Texte à méditer :  

Rêver un impossible rêve
Porter les chagrins des départs
Brûler d'une possible fièvre
Partir ou personne ne part
Aimer jusqu'à la déchirure
Aimer même trop même mal
Tenter sans force et sans armure
D'atteindre l'inaccessible étoile
Telle est ma quête
Suivre l'étoile ...

  
Jacques Brel
 
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  « Je relis Les Caractères, si claire est l’eau de ces bassins qu’il faut se pencher longtemps au-dessus pour en comprendre la profondeur » André Gide

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   gavras.jpgUn Profil : COSTA-GAVRAS

« Je ne pourrais pas faire un film sans contenu, je suis obsédé par la nécessité que mes films aient un sens, qu’ils traitent de la vie, de la société. Je serais incapable de faire un film de pur divertissement. »
« Vous ne pouvez changer la vision politique des gens avec un film, mais vous pouvez au moins engendrer une discussion politique. »
Tels sont la passion et le génie de « Costa-Gavras ». Né le 13 février 1933, à Athènes, dans une famille qu’on dit d'origine russe, Konstantinos Gavrà, « Costa-Gavras », s'installe à Paris dès 1951 et obtient la nationalité française en 1968.

Après avoir tâté les études littéraires, il entre à l'Institut des Hautes Études Cinématographiques (IDHEC) et sera assistant d’Henri Verneuil, Jacques Demy et René Clément…. Dès 1965, il écrit et réalise l’adaptation du livre de Sébastien Japrisot : « Compartiment Tueurs », avec Simone Signoret, Yves Montand et Jacques Perrin, premier brillant démarrage.

Z.jpgOr, ce trio va aider Costa-Gavras à réaliser « Z » d’après Vassilis Vassilikos qui exposait l'assassinat du dirigeant de la gauche élaboré par la police et dissimulé en prosaïque accident. Jorge Semprún étaya la retranscription et Jacques Perrin créa sa propre maison de production pour monter le film et utiliser ses contacts, en particulier en Algérie, où il sera tourné. Jean-Louis Trintignant endossa un petit cachet et Yves Montand une apparition. Succès mondial pour tous ! [Prix du jury et d'interprétation pour Jean-Louis Trintignant au festival de Cannes ; Oscar du meilleur film étranger à Hollywood] Perrin.jpg
   Ainsi Costa-Gavras s’engage, à sa façon, contre le totalitarisme:
«L'Aveu », sur les purges staliniennes en Tchécoslovaquie, « État de Siège" , ingérences de la CIA dans le tiers-monde, « Missing » (Porté Disparu), rôle des Américains dans la chute d'Allende au Chili (Palme d'or et Prix d'interprétation (Jack Lemmon) au festival de Cannes, Oscar du Meilleur scénario), « La Main Droite Du Diable », mise en garde contre la résurgence du fascisme aux U.S.A et
« Music Box », un criminel de guerre nazi tente de paraître un honnête homme…

Hanna.jpg 
  Ces nombreux lauriers éclipsent peut-être des films moins avantagés :
« Hanna K » 1983 : Hanna Kaufman,(Jill Clayburgh) s'expatrie de France vers Jérusalem où elle devient la maîtresse du procureur Herzog (Gabriel Byrne) dont elle attend bientôt un enfant. Dans ses débuts d'avocate, elle réussit à défendre Selim Bakri (Mohammed Bakri), réfugié palestinien. Mais celui-ci refuse de quitter le pays car il revendique son droit sur une maison qui appartenait à ses ancêtres avant l'occupation israélienne. À travers lui, Hanna découvre le sort des « déplacés » et tentera d’assister Bakri, jusqu'au bout...

    Un film intéresse particulièrement les français : « Section spéciale » SectionS.jpg

(1974) qui relate la création par le gouvernement de Vichy d'une Cour spéciale pour juger les résistants, ou présumés tels. Le 21 août 1941, un jeune militant communiste, le futur colonel Fabien, abat dans le métro l'aspirant de marine Moser. Redoutant les représailles allemandes sur la population, Vichy décide de prendre les devants. Avec l'aval de l'amiral Darlan (vice-président du Conseil), Pierre Pucheu, ministre de l'Intérieur, propose au Conseil des ministres présidé par Pétain, d'adopter une loi d'exception : l’exécution de six français  (évidemment communistes et Juifs). Cette loi d'exception sera rétroactive puisque les condamnations sont immédiates et les ministres la signent la loi en laissant un article entier en blanc, plus tard rédigé à Paris par le procureur de l'État Maurice Gabolde pour le Journal officiel. Outre son caractère rétroactif, les sentences de cette loi ne portent aucun motif, ni recours qui sont attribués aux « sections spéciales » de la cour d'Appel (d'où le titre du film). Donc double parodie : législative (loi antidatée) et de justice. Et double course contre la montre : du côté des autorités françaises pour faire guillotiner les six prévenus, et du côté de la défense pour les sauver, notamment via un recours en grâce introduit auprès du chef de l'État, le maréchal Pétain, celui-là même qui a signé la loi. Scénario : Costa-Gavras, Jorge Semprún, (d'après l'œuvre de Hervé Villeré) avec une pléiade d’acteurs : Michael Lonsdale, Louis Seigner,  François Maistre, Claude Piéplu, Bruno Cremer…

PetiteA.jpg"La Petite Apocalypse"  Comédie dramatique » 1992

Les anciens compagnons de Barbara et d'Henri, tous signataires de pétitions, se retrouvent lors d'une fête chez le couple. Parmi eux, l'ex-mari de Barbara, Stan, Polonais émigré comme elle. Stan fuit vite l'ennui de cette fête d'anciens combattants et se réfugie dans la chambre de bonne vétuste. En voulant changer une ampoule grillée, il provoque une catastrophe et ses amis, le retrouvent à terre noué dans les fils électriques. Tous croient à une tentative de suicide... Selon la critique Claude-Marie Trémois : « Le livre du polonais Tadeusz Konwicki, tragédie ironique et grinçante, dans le film, Costa-Gravas et Jean-Claude Grumberg renoncèrent volontairement à son côté Kafkaïen pour un vaudeville. On rit, jaune ou on sourit. Ce scandale, la mise à mort d'un homme pour le triomphe d'une cause est, d’ailleurs, le sujet de tous les films de Costa-Gavras : c’est un humaniste, un vrai, pour qui la vie d'un homme a plus de prix que toutes les idéologies. Ce qui a permis tour à tour à la droite comme à la gauche de le traîner dans la boue. Avec « La Petite Apocalypse », c'est la droite qui se réjouit de voir la gauche mise en accusation. Elle a tort, car, pour une fois, ce ne sont pas les abus d'une idéologie que dénonce Costa-Gravas, mais quelques irresponsables. Le livre était un brûlot politique daté et ancré dans la réalité polonaise. Le film est une fable intemporelle sur l'absurdité de vouloir faire le bonheur d'un homme malgré lui ­ par exemple, en le tuant pour le rendre immortel... »
    "Amen", d’après la pièce de théâtre « Le Vicaire » de Rolf Hochhuth. (2002)
Actuellement, Costa-Gavras préside la Cinémathèque Française :

« La finalité de la Cinémathèque est de devenir un grand musée du cinéma, la maison des cinéastes et des cinéphiles. La cinéphilie doit rester un but à amplifier. Mais nous devons aller plus loin, beaucoup plus loin, nous ouvrir à d'autres publics et surtout aux plus jeunes qui sont aujourd'hui envahis par des images. La Cinémathèque doit être le lieu où l'on apprend à choisir par la découverte de l’histoire du cinéma, par l'apprentissage du cinéma, par le plaisir du cinéma. »

Anne-Flore Urielle


Catégorie : - CINEMA
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