Texte à méditer :  

Rêver un impossible rêve
Porter les chagrins des départs
Brûler d'une possible fièvre
Partir ou personne ne part
Aimer jusqu'à la déchirure
Aimer même trop même mal
Tenter sans force et sans armure
D'atteindre l'inaccessible étoile
Telle est ma quête
Suivre l'étoile ...

  
Jacques Brel
 
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  « En lui était la vie et la vie était la lumière des hommes" évangile de Jean

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Liszt.jpgC’est l’année Liszt ! 

Non ?  Mais oui !

      Franz Liszt naît dans la Hongrie Habsbourgeoise, en1811  et meurt à Bayreuth en 1886 :
  « Il n’y a rien qui puisse m’empêcher, en dépit de ma lamentable ignorance quant au langage hongrois, à m’affirmer depuis toujours magyar par le cœur et l’esprit ».
  La consécration vint, trés tôt, de Beethoven : « Depuis hier, je crois à la métempsycose. Je suis convaincu que l’âme et le génie de Mozart sont passés dans le corps du jeune Liszt ».
   Enfin, le Paris 1830 – Apothéose du Romantisme ! rêvons un peu : un concert Liszt ! sur l’estrade un grand Érard à double échappement offre toute la gamme des ressources mécaniques et sonores – ses magnifiques mains le maîtrisaient plus que tout autre. Dans la salle le « Tout-Paris » aristocrate et financier. Voici le jeune maître : comme il est beau et pâle ! [ singulièrement la mode est à la pâleur évanescente qui enflamme les jeunes filles au point d’avaler du vinaigre pour adopter le style « sylphide » ] Après un bref salut, il s’assied au piano et attaque une sonate de Beethoven, généralement suivie d’une symphonie – réduite par lui pour le clavier. C’est le début austère pour un auditoire qui se pâme plus volontiers aux vocalises des chanteurs italiens. N’importe ! Liszt l’impose ainsi que Weber, Schumann et Chopin… enfin ses ouvrages personnels… jusqu’au vertige rythmique des danses bohémiennes. Dans le feu de l’action, il arrive que Liszt s’évanouisse : encore un attrait de plus ! Parfois, aussi une spectatrice sensible défaille... Le concert dure 3 ou 4 heures : lorsque le pianiste, épuisé, se lève, les applaudissements sont si nourris, le feu des regards à ce point insoutenable que force lui est de se rasseoir et d’improviser…
« L’artiste vit solitaire… car l’élément poétique, c’est à dire l’élément religieux a disparu des gouvernements modernes […] Moins que tout autre, m’a-t-on dit souvent j’ai le droit d’exprimer de pareilles plaintes puisque dés mon enfance le succès a dépassé et mon talent et mes désirs ; mais c’est précisément au bruit des applaudissements que c’était à un hasard inexplicable de la mode… » Ainsi  Liszt n’était pas dupe de son propre mythe malgré certains biographes actuels qui en font l’initiateur des « concerts » rocks ! Certes il a aimé ce « vedettariat » sans jamais s’en contenter : dés son jeune âge entre ses heures d’études pianistiques, il se jetait sans des mirages infinis … D’abord Dieu – aussi paradoxal que cela puisse paraître pour un séducteur… En effet, âgé de 17 ans, Frantz, éprouvera une crise de mysticisme vers la prêtrise : son père l’en détournera. Mieux vaut développer les dons que Dieu lui a confiés… d’ailleurs les femmes enfiévreraient sa vie !

     Rappelons deux des plus éclatantes : malgré son saint-simonisme, la comtesse Marie d’Agoult. On imagine son salon : Heine,  Delacroix,  MickiewiczSand.jpg, Chopin … et George Sand, muse avant-gardiste, qui rejoindra le couple adultère en Suisse : sur le livre de l’hôtel Liszt avait inscrit : « Musicien-philosophe, né au Parnasse, venant du Doute allant à la Vérité… ». Et la dame de Nohant : « Famille Piffoëls » ; domicile : « La Nature » ; lieu de naissance : « Europe » ; qualité : « Flâneurs » ; date de leurs titres : « Toujours » ; délivré par qui : « L’opinion publique »… Trois enfants : Blandine (1835-1862) épouse d’Émile Ollivier, avocat et homme politique. ( Ils auront un fils Daniel). Cosima (1837-1930) épouse du chef d'orchestre Hans von Bülow, puis de Richard Wagner (après quelques années de concubinage). Daniel (1839-1859).
    Le séjour au manoir de George Sand et les tournées dans toute l’Europe ne fut pas propices au professorat de Liszt. « Liszt ne donne jamais de morceaux à étudier, il laisse à ses élèves la liberté du choix. (…) peu d’attention à la technique, au doigté, mais il s’occupe surtout du rendu, de l’expression». La seconde femme de sa vie fut la princesse Carolyne Sayn-Wittgenstein : séparée de son époux, elle espère le divorce... ou une intervention aléatoire du pape ! Maître de chapelle à Weimar, (1848-1860), ayant quasiment carte blanche, Liszt réverbérera les musiciens contemporains, témoignant une nouvelle fois de sa générosité illimitée (en particulier envers Wagner qui le lui rendit si mal !).
    Sa retraite à Rome lui permettra de rejoindre l’ordre franciscain en 1865, (recevant la tonsure et quatre ordres mineurs) : « Oui, Jésus crucifié, la folie de l’exaltation de la foi, c’était là ma véritable vocation ….à travers les nombreuses fautes et erreurs que j’ai commises et dont j’ai une sincère repentance et contrition la divine lumière de la croix ne m’a pas été entièrement retirée… »
      Après avoir évoqué la légende de « la star » couvert de femmes, si l’on revient à la réalité, on remarquera  qu’à part quelques morceaux de bravoure, l’immense production pianistique et cosmopolite de Liszt est presque inconnue. Considéré ,pourtant, comme novateur génial du clavier dont il multiplia la luxuriance,  la magnitude, le  son, le rythme et la dynamique. Avec lui le piano devient dramatique. Pour rehausser ces exigences, si vives et éloquentes, il inventa une prodigieuse et inusitée technique, héritière des trouvailles de la dernière période de Beethoven ou Weber. Avec des richesses audacieuses, les effets de thèmes en accord, doubles notes, octaves si personnels, large tessiture... Il nous offre ainsi cette complexe polyphonie quasi orchestrale, contexture si serrée et si dense…
   L’apport de Liszt dans de domaine de l’orchestration est également original : un virtuose qui utilise les instruments de l’orchestre parfois comme des solistes – de façon si hardie pour l’époque. Quant à la production religieuse, elle a vu le jour avant que Liszt n’aie revêtu la soutane : il ne s’agit pas seulement d’œuvres liturgiques ou d’oratorios mais aussi nombre de compositions pour piano depuis « Les harmonies poétiques et religieuses », jusqu’aux deux « Légendes » et au dernier cahier des « Années de pèlerinage ».
Il écrivait, dés 1856 : « …J’ai pris sérieusement position comme compositeur religieux et catholique ; or c’est là un champ illimité pour l’art et que je me sens dans la vocation de cultiver vigoureusement. » «  Ma seule ambition de musicien était et serait de lancer mon javelot dans les espaces indéfinis de l’avenir… » (Liszt).  C’est le musicien d’un avenir plus lointain, Arnold Schoenberg qui lui rendra le meilleur hommage : « Liszt vivait sa vie instinctive en puisant aux sources mêmes de sa personnalité… Un tel homme n’est plus un artiste, il est devenu quelqu’un de plus grand : un prophète… En fin de compte l’impulsion qu’il a donné par ses nombreuses suggestions fut peut-être plus grande que celle de Wagner ».

Anne-Flore Urielle


Catégorie : - MUSIQUE
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