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"On ne voit bien qu'avec le coeur, l'essentiel est invisible aux yeux..."

Antoine de Saint Exupéry

  

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HISTOIRE - BIOGRAPHIE

BIOGRAPHIE – MON AMOUR !
ou de la difficulté de choisir bonne « une bio »

     Équilibrer le trop de commémoration du passé qui opère le déni ? L’Holocauste, inexorablement est incontournable. A l’opposé, la France a longtemps évacué le Régime de Vichy, comme les espagnols, Franco. Pourtant un pays incapable de regarder son passé en face et le mettre en bonne place dans l’enseignement de ses enfants, ne progressera pas.  
   
    En revanche, les BIOGRAPHIES fleurissent tel le chiendent dans les librairies comme au grand ou au petit écran. Palliatif ? Refuge ? Pourquoi pas la nostalgie du grand maître du roman historique : Alexandre DUMAS ? En revanche, des effluves révisionnistes soufflent sur ces soi-disant reconstitutions historiques : en tapinois,  on rend fréquentables les personnages nauséeux de l’Histoire en attirant les foules avec une Meril Streep (Margaret Thatcher) ou Léonardo DiCaprio en Hoover
« …Et pas une femme n'a sur les mains                303px-Eugene_Delacroix_-_La_liberte_guidant_le_peuple.jpg
Le sang des indiens d'Amérique
Palestiniens et Arméniens
Témoignent du fond de leurs tombeaux
Qu'un génocide c'est masculin
Comme un SS, un torero
Dans cette putain d'humanité
Les assassins sont tous des frères
Pas une femme pour rivaliser
A part peut être Madame Thatcher…. » Miss Maggie
(Renaud Séchan / Jean-Pierre Bucolo)

      
  Une réflexion s’impose, celle de Paul Ricœur dans sa somme,
« La Mémoire l’Histoire et l’Oubli » : « L’idée d’une politique civique de la juste mémoire est à cet égard un de mes thèmes avoués ».
La mémoire, ses singularités : l’exemple de Marc Bloch sur la difficulté de l’historien de trier les témoignages contradictoires sur un seul fait patent et se déjouer du le cheminement ardu dans le labyrinthe des archives
pour mettre au point les méthodes scientifiques de l’Histoire. Méditation sur l’oubli : interprétation de la condition historique des humains que nous sommes. En épilogue, le pardon: sorte d’eschatologie de la mémoire sur le mode conditionnel : vœu d’une mémoire heureuse et apaisée.

426px-Marie_Antoinette_Adult4.jpg  A contre-courant, la vogue de ces BIOGRAPHIES s’enracine sur  le culte de la personnalité de longue date : aujourd’hui chacun, notable ou roturier, brûle d’immortaliser son passage sur cette terre et moult « conseils en écriture » y pourvoient…
L'auteur tend à imposer l’optique favorable à son sujet. Le lecteur peut s'abandonner à une empathie envers un personnage ou une époque sinon une idéalisation ! Tels sont les dangers inhérents.
     Car la biographie a trop tendance à se focaliser sur un acteur.
Or, comment comprendre la Révolution Française de 1789 si on ignore les conjonctures insupportables : parallèlement aux splendeurs du « Roi Soleil » (Louis XIV): « L’ont voit certains animaux farouches, des mâles et des femelles, noirs, livides et tout brûlés du soleil, attachés à la terre qu’ils fouillent et qu’ils remuent avec une opiniâtreté invincible ; ils ont comme une voix articulée, et, quand ils se lèvent sur leurs pieds, ils montrent une face humaine ; et, en effet ce sont des hommes… »  La Bruyère. Et  Beaumarchais dans « Le mariage de Figaro » :« …Parce que vous êtres un grand seigneur vous vous croyez un grand génie ! Noblesse, fortune, un rang des places, tout cela rend si fier ! qu’avez-vous fait pour tant de biens ? Vous vous êtes donné la peine de naître et rien de plus. Du reste, homme assez ordinaire ; tandis que moi, morbleu ! perdu dans la foule obscure, il m’a fallut déployer plus science et de calculs, pour subsister seulement, qu’on en a mis depuis cent ans à gouverner toutes les Espagnes… ».
   
      Type même d’une objectivité inaccessible : la mode de la reine Marie-Antoinette (1755–93) qui fit les suprêmes délices de Versailles et mourut sur l’échafaud. Quoi de plus alléchant ? ! [ D’autant qu’on paye fort cher, sur place, la visite du « le Domaine de la Reine »]  ! On flatte le public friand de secrets d’alcôve (et il y en eut !). Chimères fétichistes : rumeur de sanctification avec son époux Louis XVI ?
Eh bien ! parmi les tonnes d’ouvrages plus ou moins improvisés, seul, son compatriote l’autrichien Stefan Zweig constitue une référence : en ami de Freud, il se base sur une solide psychologie pour essayer de comprendre cette « tête à vent » comme disait sa mère, l’impératrice Marie-Thérèse d’Autriche (1717-80). Et sa conclusion : la dernière reine de France a été la maîtresse d’Axel von Fersen…
Cependant Stefan Zweig dépasse l’anecdote. Marie-Antoinette et Louis XVI ont été passibles de haute trahison en appelant les autres royaumes à leur secours – donc à se battre contre leurs compatriotes !  Nonobstant la mentalité des rois de l’époque, leur pouvoir venant de Dieu, ils n’avaient pas conscience de cette « trahison ».1004871-Bonaparte.jpg
   
    Quant à Napoléon ! La légende que l’empereur s’est lui-même forgée dans ses fameux « Mémoires » de Sainte-Hélène a été heureusement disqualifiée.
Les historiens – formés par MARC BLOCH(Anales) - dont l’un des meilleurs représentants est Georges Duby – ont appris à se défier des « Mémoires » illustres : ne serait-ce que depuis les plus anciennes et les plus, glorieuses : Jules César ! ses « Les Commentaires sur la Guerre des Gaules » restent un modèle du genre (52 av. J.-C.) rédigées en réponse aux attaques et aux intrigues de ses adversaires ! malgré l’apport d’informations importantes, déjà la propagande !
Le grand spécialiste de Napoléon, Jean Tulard a écrit, dés 1964 « L'Anti-Napoléon, la légende noire de l'Empereur ». Il démontre, par exemple, le brio du Premier Consul dans l’élaboration de sa propre publicité : à une époque où les militaires regorgent de fanfreluches dans leur accoutrement, Napoléon semble se contenter d’un simple costume de caporal. Résultat : on ne voit que lui au milieu des falbalas outranciers de ses maréchaux ! Plus ! l’éclatant tableau du sacre, entièrement composé par l’empereur lui-même, le peintre David n’étant que l’exécutant : Madame mère (Laetitia Bonaparte) trônant alors qu’elle n’y assista pas
… et pour ceux qui ne l’auraient pas remarqué, en bas de l’immense tableau, Talleyrand regarde la scène avec un profil ironique à souhait !
Pour rétablir les faits stricts, le mythe napoléonien est né au sein de ses anciens soldats mis en « demi-solde » par la RESTAURATION des deux frères de Louis XVI après Waterloo. En effet, Louis XVIII et Charles X, (qui avaient comploté contre leur frère aîné avant la Révolution de 1789) déclenchèrent la Terreur Blanche contre révolutionnaire de 1815 à 1830 et Charles X, si libertin, osa aller se faire sacrer à Reims !

Ces précisions nous prouvent la délicatesse de l’étude biographique.


Antoine Fignes


Date de création : 14/03/2012 @ 09:36
Dernière modification : 09/08/2012 @ 09:29
Catégorie : HISTOIRE
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