dieux !
…Le vent se lève ! il faut tenter de vivre !... »
Paul VALERY  « Le cimetière marin »
  
 
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« Les choses sont nombres » Pythagore

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La face cachée du soleil :

RÉVOCATION DE L’ÉDIT DE NANTES

Les flots d’or d'un Versailles mercantiliste : rôle de « sainte » Marie-Antoinette, (guillotinée pour trahison) incitant les petites-filles à s’imaginer reines…  façon de méconnaître les guerres de Louis XIV et la famine qui s’en suivit (cf. texte de La Bruyère : « Il y a une espèce de honte d’être heureux à la vue de certaines misères… »)

Louis_XIV.jpg[Après le massacre de la Saint Barthélemy (1572), malgré l’Edit de Nantes d’Henri IV (1598), les Protestants n’en ont pas fini avec les épreuves]
 Édit de Fontainebleau (1685) révoque l’édit de Nantes : volonté de fusionner le royaume, administration (Colbert) et religion : extirper le Protestantisme. Minoritaires, inoffensifs, sujets loyaux, financiers et commerçants industrieux, difficile d’admettre ces « hérétiques » huguenots - impureté sur l’absolutisme royal !
L’intensification des persécutions (1679-1685) aboutit à l'ordonnance du 11 avril 1681 qui envoie les «dragons missionnaires» ou « dragonnades » : on assiège les protestants pour les faire abjurer par la force car « le roi le veult ». Les opérations sont proportionnelles à la résistance de l’habitant : jusqu’au pillage, au viol et au meurtre. Une fois qu'un village s'est converti, les soldats passent à un autre. «Logement des gens de guerre et contribution d’iceux pendant deux ans en faveur de ceux qui, étant de la RPR (Religion Prétendument Réformée) se sont convertis et faits catholiques » Les dégâts commis par les dragons convertisseurs équivalant la cruauté envers les personnes. À la politique s'ajoute le « spirituel » : le Père Lachaise, confesseur du roi et les jésuite, « Dieu ayant enfin permis que nos peuples jouissent d’un parfait repos [...], puisque la meilleure et la plus grande partie de nos sujets de ladite R.P.R. ("Religion Prétendument Réformée") ont embrassé la Catholique… ». Et Bossuet y met son grain de sel… Donc :
 - interdire l’exercice du culte réformé et son enseignement
-  choix pour les « ministres » (pasteurs) de la conversion ou de l’exil
-  empêcher les protestants non convertis de quitter le royaume sous peine de galères pour les hommes, de prison avec    -,confiscation de corps et de biens pour les femmes
Si, en France, monte un concert de louanges, les supplices et la fuite des huguenots sont désastreux pour la réputation de Louis XIV à l’étranger- du moins avec hypocrisie car beaucoup profitèrent du savoir-faire de ces émigrés particuliers.

La Révocation est une faute politique. D’abord on proscrit la sortie du royaume, sans doute pour faciliter les conversions ; puis ont arrête des fugitifs (galères ou assassinats). Les huguenots répondirent par un exode méthodique. Vauban, fidèle mais lucide, évalue à 100.000 le nombre d'émigrés. Les historiens s'accordent difficilement sur une estimation entre 60 000 et 2000.000. D’autant plus difficile à chiffrer que la migration continue pendant un demi-siècle. Ainsi la France connaît une hémorragie d'artisans, de marins, de soldats, de professeurs talentueux que se disputèrent sans vergogne les États étrangers coreligionnaires !

    « Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! Parce que vous courez la mer et la terre pour faire un prosélyte, et, quand il l’est devenu, vous en faites un fils de la géhenne deux fois pire que vous. » (Matthieu 23,15)

Aucun édit ne peut de briser une foi solide : Les « Camisard » et la guérilla des Cévennes 1702/15: Issu l'occitan « camiso », (chemise) les paysans huguenots de cette région montagneuse se rebellèrent pratiquement à mains nues contre Louis XIV. Ainsi appelés parce ils portaient ces chemises blanches, seul uniforme de reconnaissance durant leurs attaques nocturnes. Les Camisards se soulevèrent pour défendre la liberté d’être protestant en France. Ils ont toujours affirmé leur fidélité au roi, ne se donnant d’autre but de guerre que le rétablissement de la liberté de leur culte contre une domination spirituellement totalitaire. Gens du peuple, paysans, tisserands, cardeurs de laine, la plupart jeunes. Ils ne furent jamais que 2500 à 3000, qui tinrent en échec pendant deux ans, de 1702-04, les 25000 à 30000 soldats royaux. Leur mobilité, leur familiarité avec un terrain sauvage, les complicités parmi la population le leur permirent face à une armée qui n’était pas habituée à une guerre de maquis. Avant de marcher à l’ennemi, ils mettaient genou en terre et entonnaient le psaume 68, le psaume des batailles avec JEAN CAVALIER l’un des chefs :

« Que Dieu se montre seulement
Et l’on verra dans un moment
Abandonner la place ;
Le camp des ennemis épars,
Épouvanté, de toutes parts
Fuira devant sa face… »

cavalier.jpg           Le maréchal de Villars, partisan de l'apaisement, rencontra Cavalier qui se soumit à Nîmes (1704). La lutte se prolongea menée par le berger Pierre Laporte, « Rolland », (tué en 1705), l'ancien soldat Ravenel, exécuté. Elle connut un regain dans le Vivarais (1709-10) jusqu'à l'arrestation, par trahison, et l'exécution du successeur de Cavalier, le prophète Abraham Mazel. Les assemblées survécurent malgré les sévères répressions. Seuls quelques catholiques osèrent rappeler que ces communions forcées représentaient, pour l’Église, des sacrilèges. La reine Christine de Suède elle-même, (convertie, à Rome et catholique zélée), flétrit les dragonnades de sa désapprobation. Pendant près d’un siècle, avant de tomber graduellement en désuétude, les dragonnades devinrent le moyen régulièrement employé pour réduire les protestants récalcitrants de toute une contrée, pour obtenir d’eux des actes de catholicité.

Et la répression n'empêcha nullement, bien au contraire, le protestantisme français de se reconstituer jusqu'en août 1789 quand la CONSTITUANTE rédige la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Et Rabaut Saint-Étienne, protestant notoire, put réclamer « non la tolérance, mais la liberté », il obtient l’article 8 selon lequel « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions même religieuses ». La Constitution de 1791 déclarera tout citoyen « libre d’exercer le culte auquel il est attaché ».

Chaque année le premier dimanche de septembre le « Culte du désert » commémore ce martyre protestant – dans une optique de revivification !

Anne-Flore Urielle


Catégorie : ARTICLES - HISTOIRE
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