Texte à méditer :  

Rêver un impossible rêve
Porter les chagrins des départs
Brûler d'une possible fièvre
Partir ou personne ne part
Aimer jusqu'à la déchirure
Aimer même trop même mal
Tenter sans force et sans armure
D'atteindre l'inaccessible étoile
Telle est ma quête
Suivre l'étoile ...

  
Jacques Brel
 
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  « Je relis Les Caractères, si claire est l’eau de ces bassins qu’il faut se pencher longtemps au-dessus pour en comprendre la profondeur » André Gide

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FOI et POLITIQUE (fin)

d'après les Conférences d'ALAIN HOUZIAUX, pasteur

protestantsdanslaville.org/

TIERS-MONDE 

L’aide au Tiers Monde cache d’intrigantes vérités :

 plantuafrique.jpg                 La « pauvreté » du Sud résulte du système économique que les pays riches lui imposent. Contrairement à ce que l’on croit, les pays riches s’enrichissent grâce à cette « aide » en non l’inverse !
            
Les investissements du Nord dans le Sud reviennent multipliés : en 1900 l’écart entre pays riches et pays pauvres, était 5 à 6 fois supérieur pour le Nord ; aujourd’hui il est 80 fois environ. Lorsque le Nord épaule le Sud, il l’oblige souvent à acheter les produits occidentaux, même s’il n’en a pas besoin. Or, le remboursement des dettes du Tiers Monde auprès des institutions mondiales (FMI et Banque Mondiale), du secteur privé et des États se fait en devises étrangères. De plus, les exportations vers les pays riches, sont alourdies par des taxes douanières : 1 dollar de dépannage leur en fait perdre 14 !
           Avec la corruption, le tiers des impôts prélevés par les États africains est détourné vers les banques européennes et les paradis fiscaux (la moitié de leur dette). Et remarquons, au passage, le peu d'empressement que les pays du Nord mettent à épauler les pays du Sud dans la lutte contre cette corruption !
                  
          La parabole de l’intendant malhonnête (Luc 16, 1-8)et les relations Nord Sud :Zambie-Le-Come-Back-de-la-Banque-Europeenne.jpg
L’intendant d’une propriété doit regagner les fermages dus à son patron (il risque le renvoi). Stratégie surprenante : il diminue, de manière semble-t-il malhonnête, le montant des produits à recouvrir auprès des métayers. Et, son patron le félicite ! Lorsqu’il perçoit un fermage, l’intendant a, en sus, de ce qui est dû à son patron et récolte une part pour son travail. En abaissant ce que lui doivent les métayers, il s’en dessaisit : les métayers sont contents (ils versent moins), le patron est content (il touche enfin ses fermages) et l’intendant conserve son emploi. En renonçant à sa part de fermage, il annule la dette des fermiers. Original : cette remise de dette n’est pas destinée à sauver les débiteurs (les fermiers), mais les créanciers (l’intendant et le patron).
    
L’Évangile aurait-t-il des vertus économiques et politiques ?
Dans leur propre intérêt, les pays riches devraient cesser de s’enrichir sur le dos des pays pauvres. Les pays riches du Nord devraient agir de même : renoncer à leurs créances auprès des pays pauvres du Sud. Évitant ainsi une crise dans les pays pauvres qui handicaperait leurs exportations et les importations qu’ils reçoivent d’eux. Les pays riches et pays pauvres ont autant besoin les uns des autres.

    Cette question de la relation NORD/SUD conduit à la situation et droits de l'étranger, dans les pays du Nord.
ChristG.jpg    Jusqu'où un pays peut-il reconnaître un droit spécifique à un étranger résidant sur son propre sol ? le foulard, la bigamie, l'excision ? A partir de quand cette différence devient-elle inacceptable ? Doit-on appliquer aux étrangers qui résident en France le droit du pays d'accueil (celui de la République) ou peut-on accepter que, dans certains cas, ils puissent relever du droit de leur pays d'origine ? assimilation ou d'intégration : on considère que tous ceux qui résident en France doivent être soumis, comme les Français, au droit français ou on préconise le droit à la différence.

L'accueil des étrangers dans la Bible et dans l'Église du Nouveau Testament :
La nation juive acceptait sur sa terre des étrangers. Les Israélites devaient avoir une sollicitude particulière comme pour les « économiquement faibles ». Les étrangers bénéficiaient des « allocations » pour déshérités (cf. Deutéronome. 14, 28) sans avoir pour autant à payer les impôts religieux et civils.
     La première Église chrétienne composée de juifs convertis au Christ, étaient circoncis comme Lui et mangeaient kascher. De nombreux étrangers, des païens, demandèrent à faire partie de l'Église, mais ils avaient leurs propres coutumes (ils n'étaient pas circoncis, ils mangeaient du porc).
      Pour mieux intégrer les étrangers, faut-il leur demander de respecter la loi française ? Ou au contraire faut-il accepter qu'ils aient des droits différents des nôtres ? Dans la première Église chrétienne, on balance entre faire plier les étrangers aux lois en vigueur. D'autres disent : on ne transige pas avec l'hospitalité, on accueille les gens comme ils sont. Il faut être juif avec les juifs et païen avec les païens. Et les païens sont accueillis sans qu'ils aient l'obligation de se soumettre aux règles de l'Église ! (l'Église abandonne la circoncision et de la nourriture kasher)
   L'égalité de tous devant la loi implique que tous soient soumis de la même manière à la loi du pays d'accueil : si les étrangers veulent venir chez nous, ils doivent à tout le moins se soumettre à nos lois. Pourtant, on doit respecter les minorités. Plus encore au nom de la séparation des Églises et de l'État !
    La République française peut-elle tolérer et même avaliser, chez les étrangers, une forme d'objection de conscience et de désobéissance par rapport à la loi française ? Cette question ne concerne d'ailleurs pas seulement les étrangers, mais aussi les Français qui, pour des motifs de conscience ou de religion, peuvent refuser des vaccinations, les transfusions sanguines et, hier, le service militaire.
     Le droit à la différence ?
Si nous considérons que le port du foulard, la polygamie et l'excision sont une offense aux valeurs universelles, nous avons le droit de les interdire. La laïcité, la monogamie et la condamnation des mutilations accompagnant les initiations ne constituent-elles pas des valeurs universelles ?
       Jusqu'où peut aller le pouvoir d'ingérence de l'État dans la vie privée ? Le droit français exclut de sa compétence certains comportements et activités relevant de la conscience individuelle. Il reconnaît l'objection de conscience, c'est-à-dire le droit de ne pas obéir à la loi générale pour des motifs moraux ou religieux.
Allons-nous soumettre à la loi française (votée par les seuls citoyens français) ceux qui ne sont pas citoyens français ?
Les étrangers sont-ils assimilés à des mineurs ? Il serait logique que, sur le sol français, les lois de la République française relatives au « sol » (propriété...), aux biens, aux relations patrimoniales entre les personnes, aux relations avec l'État (impôts, prestations familiales) soient applicables à tous, français ou étrangers. Mais il serait également logique que les étrangers, pour le droit des personnes (mariage, divorce, adoption, exigences religieuses et de conscience), soient soumis au droit de leur pays d'origine, même sur le sol français, pour autant que cela ne contrevienne pas à l'ordre public.
             Les juridictions internationales offrent un lieu pour résoudre ces antagonismes entre le droit du sol (du pays d'accueil) et le droit du sang (du pays d'origine) : leur rôle est de les analyser et d’y apporter une solution (droits universels et ceux particuliers et spécifiques à une population donnée).
"L'Eglise doit sortir de sa stagnation. Il nous faut respirer au grand air de la confrontation spirituelle avec le monde" Dietrich BONHOEFFER


Cécile Sorel


Catégorie : - ACTUALITE
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