Texte à méditer :  

Rêver un impossible rêve
Porter les chagrins des départs
Brûler d'une possible fièvre
Partir ou personne ne part
Aimer jusqu'à la déchirure
Aimer même trop même mal
Tenter sans force et sans armure
D'atteindre l'inaccessible étoile
Telle est ma quête
Suivre l'étoile ...

  
Jacques Brel
 
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  « En lui était la vie et la vie était la lumière des hommes" évangile de Jean

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 « Je crois que le monde a été créé et progresse dans l’incarnation de l’amour absolu. C’est à lui que nous devons, absolument, subordonner nos êtres pour permettre le libre fonctionnement et le triomphe de la vie.
Si telle est la vérité voici l’une des plus hautes illustrations,

« Le CANTIQUE DES CANTIQUES "

qui est pour Salomon. »
A. Chouraqui

  

« Qu'il m'embrasse à pleine bouche !
Car tes caresses sont meilleures que du vin,
meilleures que la senteur de tes parfums.
Ta personne est un parfum raffiné.
C'est pourquoi les adolescentes sont amoureuses de toi.
Entraîne-moi après toi, courons.
Le roi me fait entrer dans sa chambre :
"Soyons heureux et joyeux grâce à toi. "
Célébrons tes caresses plus que du vin.
C'est à bon droit qu'elles sont amoureuses de toi.
Je suis noire, moi, mais jolie, filles de Jérusalem,
comme les tentes en poil sombre,
comme les rideaux somptueux.
Ne faites pas attention si je suis noiraude,
si le soleil m'a basanée.
Mes frères m'ont tannée :
ils m'ont mise à surveiller les vignes ;
ma vigne à moi, je ne l'ai pas surveillée.
Explique-moi donc, toi que j'aime,
où tu feras paître, où tu feras reposer à midi,
pour que je n'aie pas l'air d'une coureuse
près des troupeaux de tes camarades… »

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LUI : « Tes joues sont jolies entre les torsades,    
ton cou dans les guirlandes.

Des torsades d'or nous te ferons faire
avec incrustations d'argent.
 

ELLE : « D'ici que le roi soit à son enclos,
      mon nard donne sa senteur.
      Mon chéri pour moi est un sachet de myrrhe :
      entre mes seins il passe la nuit.
             Mon chéri pour moi est une grappe de henné
      à la vigne de la Font au Biquet.

LUI : « Que tu es belle, ma compagne, que tu es belle !
Tes yeux sont des colombes !
Que tu es beau, mon chéri, combien gracieux !   
Combien verdoyante est notre couche !
Les poutres de notre maison sont les cèdres,
et nos lambris, les genévriers.
Je suis un narcisse de la Plaine,
un lis des vallées.
… Comme un lis parmi des ronces,
telle est ma compagne parmi les filles

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ELLE : « Comme un pommier au milieu des arbres de la forêt,         
tel est mon chéri parmi les garçons.
       A son ombre, selon mon désir, je m'assieds ;
        et son fruit est doux à mon palais.
        Il me fait entrer au cabaret,
mais son enseigne au-dessus de moi est Amour.
Restaurez-moi avec des gâteaux de raisins ;
soutenez-moi avec des pommes :
car je suis malade d'amour.
Sa gauche est sous ma tête,
et sa droite m'enlace !                             


(LUI ?) : Je vous en conjure, filles de Jérusalem,
        par les gazelles ou par les biches de la campagne :
       N'éveillez pas, ne réveillez pas mon Amour
        avant son bon vouloir.

ELLE : J'entends mon chéri !
       Le voici : il vient !
Sautant par-dessus les monts,
bondissant par-dessus les collines,
mon chéri est comparable à une gazelle
ou à un faon de biche.
Le voici : il s'arrête derrière notre mur ;                            
il regarde par la fenêtre ;
il épie par le treillis.
Mon chéri chante
et me dit :

LUI) : «Debout, toi, ma compagne,
ma belle, et viens-t'en. »
Car voici que l'hiver passe ;
la pluie cesse, elle s'en va.
On voit des fleurs dans le pays ;
la saison de la chanson arrive ;
et on entend dans notre pays
la voix de la tourterelle.
Le figuier mûrit son fruit vert,
et les ceps en bouton donnent leur senteur.
Debout, toi, ma compagne, ma belle, et viens-t'en.
Ma colombe au creux d'un rocher,
au plus caché d'une falaise,
fais-moi voir ton visage,
fais-moi entendre ta voix ;
car ta voix est agréable, et ton visage est joli. »

    horoscope-amour-2004.jpgAinsi commence, dans la Bible, ce petit livre qui a été le plus épluché à cause des   énigmes qu’il soulève. Est-ce un poème pour une noce ? des chants d’amour ahurissants qui semblent parfois dénués de plan ! 8 courts chapitres et 117 vers…

  Mais les exégèses aussi bien juifs que chrétiens ont essayé d’y mettre de l’ordre – sinon du conformisme.
  1 - Cette poésie érotique (1er siècle après Jésus-Christ) en plein milieu de la Bible : pour certains une allégorie des relations entre Dieu et son peuple ; pour d’autres l’amour « platonique » (cf. « Le Banquet de Platon) entre un homme et une femme ?
  2 - Traduction d’une liturgie païenne proche orientale en l’honneur   d’un dieu qui meurt et que va chercher aux enfers son amante la déesse de l’amour et de la guerre. Ils sont représentés par le roi et la grande prêtresse dont le mariage sacré (hiérogamie) symbolise le renouvellement du Nouvel An ?
  3 – L’interprétation dramatique accepte la réalité sexuelle du Cantique faisant passer à l’arrière-plan ce scandale : on efface le sexe au profit de la fidélité.
  4 – Interprétation naturaliste : une narration profane – pour justifier le mariage de Salomon avec la fille du pharaon ? éthique d’un amour égaré dans la Bible ?
  Pourquoi l’amour du « Cantique » ne pourrait être à la fois sexuel et sacré ?
Ainsi l’amour humain a une fin en lui-même au sein de la bonne œuvre de Dieu : le vrai rôle de l’amour n’est pas d’unir religieusement la terre au ciel mais d’unir deux créatures que Dieu a créées complémentaires :
 Malachie (II, 14),  « Parce que le Seigneur a été témoin entre toi et la femme de ta jeunesse… elle était pourtant la femme à laquelle tu es lié. »
  S'ajoute le langage de l’Alliance pour montrer dans l’amour de Dieu pour son peuple le modèle de tout amour :
« Maris, aimez vos femmes comme le Christ a aimé l’Église et s’est livré lui-même pour elle ». Paul, Éphésiens (V, 25).

« Mais bien fol celui qui lirait « Le Cantique » sans réaliser, en lui-même, à quelque niveau de conscience qu’il puisse se situer, l’image que ce poème donne de l’amour réalisé dans ses dimensions cosmiques et dans la suavité éternelle de son essence divine. » A. Chouraqui

Delphine Desanges
 


Catégorie : - POESIE
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