Texte à méditer :  

Rêver un impossible rêve
Porter les chagrins des départs
Brûler d'une possible fièvre
Partir ou personne ne part
Aimer jusqu'à la déchirure
Aimer même trop même mal
Tenter sans force et sans armure
D'atteindre l'inaccessible étoile
Telle est ma quête
Suivre l'étoile ...

  
Jacques Brel
 
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  « Le vrai travail c'est quand je cherche avec l'air de ne rien faire...chercher une idée et espérer qu'elle vienne, ça oui c'est du travaii !" René Gosscinny

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Georges BRASSENSBRASSENS1.jpg   Quand on n’a pas eu la chance de le voir sur scène, les images de la télévision nous renvoient d’abord une force de la nature, presque brutale – surtout à cause du trac. Puis le succès venant de concert avec l’âge, un homme prodigue de fraternité, souriant délicatement à ses propres saillies qui faisaient mouche et la grâce d’un regard débordant de tendresse. Un matou tranquillement suave mais prêt à sortir les griffes : « La mauvaise réputation » fleure bon cet itinéraire non-conformiste et avant tout autodidacte :

    « Les hommes sont faits, nous dit-on,
    Pour vivre en bande comme les moutons,
    Moi je vis seul et c’est pas demain
   Que je suivrai leur droit chemin… »

    Et le mythique « Gorille » justicier (longtemps interdit) nous venge de tous les tribunaux de la bonne conscience (quand on a connu à 20 ans  ceux de l’immédiate fin de la Seconde Guerre Mondiale – en particulier ces femmes cf. « La tondue », « les Deux Oncles »). Sa bataille contre le pharisaïsme ressemble fort  à la domination de l’homme sur l’homme : dans « Oncle Archibald », seule LA MORT nous libère de « tous les arracheurs de dents, tous les cafards, les charlatans ».

En Amour, souvent, la bagarre : « L’orage »

« Parlez-moi de la pluie et non pas du beau temps
Le beau temps me dégoûte et me fait grincer les dents
Le bel azur me met en rage
Car le plus grand amour qui me fut donné sur terre
Je le dois au mauvais temps, je le dois à Jupiter
Il me tomba d'un ciel d'orage… »

Qui se transforme en joyau : « La non demande en mariage » :brassens.jpg
« Ma mie, de grâce, ne mettons
Pas sous la gorge à Cupidon
Sa propre flèche
Tant d'amoureux l'ont essayé
Qui, de leur bonheur, ont payé
Ce sacrilège...
J'ai l'honneur de ne pas te demander ta main
Ne gravons pas nos noms au bas d'un parchemin
…Qu'en éternelle fiancée
A la dame de mes pensées
Toujours je pense
J'ai l'honneur de ne pas te demander ta main… »

Justement, Brassens évoque toujours ses têtes de turc, le temps qui passe, l’amour que la beauté de la « camarde » surtout : là on tangue de l’absurdité au joyeux persiflage des « Funérailles d’antan » :
« Jadis, les parents des morts vous mettaient dans le bain
De bonne grâce ils en faisaient profiter les copains
" Y a un mort à la maison, si le cœur vous en dit
Venez le pleurer avec nous sur le coup de midi... "
Mais les vivants aujourd'hui ne sont plus si généreux
Quand ils possèdent un mort ils le gardent pour eux
C'est la raison pour laquelle, depuis quelques années
Des tas d'enterrements vous passent sous le nez
Mais où sont les funérailles d'antan ?
Les petits corbillards, corbillards, corbillards, corbillards
De nos grands-pères
Qui suivaient la route en cahotant
Les petits macchabées, macchabées, macchabées, macchabées
Ronds et prospères… ».

En termes « pédagogiques » on constate que Brassens adopte l’octosyllabe se ses maîtres, Villon et Verlaine, avec comme disait ce dernier « de la musique avant toute chose » ; tout en associant plusieurs rythmes différents : on pense à sa complicité avec son contrebassiste Nicolas ! Brassens a-t-il aboutit à son essentiel ? Sa poésie vibrera toujours : « petit joueur de flûteau » qui éconduit toute velléité nobiliaire craignant que « son « la » ne se mette à gonfler…
Et s’il fallait mettre une de ses chansons en exergue (comment ? !) « Le grand chêne » s’y prêterait peut-être :
        
« Il vivait en dehors des chemins forestiers,
Ce n'était nullement un arbre de métier,
Il n'avait jamais vu l'ombre d'un bûcheron,
Ce grand chêne fier sur son tronc.
Il eût connu des jours filés d'or et de soie
Sans ses proches voisins, les pires gens qui soient ;
Des roseaux mal pensant, pas même des bambous,
S'amusant à le mettre à bout….
" Grand chêne, viens chez nous, tu trouveras la paix,
Le chêne entre ses amoureux…
« …Au pied de leur chaumière, ils le firent planter.
Ce fut alors qu'il commença de déchanter
Car, en fait d'arrosage, il n'eut rien que la pluie,
Des chiens levant la patte sur lui.
« On a pris tous ses glands pour nourrir les cochons,
Avec sa belle écorce on a fait des bouchons,
Chaque fois qu'un arrêt de mort était rendu,
C'est lui qui héritait du pendu.
« Puis ces mauvaises gens, vandales accomplis,
Le coupèrent en quatre et s'en firent un lit,
Et l'horrible mégère ayant des tas d'amants,
Il vieillit prématurément.
« Un triste jour, enfin, ce couple sans aveu
Le passa par la hache et le mit dans le feu.
Comme du bois de caisse, amère destinée !
Il périt dans la cheminée.
Le curé de chez nous, petit saint besogneux,
Doute que sa fumée s'élève jusqu'à Dieu.
Qu'est-ce qu'il en sait, le bougre, et qui donc lui a dit
Qu'y a pas de chêne en paradis ? »

(A remarquer l’effort notable de la télévision publique pour marquer l’anniversaire de sa mort à l’opposé de la radio (quelques bribes sur France Culture qui préfère le jazz)

Antoine Fignes


Catégorie : ARTICLES - POESIE
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