Texte à méditer :  

Rêver un impossible rêve
Porter les chagrins des départs
Brûler d'une possible fièvre
Partir ou personne ne part
Aimer jusqu'à la déchirure
Aimer même trop même mal
Tenter sans force et sans armure
D'atteindre l'inaccessible étoile
Telle est ma quête
Suivre l'étoile ...

  
Jacques Brel
 
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  « Je relis Les Caractères, si claire est l’eau de ces bassins qu’il faut se pencher longtemps au-dessus pour en comprendre la profondeur » André Gide

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L'Ecclésiaste : libelliste contemporain ?

    « Paroles de Qohéleth, fils de   David Roi à Jérusalem
 Vanité des vanités, tout est vanité

   Quel avantage revient-il à l'homme de toute la peine qu'il se donne sous le soleil ?
   Une génération s'en va, une autre vient, et la terre subsiste toujours.
   Le soleil se lève, le soleil se couche ; il soupire après le lieu d'où il se lève de nouveau.
   Le vent se dirige vers le midi, tourne vers le nord ; puis il tourne encore, et reprend les mêmes circuits.
    Tous les fleuves vont à la mer, et la mer n'est point remplie ; ils continuent à aller vers le lieu où ils se dirigent.
    Toutes choses sont en travail au-delà de ce qu'on peut dire ; l'œil ne se rassasie pas de voir, et l'oreille ne se lasse pas d'entendre.
    Ce qui a été, c'est ce qui sera, et ce qui s'est fait, c'est ce qui se fera, il n'y a rien de nouveau sous le soleil.
    S'il est une chose dont on dise : Vois ceci, c'est nouveau ! cette chose existait déjà dans les siècles qui nous ont précédés.
    On ne se souvient pas de ce qui est ancien ; et ce qui arrivera dans la suite ne laissera pas de souvenir chez ceux qui vivront plus tard.
    Moi, l'Ecclésiaste, j'ai été roi d'Israël à Jérusalem.
    J'ai appliqué mon cœur à rechercher et à sonder par la sagesse tout ce qui se fait sous les cieux : c'est là une occupation pénible, à laquelle Dieu soumet les fils de l'homme.
    J'ai vu tout ce qui se fait sous le soleil ; et voici, tout est vanité et poursuite du vent.
    Ce qui est courbé ne peut se redresser, et ce qui manque ne peut être compté.
    J'ai dit en mon cœur : Voici, j'ai grandi et surpassé en sagesse tous ceux qui ont dominé avant moi sur Jérusalem, et mon cœur a vu beaucoup de sagesse et de science.
    J'ai appliqué mon cœur à connaître la sagesse, et à connaître la sottise et la folie ; j'ai compris que cela aussi c'est la poursuite du vent.
    Car avec beaucoup de sagesse on a beaucoup de chagrin, et celui qui augmente sa science augmente sa douleur."

L'Ecclésiaste est écrit en hébreu - un hébreu chanII03.jpgatypique de l'époque Salomon, qui semble empreint par la captivité à Babylone. Essayons de le situer au IIIe ou IIe siècle av. Jésus-Christ, en pleine période hellénistique : on y relèvera les sédiments de l'intelligence et l'ironie des Grecs.  « Tout a été examiné » : on s’y défie de tout sauf de DIEU. Des mots expliquent bien le contenu du livre. - Le mot hébreu « abel » généralement traduit par « vanité ». – pour Chouraki: « Tout est fumée »: « Tout part en fumée, rien ne sert à rien, rien ne mène à rien »… « Que la vie du monde est donc difficile à comprendre et quel avantage nous revient de tout ce que nous avons fait ? »

Mais l'Ecclésiaste n'est pas désabusé de la vie :  "Tout ce que ta main trouve à faire avec ta force, fais-le ! Va, mange avec joie ton pain, et bois gaiement ton vin ; car dès longtemps Dieu prend plaisir à ce que tu fais… ».
Aimer l’existence en cet univers à la fois si agréable et terrible ?

L'Ecclésiaste analyse ce qui turlupinait son temps et il a le chic pour empoigner idées et les culbuter : aller jusqu'au bout des mystères de la vie. Récurer les antiquailles encombrées du doute ou d’une piété superstitieuse. Voilà un sujet qui parait manquer dans nos Églises ! Enseigne-t-on l'Ecclésiaste aux catéchumènes ?

En effet, sa méthode alarme les esprits frivoles ou endormis dans leur cocon, car elle déstabilise ceux qui chanII02.jpgcroient plus aux dogmes qu'au Dieu vivant. Cela nous remémore les singulières ripostes de Jésus : Matthieu (5/38-48) « Vous avez entendu qu'il a été dit : Oeil pour œil, et dent pour dent. Mais moi, je vous dis... Si quelqu'un te frappe sur la joue droite, tends-lui aussi l'autre… ». Luc Chapitre 19 : l’histoire de Zachée collecteur d’impôts pour les romains (comme « collabo ») mais de petite taille: « Il courut en avant et monta sur un sycomore pour le (Jésus) voir… » Or ce dernier ira dîner chez lui pour délier les mauvaises langues : « Il est allé loger chez un homme pécheur…. ». De même quand Jésus rencontre quelqu’un qui lui donne du « bon maître », il s’entend répondre : « … seul Dieu est bon… ». Sans compter la « paille » que chacun en lui-même et la « poutre » dans le voisin…

   Le Dieu dynamique, de l'Ecclésiaste, dépasse toute notre capacité de concevoir. Au bout de sa quête de sagesse et de vérité surgit le vrai Dieu, débarrassé des assurances glaciales et des théologies poussiéreuses si peu crédibles. Dieu ardent, affectueux, et réceptif. Le Dieu qui nous revivifie en vue d'un monde plus humain :
« Va, mange avec joie ton pain, bois gaiement ton vin, car depuis longtemps Dieu prend plaisir à ce que tu fais. Qu'en tout temps tes vêtements soient blancs, et que l'huile ne manque pas sur ta tête. Jouis de la vie avec la femme que tu aimes, pendant tous les jours de ta vie de vanité, que Dieu t'a donnée sous le soleil, pendant tous les jours de ta vanité. Car c'est ta part dans la vie, au milieu de ton travail que tu fais sous le soleil. Tout ce que ta main trouve à faire avec ta force, fais-le ! » 9. 7

chanII01.jpgQue subsiste-t-il de ce que nous avons accompli pendant notre séjour sur terre ? « … poursuite du vent… Pour qui donc est-ce que je travaille ? » 4.8 Nous n’en aspirons pas moins laisser à nos enfants une Planète sans résidus nucléaires, un climat équilibré, des océans dépollués, une stabilité politique et économique ! Mais nos tentatives loupent souvent. "Dieu prend plaisir à ce que tu fais... Tout ce que ta main trouve à faire avec ta force, fais-le ! ». La plus part du temps nos enfants, petits-enfants réfléchirons au rebours nous et notre rôle sera sapé : poussière ravie par les éléments. Auprès de ce Dieu qui « prend plaisir à ce que nous faisons ».
  
Jouissons, donc, allègrement de notre passage sur terre. Ainsi, constate-t-on dans l'Ecclésiaste aucun assujettissement à un décalogue quelconque.
Pourtant verset 20 : « Il n'y a sur la terre aucun homme assez juste pour faire le bien sans jamais pécher. ». Maintes fois, dans l'Ecclésiaste comme dans n'importe quel livre biblique un alinéa peut contester la thèse qui précède et trancher sur la pensée générale du livre, il s'agit sans doute d'une de ces gloses d'un prédicateur qui cherchait à rétablir une plus saine orthodoxie… Un exemple typique se trouve au chapitre 3 (verset 17) : « Dieu jugera le juste et le méchant » et succède immédiatement pour le contredire au verset 16 : « Au lieu établi pour la justice il y a de la méchanceté ».

La gratification, réelle question spirituelle : « … même sort pour le juste et pour le méchant, pour celui qui est bon et pur et pour celui qui est impur, pour celui qui sacrifie et pour celui qui ne sacrifie pas ; il en est du bon comme du pécheur, de celui qui jure comme de celui qui craint de jurer. Ceci est un mal parmi tout ce qui se fait sous le soleil, c'est qu'il y a pour tous un même sort. » chapitre 9.(verset 2)
Ce n’est pas du défaitisme : l'Ecclésiaste blâme les théologiens contemporains qui on écrit le Deutéronome » pour qui Dieu rétribue les prosélytes et répudie les autres. Les livres de Josué, Juges, Samuel et Rois ont été pensés et rédigés pendant l'Exil à Babylone au 6e siècle av. Jésus-Christ, dans cette pensée là : « J'ai mis devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction. Choisis la vie, afin que tu vives, toi et ta postérité, pour aimer l'Éternel, ton Dieu, pour obéir à sa voix, et pour t'attacher à lui : car de cela dépend ta vie et la prolongation de tes jours, et c'est ainsi que tu pourras demeurer dans le pays que l'Éternel a juré de donner à tes pères, Abraham, Isaac et Jacob. » Deutéronome 30.19

chanII06.jpgAinsi, l'Ecclésiaste fuit tout système sec et inhumain. Peut-être s’agit-il d’un juif qui veut oublier les pratiques les plus inextricables de la religion d'Israël ? Précisément, l'Ecclésiaste a « tout examiné » et se place au cœur de l’existence, aux aguets de ses compatriotes, ouvert et perçant pour éviter le fanatisme. Aujourd'hui, dans la « mondialisation », il viserait nos opinions, nos projets, nos songeries ou nos déconvenues plutôt que le credo des Églises. Et surtout il disséquerait les médias et surtout l’assaut publicitaire : aller jusqu’à jeter un être humain pour mettre en valeur l’automobile qui polluera encore plus notre atmosphère !
Qohéleth quête avec modération la lucidité authentique pour trouver le Dieu vivace et aimant, un Dieu avec qui vivre et bâtir un monde meilleur et plus humain : il montre courageusement, et presque « scientifiquement » que l’institution, en matière de foi, laisse béant l’abîme à nos pieds ...
Seul CHRST pourra le combler : « Ne craignez donc pas !Rien n’est voilé qui ne sera dévoilé… Ne craignez pas ce qui tuent le corps mais ne peuvent tuer l’âme…Quant à vous, même vos cheveux sont tous comptés… » Mat chapitre 10(verset 28 et suivants) et Marc(8/38) ;Luc (9/26)…

Antoine Fignes


Catégorie : ARTICLES - REFLEXION
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