Texte à méditer :  

Rêver un impossible rêve
Porter les chagrins des départs
Brûler d'une possible fièvre
Partir ou personne ne part
Aimer jusqu'à la déchirure
Aimer même trop même mal
Tenter sans force et sans armure
D'atteindre l'inaccessible étoile
Telle est ma quête
Suivre l'étoile ...

  
Jacques Brel
 
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  « Le vrai travail c'est quand je cherche avec l'air de ne rien faire...chercher une idée et espérer qu'elle vienne, ça oui c'est du travaii !" René Gosscinny

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Nous sommes actuellement submergés par l’anniversaire médiatique du 11/09/2011 aux USA, apitoyant les foules – pendant que des centaines d’enfants meurent de faim en Afrique - marronnier frôlant le poison de la phobie : « choc des civilisation » sans recul ni analyse… Pourtant le 09/09/2011 le commandant MASSOUD, « Le Lion du Panshir », abandonné, prévoyait le pire et fut assassiné – quant aux attentats ne dédaigne-t-on pas les réflexions des américains eux-mêmes prouvant à quel point ils étaient prévus, même par l’espionnage français !

   11 septembre 1973 au Chili :
mise à mort du socialisme à la chilienne.

      Le gouvernement du président, démocratiquement élu, SALVADOR ALLENDE (socialiste) abattue par un coup d'État militaire (commandants des trois armées et 92958-004-088418DE.jpgdu chef de la police), qu’animait le général AUGUSTO PINOCHET. Allende se suicida sous les bombes putschistes lors du siège du palais de la Moneda à Santiago.

     Certes, l’histoire ne se construit pas strictement avec les personnalités de premier plan mais il importe d’en avoir un aperçu :
      AUGUSTO JOSÉ RAMÓN PINOCHET (1915-2006), malgré des études limitées, en 1970, le président Eduardo Frei le fit général de brigade, puis chef d'état major... pour une belle carrière ! Le 23 août 1973, le président Salvador Allende le nomme commandant en chef de l'armée chilienne. Augusto Pinochet catholique, viscéralement anticommuniste, militaire aux apparences « sans épaisseur », s’inséra vivement dans la conjuration qui fit chuter le président à qui il avait prêté serment.
         Salvador Allende Gossens (1908 - 11 septembre 1973),
« un révolutionnaire légaliste » selon Marcel Niederland dans « Le Monde » (13/09/1973). « Je crois au vote, non au fusil » répétait-il. Malgré sa courte victoire légitime, Allende se révéla lucide et courageux en affrontant à la fois le défi des extrémistes de droite et les mises en demeures des extrémistes de gauche : sur la corde raide, il cherchait un compromis avec l’aile gauche d’une démocratie chrétienne qui de 1964 à 1970 s’était engagée dans la nationalisation et la réforme agraire – reprises avec dynamisme par l’Unité Populaire après 1970. Mais si les 3 années d’expérience « socialiste » avaient accéléré le processus, les leviers de commande politiques et économiques n’avaient pas été transférés à l’Unité Populaire qui le propulsa.
Or, Allende respectait la démocratie, quitte à ralentir l’application des réformes : « Le Chili, disait-il, n’est pas Cuba. Nous avons une longue tradition de libertés démocratiques et de civisme. Il n’est pas ridicule de penser que nous pouvons l’emporter par les urnes ». En effet, imprégné par le marxisme, il fut cofondateur du Parti Socialiste chilien en 1933. Cela suffit pour le chasser de l’Université : emprisonné, la mort de son père lui permettra d’être libéré… Allende terminera sa thèse, « Hygiène mentale et délinquance », et sera adjoint en pathologie anatomique de hôpital à Valparaíso. Il en gardera une idée force : venir en aide aux plus démunis, se promettant que chaque enfant chilien des quartiers pauvres recevrait un demi litre de lait chaque jour (on pense à Pierre Mendés France). Notons que pendant la campagne présidentielle de 1970 son rival, Jorge Alessandri, bénéficiait des moyens financiers américains de la compagnie ITT (International Telephone & Telegraph)…

Mais interviennent d’autres facteurs : « au cours des 3 années agitées du gouvernement d’Unité Populaire les événements ont assez bien correspondu à la stratégie de déstabilisation adoptée par la Maison Blanche (fureur de Nixon) et son Conseil national de sécurité : sabotage économique tendant à créer une situation de chaos, refus de tout crédit de financement, manipulation à la baisse du prix du cuivre à la Bourse de Londres, opposition à toute livraison de pièces de rechange et même de produits alimentaires, etc. …   Allende est mort en combattant et cette mort transfigure l’image du « père tranquille » de la révolution… L’envoyée spéciale su « Washington post » rapporte qu’apprenant le succès du putsch l’ambassadeur des USA sabla le champagne». (« Le Monde » P. Kalfon (11-12 septembre 1983).  

Peter Kornbluh, bénéficiant de la déclassification des archives de la CIA: « si les États-Unis n'ont pas directement participé au complot du 11 septembre 1973, ils ont tout fait pour qu'il ait lieu.». En 2003 Colin Powell, secrétaire d'État des États-Unis, déclara : «… ce qui s'est passé avec M. Allende, ce n'est pas une partie de l'histoire américain dont nous sommes fiers »

La junte militaire

Dès le début, Pinochet accapare le pouvoir.
Le congrès, suspend la constitution et interdit les partis politiques. Les libertés publiques supprimées, la presse abolie et toute activité politique suspendue. Les responsables politiques locaux et l’ensemble des maires destitués, leurs remplaçants sont nommés par la junte. L’État d'urgence et le couvre-feu instaurés..
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Répression particulièrement violente : « Pendant des jours, on voyait des cadavres joncher les bords des routes ou flotter sur le fleuve Mapocho qui traverse Santiago. ». Le stade – de sinistre mémoire - transformé en immense prison, où l’on torture et exécute sommairement : 130 000 personnes arrêtées en trois ans, dont des dizaines de milliers dans les premiers mois, les exécutions se multiplient (assassinats dissimulés)...  

Le régime militaire d'Augusto Pinochet gouverna le Chili pendant 17 ans, du coup d'État du 11 septembre 1973 jusqu’au 11 mars 1990, suite au référendum de 1988.
Dictature connue pour ses multiples atteintes aux droits de l'homme : plus de 3200 morts et « disparus », 38000 torturés, plusieurs centaines de milliers d'exilés Des camps de concentration sont organisés à la hâte (18 000 prisonniers et la torture contre les opposants institutionnalisée).
Selon Amnesty International, beaucoup de « disparus » furent victimes d’un programme gouvernemental d’élimination des opposants présumés. » Le même texte parle à propos des exactions de la dictature de « crimes contre l’humanité ». L'ONU dénonça « la destruction des institutions démocratiques et des garanties constitutionnelles dont jouissait auparavant le peuple chilien », « les violations constantes et flagrantes des droits de l'homme fondamentaux et des libertés fondamentales », les « traitements cruels, inhumains ou dégradants ». La dictature interdit la venue d'émissaires onusiens. Une nouvelle estimation, établie en 2011, dénombre plus de 3 200 morts et  « disparus », autour de 38 000 personnes torturées.
L'armée chilienne s’assura le monopole de l'exploitation du cuivre et conservera ce privilège, à hauteur de 10%, après le retour de la démocratie et les grands domaines fonciers furent rendus à leurs propriétaires. Politique économique de privatisations néolibérale inspirés de Milton Friedman. La grève passible de peine de mort… Et la réduction des dépenses sociales creusa le fossé entre riches et pauvres : le Chili devint l’un des pays où régnait la plus grande inégalité de revenus…
Billet de Jacques Fauvet, directeur du « Monde » (13/09/73) :
« Un président (Salvador Allende) élu au suffrage universel qui paie volontairement de sa vie le parjure de ses généraux, c’est un drame peu commun qui n’est pas seulement celui d’un homme et d’un peuple. C’est aussi celui, d’une portée plus universelle, de la « révolution par la loi » ou du « socialisme dans la légalité »… »

Cet éditorial n’est qu’un abrégé : à vous de vous rafraîchir la mémoire !

Antoine Fignes


Catégorie : ARTICLES - HISTOIRE
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