Texte à méditer :  

Rêver un impossible rêve
Porter les chagrins des départs
Brûler d'une possible fièvre
Partir ou personne ne part
Aimer jusqu'à la déchirure
Aimer même trop même mal
Tenter sans force et sans armure
D'atteindre l'inaccessible étoile
Telle est ma quête
Suivre l'étoile ...

  
Jacques Brel
 
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  « Je relis Les Caractères, si claire est l’eau de ces bassins qu’il faut se pencher longtemps au-dessus pour en comprendre la profondeur » André Gide

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Le Prophète JONAS : premier épisode: Jonas 1, 4                        


       470px-Jonas_rejete_par_la_baleine_Bible_de_Jean_XXII.jpg « Un homme en fuite » : c’est le titre d’un film ; ce pourrait être celui du livre de Jonas.
Le Seigneur a appelé Jonas. Il lui a ordonné de partir à Ninive et d’y proclamer Sa colère : « Jonas, lève-toi, va à Ninive, la grande ville et prêche contre elle car la méchanceté de ses habitants est montée contre moi ».
En réponse, Jonas s’est bien levé … mais pour fuir, le plus vite possible, le plus loin possible, de l’autre côté de la Méditerranée, à Tarsis. Pour ce faire, il affrète un bateau et embauche un équipage.
Jonas fuit, pour des motifs que nous ne comprendrons vraiment qu’en fin de livre. En attendant, il est ridicule et fautif : fautif parce qu’il désobéit à l’Éternel ; ridicule parce qu’il pense lui échapper en traversant la Méditerranée.
                                                     Jonas fuit Dieu et se fuit.
Et, comme toute personne qui fuit et se fuit, il se trouve plongé en pleine tourmente, tourmente climatique, tourmente intérieure. Pourtant, même dans la tourmente, Jonas continue de fuir :
- dans le sommeil, au milieu de la tempête, alors qu’il est l’affréteur du bateau
- dans la mort, lorsqu’il propose aux hommes d’équipage de le sacrifier et de le jeter par-dessus bord.
Jonas est un croyant en fuite. A l’inverse, les hommes d’équipage sont responsables. Ils font ce qu’ils doivent faire en pareille circonstance : comme le veut le respect de la hiérarchie, ils réveillent Jonas et le consultent ; ils invoquent leurs dieux ; ils tentent de remettre le bateau à flot, en jetant par-dessus bord ce qui est inutile ; ils s’efforcent, enfin, de gagner le rivage à la rame. Jonas fuit devant Dieu et devant les hommes ; les hommes d’équipage tentent d’agir sur le cours des événements. Jonas met en danger sa vie et celle d’autrui, les hommes d’équipage essaient de sauver tout le monde. 
Cet épisode des aventures de Jonas est malheureusement facile à adapter.

Des incroyants prennent leurs responsabilités ; conduisent leurs affaires de façon pragmatique, efficace et intelligente. Ils développent des entreprises, des associations. Parfois même, ils se tournent vers les chrétiens et leur disent :
           « Priez votre Dieu, priez pour ce monde ; nous avons besoin d’espérance ».

Et nous, parfois, nous imitons Jonas. Comme Jonas, nous n’osons plus annoncer la protestation de Dieu contre le mal. Comme Jonas, parfois, nous manquons de foi. Comme Jonas, parfois, nous croyons le fuir, dans le divertissement, la plainte, la suractivité professionnelle.  Comme Jonas, parfois, nous ne croyons pas vraiment que Dieu ait un message pour notre monde.

Ce constat est également valable pour nos Églises.
Nous croyons, nous affirmons que le Royaume de Dieu est au milieu de nous. Nous croyons, nous affirmons que le mal et la mort sont déjà vaincus, que la Résurrection est notre avenir et qu’à tout moment de notre vie, nous pouvons « naître de nouveau ». En même temps, nous vivons en Église comme si nous n’étions pas portés par cette promesse et cette exigence.
Comme Jonas, il nous arrive de fuir et de nous fuir. Comme Jonas, il nous arrive d’être dans la tourmente. Et, comme dans Jonas, le monde jette alors par-dessus bord ces croyants qui ne servent à rien s’ils renoncent à vivre ce qu'ils croient.
Heureusement, toute fuite a un terme. Pour Jonas, c’est le shéol. Après avoir été jeté dans la mer, Jonas est avalé par un grand poisson, le « shéol ». Pour un juif, le shéol ne désigne pas seulement un poisson ; le « shéol » c’est le gouffre, la perte des forces vitales, l’antichambre de la mort.
Le shéol se manifeste partout où l’existence de l’homme est en danger : dans la maladie où la vie est diminuée, dans la prison qui fait souffrir, dans ce qui fait que la vie n’a plus de sel, plus de lumière, plus de dynamisme. Le shéol, c’est la mort intérieure. Jonas croit que son enfermement est définitif : « A jamais, les verrous  de la mort se sont refermés sur moi ». Et sa souffrance est d’autant plus grande qu’il croit que le Créateur en est responsable : « Tu m’as jeté dans le gouffre ». Pourquoi l’Éternel l’a-t-il ainsi repoussé ?
Tout semble terminé.
Pourtant, c’est là, au fond du gouffre, qu’un déclic se produit en Jonas. Jonas découvre que, même dans le shéol, le Seigneur est là : « Du ventre de la mort, j’appelle au secours et tu me réponds ». Alors, le prophète retrouve le moteur de toute vie : le désir, le désir de vivre, le désir de croire. Et parce qu’il désire vivre et qu’il sait que Dieu le ramènera à la vie, Jonas loue Dieu. Même s’il est encore symboliquement mort, Jonas remercie Dieu pour ce qu’il va faire : « Au Seigneur appartient le salut ».
Le récit de Jonas nous le rappelle : la vie a le dernier mot car Dieu est là.
Dieu est là, même dans nos vies apparemment désertées par la foi, même lorsque nous traversons les épreuves les plus dramatiques, même lorsqu’à vue humaine, il n’y a plus d’espoir.
Dieu est là lorsque nous sommes découragés.
Dieu est là lorsque nous sommes plongés dans une nuit spirituelle qui parait sans fin.
Dieu est là lorsque nous nous noyons dans le deuil ou la dépression.
Dieu est là lorsque nous sommes victime de l'asthénie, cette maladie de l'âme caractérisée par une perte de désir, d'énergie.
Dans ces moments de mort symbolique, nous découvrons que Dieu est là, et, surtout, que Dieu agit, que Dieu vivifie, que Dieu nous fait sortir de ce trou noir, non seulement sain et sauf, mais aussi transformés.
Car c’est souvent au fond de l’épreuve que nous retrouvons le désir de vivre pleinement. Et ce désir alimente la foi, la confiance, l’audace.
Tout cela, j'y crois. J’y crois d’autant plus que, depuis Jonas, un homme a séjourné durant trois jours et trois nuits dans le gouffre de la mort avant d’en ressortir vivant, pour toujours. Cet homme, c’est Jésus-Christ. Il a traversé la souffrance et l'abandon. Il s'est cru abandonné de Dieu. Il est mort pour ressusciter.
La vie a donc le dernier mot.
A la peur et la fuite succèdent le désir, la foi et la louange. Alors, un appel retentit pour la seconde fois : « Lève-toi, va à Ninive ».
Et, cette fois, Jonas répond à cet appel

A suivre...

Pasteur Vincent Nême-Peyron (août 2011)


Catégorie : ARTICLES - SPIRITUALITE
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