Texte à méditer :  

Rêver un impossible rêve
Porter les chagrins des départs
Brûler d'une possible fièvre
Partir ou personne ne part
Aimer jusqu'à la déchirure
Aimer même trop même mal
Tenter sans force et sans armure
D'atteindre l'inaccessible étoile
Telle est ma quête
Suivre l'étoile ...

  
Jacques Brel
 
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  « Je relis Les Caractères, si claire est l’eau de ces bassins qu’il faut se pencher longtemps au-dessus pour en comprendre la profondeur » André Gide

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                      Vous avez dit APOCRYPHES ?


« Livre dont l'Église ne reconnaît pas l'origine « divine », placé hors du canon des Livres inspirés :

« Il vous a plu de supprimer une multitude d'évangiles, que vous appelez apocryphes, qui cependant ne le sont pas plus que les autres ». CHATEAUBRIAND, (Essai sur les Révolutions)

« Les apocryphes, sur lesquels aucun jugement sain n'a encore été porté, sont un des groupes de ce grand ensemble d'œuvres étranges, mi-partie d'esprit terrestre et d'esprit visionnaire ». VICTOR HUGO, (Correspondance).


Le symbole apocryphe

Pourquoi délaisse-t-on ces textes apocryphes, qui se rapprochent des gestes ou des êtres nommées dans la Bible, comme s’ils n’existaient pas ? Rivalité avec le Nouveau Testament ? informations sacrées escamotées ? L'Évangile de Thomas, appelé parfois de Nicodème, Actes de Philippe, l'Évangile de Judas…

[ 1 ] « Le sable et le climat du désert d'Égypte son favorables à la conservation de vieux papyrus ou parchemins. Probables extraits des « Actes de Jean » mais déjà remaniés …jubilation de professionnel ?
Le lecteur ordinaire sera assurément moins emballé par cette modeste découverte : quelques mots de la fin d'un épisode et du début d'un autre… Qu'il y avait-il dans l'épisode dont on n'a que les dernières lignes et dans l'autre dont on n'a que les premières lignes ? Eh bien ! dans ce cas, on le sait. Comment ? Grâce à un texte irlandais du XVe siècle qui contient ces deux phases résumées ».

 

 Évangile de Pierre :

[ 1 ] « Quand il n'y avait encore ni apocryphes ni textes canoniques dans la première Église chrétienne, jusque dans la seconde moitié du IIe siècle, divers évangiles furent composés lus entre les phalanstères… une quinzaine d'évangiles !
Dès les années 200, pourquoi ne lit-on plus que quatre évangiles ?
Toutes ces collections sont-elles closes ? … Comment et pourquoi les communautés se fixèrent approximativement sur des évangiles pour en écarter d'autres ?
On a tendance à croire que l'Église, en Synode ou en Concile, a magistralement décrété, après quelques vérifications, de retenir pour Écritures saintes certains textes. Pas du tout ! L’élaboration des Évangiles et des autres Livres résulte d'une tradition graduelle et vulgarisée, et non d'un arbitrage de circonstance ».


L’Évangile de Thomas : qu’annoncent ces «dits clandestins de Jésus » ?

[ 1 ] « Entre le «néant » des adversaires et « l’intégralité » des systématiques, prenons l’espace d’un cheminement, au verdict plus équilibré… ».
Déchiffrer, chez Thomas, les paroles de Jésus qui se trouvent également, dans les évangiles synoptiques ? Où est l’emprunt ? Les singularités de Thomas se justifient en révélant des canaux autonomes. Il y a, chez Thomas, certaines paroles introuvables dans le Nouveau Testament, pourtant proches :
 [ 1 ] « Celui qui est près de moi est près du feu, et celui qui est loin de moi est loin du Royaume ». Écrite par Origène, cette sentence procéderait-elle de Jésus lui-même ? Architecture antithétique, poinçon de la prédication de Jésus, le commencement du Royaume, ici et maintenant à travers l’essence de Jésus ? Nous voilà placés devant la décision capitale : y croire ou pas.
[ 1 ] « Le Royaume du Père est semblable à un homme qui veut tuer un grand personnage. Il dégaina l'épée dans sa maison, il perça le mur pour savoir si sa main serait (assez) ferme. A lors il tua le grand personnage ».

Affinité perceptible avec les paraboles jumelles de Luc (chapitre14, versets 28-32) : l'homme qui veut bâtir une tour et celle du roi qui veut partir en guerre. Chez Luc comme dans Thomas, la même question : les embûches pour le disciple : supputer les aléas et se connaître pour ne pas reculer a posteriori.

                                                                                                 
Ainsi l'Évangile de Thomas cultive quelques bonnes apostrophes de Jésus d’usage reculé. Il se rattache donc à une autre filière de transmission que les évangiles synoptiques.

Thomas ne se perd pas en intensifications métaphoriques autour des paraboles comme chez Matthieu ou Luc. La version de l'Évangile de Thomas nous ramène à une configuration de paraboles plus anciennes. Cela ne signifie pas un cadre antérieur, primitif : il y a des annexions secondaires pour une traduction inédite… [ 1 ] Par exemple, Thomas dit souvent : « Les acheteurs et les marchands n'entreront pas dans les lieux de mon Père ».

Efficacité et déficience des comparaisons. A l’heure actuelle, l'Évangile de Thomas est le résultat d'une vaste compilation. Les paroles de Jésus varient parfois suivant les théologiens…

              L'évangile de Thomas n’en demeure pas moins non-conformiste tout en remontant aux premiers temps du christianisme. Sa particularité : un témoignage du discours de Jésus qui refoule l’anecdote. Ainsi nous investissons un courant religieux qui revendique un recueil de paroles de Jésus, nommé « source Q »(Q= « source » en allemand). Les paroles de Jésus que Matthieu et Luc ont en commun ne se retrouvent pas dans leur deuxième source, l'évangile de Marc. Postulats que l'Évangile de Thomas semble garantir. La source Q et Thomas procèderaient-ils du même recueil ?

 [ 1 ]: « L 'Évangile de Thomas et quelques autres …» de Jean-Daniel Kaestli et Daniel Marguerat

"Il est temps pour les institutions religieuse d'adopter l'attitude du doute qui a été si bénéfique dans l'aventure de la science et de ne plus se contenter de croire". AlbertJacquard "Dieu ?" (Stock/Bayard)

666px-Giotto_-_Scrovegni_-_-31-_-_Kiss_of_Judas.jpg

   (Le Baiser fr Judas par Giotto)

Maintenant c’est à vous travailler.
   Lisez dans Matthieu au chapitre 8, (verset 5) : « Jésus, entrait dans Capharnaüm quand un centurion… » et dans Luc le chapitre 10 (versets 1/10).
 
    Comparons-les maintenant avec la « source Q » :

« Et il arriva que lorsqu’il eut achevé ces paroles, il entra dans Capharnaüm. Un centurion vint à lui le suppliant et disant : « Mon fils est malade ». Et Jésus dit : « Moi, vais-je le guérir ? ». Et en réponse le centurion lui dit : « Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit mais ne dis qu’une parole et fais que mon fils soit guérit. Car je suis une personne soumise à une autorité, avec des soldats sous mes ordres, et je dis à l’un « Va ! » et il va ; à un autre : « Viens ! » et il vient ; et à mon esclave : « Fais ceci ! » et il le fait ». En entendant cela Jésus : « Fais ceci ! » et il le fait ». En entendant cela Jésus s’étonna et dit à ceux qui l’accompagnaient : « Je vous le dis, même en Israël je n’ai pas rencontré cette foi ».
Le récit s’arrête net, sans qu’on sache si la guérison a eu lieu. D’autant que le « fils » en question est « serviteur » chez Matthieu et « esclave » chez Luc. Par contre, vous aurez constaté une narration bien plus détaillée chez ces deux évangélistes mais la même conclusion sur la foi du centurion…

  Narcisse Castel-Jarnac


Catégorie : ARTICLES - HISTOIRE
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