Texte à méditer :  

Rêver un impossible rêve
Porter les chagrins des départs
Brûler d'une possible fièvre
Partir ou personne ne part
Aimer jusqu'à la déchirure
Aimer même trop même mal
Tenter sans force et sans armure
D'atteindre l'inaccessible étoile
Telle est ma quête
Suivre l'étoile ...

  
Jacques Brel
 
ARTICLES
CITATION

  « Le vrai travail c'est quand je cherche avec l'air de ne rien faire...chercher une idée et espérer qu'elle vienne, ça oui c'est du travaii !" René Gosscinny

Préférences

Se reconnecter :
Votre nom (ou pseudo) :
Votre mot de passe
Captcha reload
Recopier le code :


  Nombre de membres 40 membres
Connectés :
( personne )
Snif !!!
Recherche
Recherche
Visites

   visiteurs

   visiteurs en ligne

rss Cet article est disponible en format standard RSS pour publication sur votre site web :
http://www.abrulepourpoint.fr/data/fr-articles.xml

stephane_hessel.jpg       Stéphane Frédéric Hessel (né à Berlin en 1917) fils de l'essayiste et traducteur allemand Franz Hessel, grande bourgeoisie allemande de souche juive polonaise, convertie au protestantisme et d'Helen Grund, fille d'un banquier prussien protestant. Cette mère, démiurge et peintre, héroïne ("Catherine") de « Jules et Jim » dans l’autobiographie d'Henri-Pierre Roché (qui est "Jim"), à la fois l'ami de Franz Hessel ("Jules") et son rival. Ainsi, l’existence de Stéphane Hessel paraît-elle s'ébaucher comme un roman : réalisé par François Truffaut, (mort à 52 ans en 1984) son film « Jules et Jim » (1962) : Jim (Henri Serre), serait Henri-Pierre Roché ; Jules (le charme d’Oskar Werner) et Kathe (dans le livre) / Catherine (Jeanne Moreau). Cela ne se révéla qu'après la mort d'Helen Hessel (1982). « Jules et Jim est un hymne à la vie et à la mort, une démonstration par la joie et la tristesse de l'impossibilité de toute combinaison amoureuse en dehors du couple », écrivait Truffaut…
         1925 Stéphane Hessel immigré en France avec sa famille, naturalisé et reçu à l'École normale supérieure (séminaire de Merleau-Ponty) : sans abdiquer une version optimiste d’Hegel, s’ajoute le Sartre de « La Nausée » qui l'enrôle dans sa philosophie de la responsabilité…
1940, évadé au début de la Seconde Guerre mondiale, Hessel rejoint le général de Gaulle à Londres. Fin mars 1944, enfin  envoyé en mission en France, (« Gréco ») ; le 10 juillet, arrêté et déporté à Buchenwald. Sauvé par la permutation d’identité de prisonniers morts du typhus !
« Cette vie restituée, il fallait l’engager »
[Admis, en novembre 1945, au concours des Affaires étrangères, Stéphane Hessel fera sa carrière dans la diplomatie jusqu'en 1985…]
Mais ce qui lui tient à cœur : sa nomination, dés 1946, à la Commission des Droits de l'Homme pour rédiger la « Déclaration universelle » [Pierre Mendés France prendra Hessel dans son cabinet ministériel, (sept mois décisifs).]
« Je me suis toujours situé du côté des dissidents »
1958 ne reconnaissant pas la Ve République, il chaperonne l'héritage du CNR (primauté de l'intérêt général sur l'enrichissement individuel, coopérations transnationales, cogestion syndicale des grands services publics, égalité des droits pour les immigrés, etc.) dans le Club Jean Moulin fondé par l'ancien secrétaire de ce dernier, Daniel Cordier…
1996, Stéphane Hessel se tient auprès des « sans papiers » des églises Saint Ambroise puis Saint Bernard …
2003, il signe, avec d'autres anciens résistants, la pétition « Pour un traité de l'Europe sociale ». Le 21 février 2008 il dénonce le non-respect de l'article 25 de la Déclaration universelle des Droits de l'Homme par le Gouvernement français et lance un appel pour des fonds à disposition des sans-logis. 2009, il participe à « Europe Écologie »… telle est cette vie débordante d’altruisme en quelques brib

Dans « INDIGNEZ-VOUS ! » Stéphane Hessel témoigne et proclame, au soir de sa vie, son authentique « Résistance ». D’ailleurs, il écrit textuellement : « Le motif de base de la Résistance était l’indignation ».
Quelques touches suffiront, peut-être à remuer les plus sceptiques ou résignés : qui se dressent devant ceux qui ont allègrement déserté le Programme du Conseil de la Résistance (1945) :

« …Une véritable démocratie a besoin d’une presse indépendante… Or c’est bien ce qui est aujourd’hui en danger… ».
Cela fuse comme un feu d’artifice à un moment où les médias traditionnels ont depuis longtemps abdiqué leur vocation pour une information honnête et s'évertuent au décervelage de la société à travers d’innombrables téléfilms d’outre atlantique ou des émissions « de variété » d’un vide abyssal. Quant à l’Internet non seulement il faut en avoir les moyens financiers (toujours éludés !) mais on y déniche le meilleur et le pire !
« On ose nous dire que l’État ne peut plus assurer les coûts de ces mesures citoyennes. Mais comment peut-il manquer aujourd’hui de l’argent pour maintenir et prolonger ces conquêtes alors que la production de richesses a considérablement augmenté depuis la Libération, période où l’Europe était ruinée ? Sinon parce que le pouvoir de l’argent, tellement combattu par la Résistance, n’a jamais été aussi grand, insolent, égoïste avec ses propres serviteurs jusque dans les plus hautes sphères de l’État… ».
Effectivement le monde occidental n’a jamais été autant multimillionnaire (voir le rôle des banques dénationalisées, des actionnaires tout puissants, les salaires patronaux etc.….) et jamais l’écart entre riches et pauvres n’a été aussi profond. Ici se glisse opportunément une citation du courrier des lecteurs de Télérama : « 280 000 euros de fleurs fraîches par an pour les appartements privés du président de la République… 153 euros de gratification lors de ma remise de médaille pour 30 années de bons et loyaux services en tant qu’infirmière…Je n’ai même pas envie de m’offrir un bouquet… »
« … Mais dans ce monde il y a des choses insupportables. Pour le voir, il faut bien regarder, chercher. Je dis aux jeunes : cherchez un peu vous allez trouver. La pire des attitudes est l’indifférence …»
Devant l’opération israélienne « plomb durci » (2009), dans « Indignez-vous ! », il y a, justement un chapitre :
« Mon indignation à propos de la Palestine » :
« Alors, ne peut-on dire que le terrorisme est une forme d’exaspération… L’exaspération est un déni de l’espoir… Elle est compréhensible… mais pour autant elle n’est pas acceptable. Parce qu’elle ne permet pas d’obtenir les résultats que peut éventuellement produire l’espérance… »
[A ce propos, l’auteur qui se fait l’écho de ce petit livre se permettra une distinction – d’autant que Stéphane Hessel est lui-même juif. Pourquoi, lorsqu’on est foncièrement contre le racisme et sa forme la plus pervertie, l’anti-sémitisme, est-on traité ainsi lorsqu’on s’avise de ne pas approuver la politique de l’État d’Israël et le sionisme ?]
Et pourtant Stéphane Hessel écrit : « … Je suis convaincu que l’avenir appartient à la non-violence, à la conciliation des cultures différentes… Le message d’un Mandela, d’un Martin Luter King trouve sa pertinence dans un monde qui a dépassé la confrontation des idéologie et la totalitarisme conquérant…»
Mais prudence pour le XXIème siècle contre cette menace qui n’a pas totalement disparu et il en appelle à :
« … une véritable insurrection pacifique contre les moyens de communication de masse qui ne proposant comme horizon pour notre jeunesse que la consommation de masse, le mépris des plus faibles et de la culture, l’amnésie généralisée et la compétition à outrance de tous contre tous… ».
… Pour un protestant cela rappelle une certaine Marie Durand née en 1711 et morte 1776 : arrêtée à 18 ans et emprisonnée dans la tour de Constance à Aigues-Mortes – à suivre…

« Gouverner c’est choisir », Discours de Pierre Mendès-France à l’Assemblée nationale : 3 juin 1953. Source : Assemblée nationale.

« Je m'interdis de faire aux travailleurs des promesses que je ne pourrai pas tenir. Si notre production demeurait au niveau actuel, une plus équitable répartition des revenus serait le seul moyen d'améliorer leur sort. Le spectacle d'inégalités criantes nous fait un devoir d'y recourir ; mais, ce que ces corrections de répartition peuvent donner est forcément très insuffisant lorsque l'on évoque les besoins.
Il faut donc accroître la masse des biens à répartir. Le sous-emploi des ressources et de la main-d'œuvre est un défi à la raison et un défi à la souffrance humaine. [...] La promesse du plein emploi figure dans notre Constitution. Et ce serait pour moi une cause de fierté si, au cours de mon passage au pouvoir, je pouvais contribuer à en faire une réalité.[...]
Sur ce point, vous répondrez sans ambiguïté… Mais si vous décidez que ce programme correspond aux nécessités du salut public, qu'il peut contribuer à sauver la France de ses difficultés, alors vous serez engagés. Chacun de ceux, parmi vous, qui auront voté blanc ce soir devra suivre le gouvernement dans la bonne comme dans la mauvaise fortune, tant que le gouvernement lui-même n'aura pas trahi ses engagements.
Si je n'obtiens pas la décision que je sollicite de l'Assemblée, sans joie en toute sérénité, je n'en ressentirai nulle amertume. Je resterai persuadé que j'ai servi la patrie en faisant entendre de cette tribune des vérités qui finiront, de toute manière, par prévaloir.
La seule question est de savoir si vous les ferez prévaloir aujourd'hui, dans un esprit de patriotisme désintéressé, ou bien si elles s'improviseront plus tard, après des souffrances nouvelles que nous pouvons éviter, que nous devons éviter. [...] Pensons à cette jeunesse anxieuse dont le destin est le véritable enjeu de nos débats, à ce pays inquiet qui nous observe et qui nous juge. Travaillons ensemble à lui rendre la foi, les forces, la vigueur qui assureront son redressement et sa rénovation…. »

  Anne-Flore Urielle


Catégorie : ARTICLES - REFLEXION
Page lue 26936 fois


Réactions à cet article

Personne n'a encore laissé de commentaire.
Soyez donc le premier !