Texte à méditer :  

Rêver un impossible rêve
Porter les chagrins des départs
Brûler d'une possible fièvre
Partir ou personne ne part
Aimer jusqu'à la déchirure
Aimer même trop même mal
Tenter sans force et sans armure
D'atteindre l'inaccessible étoile
Telle est ma quête
Suivre l'étoile ...

  
Jacques Brel
 
ARTICLES
CITATION

  « Je relis Les Caractères, si claire est l’eau de ces bassins qu’il faut se pencher longtemps au-dessus pour en comprendre la profondeur » André Gide

Préférences

Se reconnecter :
Votre nom (ou pseudo) :
Votre mot de passe
Captcha reload
Recopier le code :


  Nombre de membres 40 membres
Connectés :
( personne )
Snif !!!
Recherche
Recherche
Visites

   visiteurs

   visiteurs en ligne

rss Cet article est disponible en format standard RSS pour publication sur votre site web :
http://www.abrulepourpoint.fr/data/fr-articles.xml

(Chapitre 3)  suite

 Dieu a ordonné à Jonas d’annoncer la destruction de Ninive, la capitale assyrienne. Courageusement, Jonas a fuit de0-Jonas.jpg l’autre côté de la Méditerranée. Pris dans une tempête, il a été jeté par-dessus bord puis avalé par un gros poisson, le Shéol, symbole de la perte de forces vitales. Jonas est aux portes de la mort lorsqu’il crie à Dieu. Il est alors recraché sain et sauf sur le rivage. Là, pour la seconde fois, il reçoit cet ordre : « Lève-toi, va à Ninive, la grande ville et profère contre elle l’oracle que te communiquerai ».

Première surprise : Jonas a fuit et pourtant le Seigneur le confirme dans sa mission.Car Dieu est encore plus fidèle que Jonas n’est infidèle.Il s’est choisi un peuple.Il s’est choisi un prophète. Il ne reviendra pas là dessus.Même si le peuple s’endort, même si le prophète s’enfuit, Dieu reste fidèle.
Deuxième surprise : Jonas, cette fois, suit fidèlement les ordres de Dieu.Il a été changé par son épreuve, par la tempête, par ces trois jours dans le ventre du poisson.
Nous ressemblons à Jonas.
Comme lui, nous nous dérobons à l’appel de Dieu. Comme lui, nous avons besoin d’une tempête pour retrouver notre prière, notre foi. Comme lui, nous avons besoin que nos certitudes prennent l’eau pour retrouver la force de témoigner et de vivre notre foi, même à contre-courant.
Il en est de même pour nos Eglises.
Il leur faut souvent une épreuve, une persécution ou une catastrophe pour qu’elles vivent l’Evangile ... comme si seul un vent violent pouvait forcer les résistances et ouvrir un espace à la prière fervente, à l’action sociale, à l’évangélisation. Les réveils religieux coïncident avec les crises et les grands bouleversements. 
 

comment-discerner-un-faux-prophete-ninive.jpgRevenons à Jonas.
Le prophète annonce fidèlement ce que l’Eternel lui a ordonné de dire : « Encore quarante jours et Ninive sera mise « sens dessus dessous ».Jonas ne va pas plus loin dans la condamnation mais ne retranche rien. Il nous montre ce qu’est un témoignage fidèle.
Aujourd’hui encore, comme à Ninive, des pratiques provoquent de la souffrance, de la violence : la démission de certains parents, une société qui se donne comme unique moteur la compétition et le chacun pour soi, la banalisation de la drogue, de l’alcoolisme, la décomposition de la famille, les haines religieuses, nationales ou raciales. Ces pratiques blessent et détruisent l’humain, et menacent notre « vivre ensemble ». Or, ce n’est pas avec des paroles toujours souriantes et diplomatiques que nous donnerons à ceux qui nous entourent une chance de changer de comportement et de faire ainsi baisser la dose de violence et de souffrance. C’est une lourde erreur d’escamoter les avertissements de Dieu envers ces Ninive. Il nous faut continuer à dire, haut et clair : « Encore quarante jours et Ninive sera perdue ».
Jonas a prêché haut et clair. Et ce message est entendu, d’une façon aussi inattendue que spectaculaire. Ninive se repent : les habitants jeûnent et se couvrent la tête de sac ; le roi se débarrasse des insignes royaux qu’il reconnaît ne plus mériter de porter. Des assyriologues, des spécialistes de l’Assyrie, ont même retrouvé des décrets du roi Assarhaddon ordonnant un jeûne de cent jours. Ninive et ses habitants vivent une authentique repentance. Et cette repentance s’épanouit en conversion : les Ninivites regrettent leur comportement passé, le proclament devant Dieu et changent en profondeur leur façon de vivre.

Nous voyons par là ce qui distingue notre conception de la repentance de celle des Ninivites.
L’Occident en général et la France en particulier se repentent sans cesse des actes sombres qui ont rythmé leur histoire : l’antisémitisme, l’esclavagisme, le colonialisme. 
Cette repentance est désormais dissociée de la conversion.
Lorsque des responsables politiques ou religieux se repentent, c’est au sujet de fautes anciennes pour lesquelles ils n’ont pas de responsabilité directe. Et cette repentance ne modifie en rien leur comportement vis-à-vis des victimes d’aujourd’hui. 
Vous mesurez la différence avec les habitants de Ninive.
Les Ninivites reviennent sur leurs fautes ; nous nous repentons pour des fautes anciennes, commises par nos aïeuls. Ils se repentent de fautes personnelles ; nous préférons revenir sur les erreurs d’un pays ou d’une civilisation, ce qui permet de diluer notre responsabilité individuelle. Les Ninivites bouleversent leur pratique ; nous nous repentons du passé pour ne pas nous interroger sur le présent. Or, il n’y a pas de repentance sans changement, sans conversion de notre vie.
Alors, pour que la repentance ne soit plus un jeu morbide ou inutile mais un chemin vers la conversion et donc de vie, il faut nous adosser sur la présence de Dieu, sur les promesses de Dieu, sur la puissance de Dieu.
Ninive s’est repentie, Ninive s’est convertie.
Il a suffit de la prédication d’un prophète craintif pour que 120.000 personnes changent de vie. C’est dire la puissance de la Parole.
Cette même Parole a conduit 3000 personnes au baptême le jour de la Pentecôte.Cette même Parole a été à l’origine de la Réforme et du Réveil du 19ème siècle. Cette même Parole ouvre encore aujourd’hui des brèches dans les murs de séparation, de violence, d'injustice.
C’est pourquoi nous devons continuer à annoncer l’Evangile.
C’est pourquoi nous ne devons pas l’édulcorer et le mettre au goût du jour. C’est pourquoi nous devons prêcher la repentance et la conversion. Le miracle de Ninive peut se produire de nouveau.
Nous pouvons désespérer de tout mais pas de l’efficacité de la Parole de Dieu.
Dernière surprise de notre texte : Dieu se repent également !
Il revient sur ses décisions ! Il ne détruira pas Ninive ! 
Alors que la plupart des religions du monde sont fatalistes, alors que des savants assurent que nous subissons l’histoire, que nous sommes déterminés par nos gènes ou notre petite enfance, le livre de Jonas nous dit que même l’Eternel change d’avis, ouvre l’avenir.
Rien n’est écrit, rien n’est prédestiné. Ni pour Dieu. Ni pour nous.
Pour lui comme pour nous, il n’y a pas de fatalité, pas d’avenir figé, pas de décision irrévocable.
L’avenir est ouvert.

Pasteur Vincent Nême-Peron


Catégorie : - SPIRITUALITE
Page lue 124936 fois


Réactions à cet article

Personne n'a encore laissé de commentaire.
Soyez donc le premier !