Texte à méditer :  

Rêver un impossible rêve
Porter les chagrins des départs
Brûler d'une possible fièvre
Partir ou personne ne part
Aimer jusqu'à la déchirure
Aimer même trop même mal
Tenter sans force et sans armure
D'atteindre l'inaccessible étoile
Telle est ma quête
Suivre l'étoile ...

  
Jacques Brel
 
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  « Le vrai travail c'est quand je cherche avec l'air de ne rien faire...chercher une idée et espérer qu'elle vienne, ça oui c'est du travaii !" René Gosscinny

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FOI et POLITIQUE (3)

d'après les Conférences d'ALAIN HOUZIAUX, pasteur

protestantsdanslaville.org/

Dieu et l'Argent

      La fameuse parabole des talents (Matthieu 24) ne justifie pas la libre entreprise et encore moins  l'économie de marché : elle explique pourquoi l'Église s’est risquée dans ses relations avec des païens (comme le premier et le deuxième serviteurs) plutôt que de se recroqueviller dans les valeurs traditionnelles de l'orthodoxie juive de l'époque (comme le troisième serviteur).

L'enseignement de Jésus-Christ sur l'argent et l'économie est sans concession :
. L'appel à vivre dans la pauvreté. « Va, vends tout ce que tu as et donne l'argent aux pauvres. »
. Pour aider les démunis, donner non seulement son superflu mais aussi son nécessaire : renoncer aux richesses.
. L'appel à remettre les dettes au sens théologique et moral, c'est pardonner et remettre les péchés. Mais Il a aussi un sens économique.

L'économie a-t-elle une légitimité théologique ?
Ou comment tenter une appréciation théologique du libéralisme économique et de l'économie de marché ?

Le Protestantisme est réputé comme père du capitalisme et du libéralisme.569px_Quentin_Massys_001.jpg
. Dès le XVIe siècle, les nations protestantes déploient leur économie mieux que les nations catholiques grâce à une vision plus mondialiste [1]. Quel rapport entre leur prospérité et leur foi ? Avec PAUL et de LUTHER, les Protestants valorisèrent la liberté et lancèrent le libéralisme économique. Mais le libéralisme s'éloigne de la liberté exprimée par la théologie de Luther.
. La « liberté » du libéralisme, jeu de la libre concurrence telle qu'on la trouve également dans le monde animal sous la forme du combat pour la vie (le struggle for life), justifierait le droit à la concurrence et à la compétition comme l'une des formes des lois de « la nature ». Ces « lois naturelles » ont été définies par Adam Smith et peut-être aussi Darwin. La théologie [2] sous-tendant le libéralisme, car Dieu choisit de révéler aux hommes leur chemin et les lois qui doivent organiser la société vers ces « lois naturelles ». Et celles-ci, pour les libéraux, aboutissent au progrès et à la fortune grâce à la Providence [3]. Ainsi, la boucle est bouclée. Enrichissez-vous et vous ferez le bien de tous. Ne pas troubler le jeu des lois naturelles.
Or, la liberté selon Luther, est le contraire de la liberté selon la nature. [4]. La véritable liberté, pour Luther, est aimer son prochain et le servir [5], à l'encontre de ses propres intérêts. Et cette liberté, bien loin d'entrer en concurrence avec celle d'autrui (libéralisme) demeure suffisamment libre vis-à-vis de sa propre « liberté naturelle » pour accepter le « droit à la liberté » de l'autre (principe fondateur de la démocratie et de la tolérance). Se savoir l'égal de l'autre et reconnaître l'autre comme son égal.
  Ainsi, la démocratie est l'institution de la vraie liberté alors que la mondialisation est le laisser-aller de la liberté naturelle. Le « darwinisme » économique peut être considéré comme une loi de la nature à « dominer » (Gen 1,26 ; Gen 4,7) à rebours de ce principe « naturel », au nom d'un principe, « surnaturel » théologique ou idéologique. La prédication évangélique et luthérienne serraient anti-naturelles.


BALANCE.jpg   Le libéralisme et l'économie de marché ont l’air de fonctionner selon les lois de la nature « struggle for life »).De là à en admettre la légitimité ?

  Rôle « spirituel » de la politique dans la démocratie : contrôler l’œuvre du « struggle for life » de l'économie. La démocratie est aussi une forme de domination des plus forts (les plus nombreux) sur les plus faibles (les moins nombreux). En apparence. Car la démocratie implique de manière incontournable le respect et la protection des minorités et des plus vulnérables. Là, elle s'oppose à l'économie de marché.
Le libéralisme et la démocratie ne font pas forcément bon ménage.

 _____________________________________

[1] Comment expliquer que les protestants du XVI° siècle aient réussi en affaires ? Alain Peyreffite avance quatre raisons :
- Les protestants accepteraient la nouveauté alors que les catholiques resteraient « rivés » au respect des traditions.
- Les protestants auraient admis le commerce avec des étrangers et des non chrétiens, au contraire des catholiques qui auraient refusé de commercer avec les hérétiques et la païens.
- Les protestants auraient développé le sens de la responsabilité individuelle, alors que le catholicisme aurait le sens de la hiérarchie qui annihile la responsabilité individuelle.
- Les protestants auraient le sens de la traduction des valeurs religieuses en valeurs profanes. Ainsi pour reprendre les trois vertus théologales (foi, espérance, charité), la foi en Dieu aurait été traduite par la confiance en l'homme, l'espérance par le sens du risque et l'amour par l'acceptation de la cohabitation et de l'association avec autrui.
Cf. Alain Peyreffite dans son livre « La société de confiance ».
 [2] En particulier, la théologie protestante du XVII° siècle était, sur ce point, plutôt l'héritière de la « théologie naturelle » des scolastiques que de la pensée de Luther et de Calvin.
 [3] Adam Smith, citant Mandeville in « Recherche sur la nature et les causes des richesses des Nations ».
 [4] Pour Luther, la nature est fondamentalement pécheresse parce qu'elle est recourbée sur elle-même, « incurvatus in se », Luther, Oeuvres, Tome XII, page 114, Genève, Labor et Fides.
 [5] Luther introduit son « Traité de la liberté chrétienne » par ces deux propositions qui ne forment un paradoxe qu'en apparence : « Le chrétien est l'homme le plus libre ; il est maître de toute chose, il n'est assujetti à personne. Le chrétien est en toute chose le plus serviable des serviteurs ; il est assujetti à tous ».


Catégorie : ARTICLES - ACTUALITE
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Réactions à cet article

Réaction n°1 

par hypothese le 04/04/2013 @ 18:34
Là où est ton cœur, là aussi est ton trésor.  Un homme ne peut servir 2 maitres.
je suis d'accord avec la définition de la liberté selon Luther nous n'avons pas encore de démocratie. Mais je suis certaine que Jésus a été un parfait démocrate, et que nous avons à considérer tous nos contemporains comme ayant même vocation à la liberté et à s'exprimer. Disons que le libéralisme et la démocratie conviennent aux gouvernants quand ils sont convaincus que nous sommes inertes (des veaux)