Texte à méditer :  

Rêver un impossible rêve
Porter les chagrins des départs
Brûler d'une possible fièvre
Partir ou personne ne part
Aimer jusqu'à la déchirure
Aimer même trop même mal
Tenter sans force et sans armure
D'atteindre l'inaccessible étoile
Telle est ma quête
Suivre l'étoile ...

  
Jacques Brel
 
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  « Je relis Les Caractères, si claire est l’eau de ces bassins qu’il faut se pencher longtemps au-dessus pour en comprendre la profondeur » André Gide

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ENFANTER OU CRÉER ?

Les femmes ont été souvent bannies des arts – tous les arts !
Certes, Madame Vigée-Lebrun, (1755-1842) semble en vedette grâce à la protection de la reine Marie-Antoinette. Son exigeante curiosité pour s’instruire auprès des maîtres, car un don s’approfondit. « On pourrait exactement me comparer à l’abeille tant j’y récolte de connaissances... »
Les femmes ne seront admises à l'École nationale supérieure des beaux-arts de Paris qu'à partir de 1897 : elles n'ont droit qu'aux modèles vêtus et passent des concours différents des hommes. Ce n'est qu'en 1900 que les Beaux-Arts de Paris acceptent les élèves féminines sans restrictions.

358px-Artemisia_Gentileschi_Selfportrait_Martyr.jpgArtemisia Lomi Gentileschi (1593-vers 1652) (1) qui poursuivit la sereine justesse du dessin de son père Orazio y ajoutant une intensité épique recueillie du Caravage et chargée de ses éclats intimes. Elle s’imposa comme peintre de cour sous le patronage des Médicis et de Charles Ier d'Angleterre. Initiatrice du Baroque, première femme à représenter l'histoire et la religion en un temps où ces idées élevées étaient censées ne pas atteindre un esprit féminin. Son autoportrait révèle une maîtrise accomplie de l'art.
Révélée en 1916 par l’essai de Roberto Longhi, éminent critique, « Gentileschi père et fille », rétablit l'intérêt sur la stature artistique d'Artemisia Gentileschi dans le cercle des caravagesques de la première moitié du XVIIe siècle :
"l'unique femme en Italie qui ait jamais su ce que voulait dire peinture, couleur, mélange, et autres notions essentielles…"

                  Berthe Morisot (1841-1895) (2). Élève de Corot, en 1868, elle rencontre Édouard Manet (qui exécutera 14 portraits d’elle) dont elle épouse le frère, Eugène.
Berthe Morisot sera la seule, avec Camille Pissarro, qui présenta ses tableaux à toutes les expositions impressionnistes (sauf celle de 1879 année de la naissance de sa fille). On s’attache volontiers à cette facture qui semble saisir l’intemporel – d’où le reproche d’effleurer l’artificiel « jeune femme en gris étendue » ou les nombreuses toiles de sa fille. « J’ai toujours eu la sensation du gouffre » écrit-elle dans son journal. Au-delà d’une soi-disant mièvrerie on lit une réelle angoisse que traduit la perception d’un suspens ébauché, enjolivé par sa floraison surannée. 
«…le rose, le vert pâle, la lumière vaguement dorée, chantent avec une harmonie inexprimable. Nul ne représente l’impressionnisme avec un talent plus raffiné, avec plus d’autorité que Mme Morisot. » Gustave Geoffroy (1881).

Car la plus part des artistes femmes seront, comme Berthe Morisot, dans l’entourage de peintres célèbres :
180px-Cassatt_Mary_The_Young_Mother_Mother_Berthe_holding_her_baby_c__1900.jpg      Mary Cassatt est l’amie de Degas. On agrafe d’elle une personnalité périphérique au groupe impressionniste, pourtant c’est la génération qui lui succède, contemporaine de Toulouse-Lautrec, Gauguin ou Vuillard.
     Marie Bracquemond épouse de Félix Bracquemond, graveur, voit son talent reconnu par Degas, Sisley, Manet, mais son œuvre est rarement signalée.
         Rosa Bonheur, issue d’un milieu modeste trouve son style dans la peinture animalière mais y excelle. « Elle peint comme un homme »…
         Marie Petiet fut certainement une des seules femmes peintres reconnue au XIXe siècle pour son travail personnel, élève d'Hector Leroux et de Jean-Jacques Henner, elle excelle dans l'art du Portrait et les scènes de la vie provinciale de son Aude natale.
Il faut attendre le XXe siècle, et plus encore la seconde moitié du siècle, pour voir les femmes se320px-MatraM530_SoniaDelaunay.jpg dédier à la peinture en abordant tous les sujets sans que cela fasse scandale.
Mais là encore, Suzanne Valadon est d’abord la mère d’Utrillo ; Sonia Delaunay est d’abord l’épouse de Robert Delaunay. De même on parle des frères Duchamp en oubliant leur sœur Suzanne qui a pourtant influencé son mari.

Niki de Saint Phalle, (née Catherine Marie-Agnès Fal de Saint Phalle), (1930-2002) plasticienne, peintre, sculptrice et réalisatrice de films. D'abord chanteuse ne suivit pas d'enseignement artistique. Cependant en 1961, elle fait partie des
« Nouveaux réalistes », avec Gérard Deschamps, César, Mimmo Rotella, Christo et Yves Klein. Elle a été l'épouse de l'artiste Jean Tinguely. « Les Tirs », drôles de machines : on pointe à la carabine sur des sachets de couleur, aspergeant des agrégats de plâtre, la rendent célèbre. Arbitre entre les avant-gardes française et américaine, elle crée des ex-voto,  Les « Nanas », femmes plantureuses et colorées en grillage, papier mâché et polyester. Avec Jean Tinguely ils composent « le Cyclop » à Milly-la-Forêt, « la Fontaine Stravinski » à Paris, « la fontaine de Château-Chinon » (Ville) et « le Jardin des Tarots » en Toscane. Inspirée par le Parc Güell de Gaudi à Barcelone, elle réalise à partir de 1979, ces sculptures monumentales (figures du jeu de tarots.) Quant à la Grotte du Grand Jardin Herrenhäuser de Hanovre - Exposition 2000 - Niki la métamorphose en une œuvre d'art. Trois pièces décorées de mosaïques : l'aile gauche recouverte de miroirs blancs, l'aile droite des morceaux de verres bleu nuit et noir, et la pièce centrale - par laquelle on entre - ornée de bande de galets de nuances multiples. Toutes les mosaïques sont bardées de figurines sur La Vie ; les spirales :l'entrée de la Spiritualité ; les miroirs blancs (40 gravures) les périodes de l'artiste : l'aile bleue La Nuit et le Cosmos. Des figurines féminines dansent dans le ciel et s'accrochent aux étoiles. Les fenêtres et portes de la grotte sont des grilles incrustées de verreries…

"Autoportrait " : Artemisia Gentileschi /" "Mère et enfant" : Mary Cassatt / " Décoration" : Sonia Delaunay

Anne-Flore Urielle


Catégorie : - ART
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