Texte à méditer :  

Rêver un impossible rêve
Porter les chagrins des départs
Brûler d'une possible fièvre
Partir ou personne ne part
Aimer jusqu'à la déchirure
Aimer même trop même mal
Tenter sans force et sans armure
D'atteindre l'inaccessible étoile
Telle est ma quête
Suivre l'étoile ...

  
Jacques Brel
 
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  « Je relis Les Caractères, si claire est l’eau de ces bassins qu’il faut se pencher longtemps au-dessus pour en comprendre la profondeur » André Gide

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     « Ah ! Ces conversations avec Redon, quand il se sentait en confiance ! Quelles substantielles conversations ! Tout le ramenait à Montaigne, Shakespeare, Baudelaire, Flaubert, Rembrandt, Dürer, Delacroix, Berlioz, Schumann. (…) Il jouait du violon. Il aimait par dessus tout Bach, Monteverdi, pas tout Wagner, les derniers quatuors de Beethoven. Berlioz aimé des peintres, Schumann, Debussy, de Séverac. Il ne prenait aucun plaisir à entendre les œuvres de Franck et encore moins celles d’Indy. « Ce sont des sacristains, disait-il. »
  Un jour Vollard vint le consulter sur une question de musique :
 - «  Redon, dites-moi donc, beaucoup de gens me demandent quel musicien je préfère. Que faut-il leur répondre ? »
- « Vollard, répondez seulement : Bach »
Tout cela était dit de part et d’autre sur un ton de plaisanterie charmante. »  
  (Gustave Fayet, "Souvenirs sur Odilon Redon", 1924).

   ODILON  REDON
                                  naît « Bertrand Redon » à Bordeaux en1840 et meurt en 1916 à Paris.

     L’exposition au Grand palais de Paris, (terminée le 20 juin 2011) ; sera à Montpellier, musée Fabre, du 7 juillet au 16 octobre 2011. Exposition exemplaire : pas de foules haletantes et un montage intelligent ! Ce commentaire tardif nous permettra une première exploration d'un peintre apparemment négligé par la multitude.
       Odilon Redon évolua parmi l’élite archétype de la Troisième République.
    Famille, originaire de Bordeaux, aisée et bienveillante vis à vis de ses études d’art (son frère sera architecte) : leçons de dessin et d’aquarelle chez Stanislas Gorin, élève d’Eugène Isabey : découverte de Millet, Corot, Gustave Moreau. Amitié prééminente : le botaniste Armand Clavaud qui l'initie aux sciences et à la littérature à fois ! Car nous sommes à l’époque de Darwin ! (outre les « Fleurs du mal » (Baudelaire) et Flaubert (à qui il consacrera un album de fusains). Ainsi se forme-t-il à la technique de l'eau-forte.
    index.jpegEn 1872 Odilon Redon s’installe à Paris. Après l’apprentissage chez le graveur et lithographe Rodolphe Bresdin : 1879 premier album lithographique, « Le Rêve »puis ; l’univers sibyllin et flou des «NOIRS ». L’une des plus célèbre (après « Le Corbeau ») : la fameuse « Araignée souriante » (fusain estompe, traces de gommage et fixatif sur papier vélin chamois).
   Hommage à Goya (mort à Bordeaux) ; puis illustration d’Égard Poe et Flaubert : apparition de
  « cet œil comme un ballon bizarre vers l’infini » ou 'œil dans un coquetier" . Enfin les « cauchemars » avec leurs macchabées…1890 : album « Les fleurs du Mal »…  Ces « noirs » sortes d’avortons comme ceux qu’il avait sans doute observés sous l’objectif   du microscope de Clavaud : quantité d’êtres vivants mystérieux qu’Odilon Redon imagine entre ciel et terre : acariens rieurs ou en pleurs …Loeil-ballon.jpg
          « M. Odilon Redon doit être considéré comme un de nos maîtres et par ceux qui prisent par-dessus tout cette étrangeté sans laquelle, dit Lord Byron, il n’y a pas de beauté parfaite… Autant que Baudelaire, il mérite le superbe éloge d’avoir créé un frisson nouveau ».
Redon semblait lui répondre : « Il y a une idée littéraire toutes les fois qu’il n’y a pas invention plastique »… 

             redon5.jpgSimultanément aux recherches sur l’inconscient de Sigmund Freud - Redon en était-il informé ? - on peut se poser la question ! Son art explore les méandres de la pensée, l'aspect sombre et ésotérique de l'âme humaine, pétri du processus du songe. Son esprit semble voler dans un univers surnaturel en compagnie de phénomènes fantasmagoriques mais pacifiques et mélancoliques – troublants…

                           Les années 1890 et le début du siècle sont une période de mutation : abandon de ses « noirs », pour utiliser le pastel l'huile, et la couleur qui domineront le reste de sa vie : « J’ai épousé la couleur, depuis il m’est difficile de m’en passer".
   "RedonBleu.jpgLe Profil bleu" de cobalt se détachant sur fond d’or byzantin dans « La Cellule d’or » (1892) témoigne de l’influence de Gauguin sur Redon dans l’utilisation de valeurs non mimétiques.
    Tandis que la « Béatrice », lithographie en 3 couleurs sur Chine appliqué (1897) lui est plus personnelle. Dans ce chemin chatoyant Redon se révélera un pastelliste inventif de couleurs, aboutissement novateur de son art suggestif :

  « comme une irradiation des choses où s’achemine aussi la pensée".RedonBeatrice.jpg

    En 1899, Maurice Denis le présente aux Nabis, groupe d'artistes qui compte parmi ses membres Gauguin. En 1900, Maurice Denis (à nouveau) peint l’Hommage à Cézanne : Redon y figure debout, devant une toile de Cézanne, entouré de Pierre Bonnard, Édouard Vuillard, Roussel, Paul Sérusier, Mellerio et Ambroise Vollard. Il travaille également avec Mallarmé.
    Une exposition Odilon Redon a lieu à la galerie Durand-Ruel en 1900.
   Il voyage en Italie avec Robert de Domecy son ami et mécène. Il exécute des peintures décoratives pour son ami Ernest Chausson, ainsi que pour le château, en Bourgogne, de Robert de Domecy.
   En 1901 il participe au Salon de la Libre Esthétique à Bruxelles et au Salon de la Société Nationale des Beaux-Arts à Paris. Son ami d’enfance, le peintre Charles Lacoste, l’introduit en 1903 auprès de Gabriel Frizeau, mécène bordelais passionné d'art et de belles-lettres. La légion d'honneur lui est attribuée. En 1904 une salle lui est  consacrée.
RedoFleur.jpg
     Contemporain de Monet, Odilon Redon a taxé "l’impressionnisme trop bas de plafond", l’accusant de bâillonner l’art « à ce qui serait capable de mettre dans les plus humbles essais la lumière de la spiritualité ».
               On n’en goûte que plus l’esthétique « des noirs et des gris » exprimant cette acuité vibrante ! génie authentique ne serait ce que dans ses « Pégases », « Cyclope », « Char d’Apollon », « Naissances de Vénus » - même lorsqu’il touche à réalité visible.
  Ses fleurs, Odilon Redon les a peut-être observées en apprenti botaniste....
      Pourtant il en résulte des sujets aériens, éphémères, impalpables qui s'offrent au milieu de notre monde – magiques ! Couleurs vaporeuses jusque dans leur miroitement qui transcendent le réalisme, gorgées de cette sorte de mysticisme dont leur auteur a regretté le dénuement chez les impressionnistes avec une certaine pertinence…

          Antoine Fignes

Catégorie : - ART
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