Texte à méditer :  

Rêver un impossible rêve
Porter les chagrins des départs
Brûler d'une possible fièvre
Partir ou personne ne part
Aimer jusqu'à la déchirure
Aimer même trop même mal
Tenter sans force et sans armure
D'atteindre l'inaccessible étoile
Telle est ma quête
Suivre l'étoile ...

  
Jacques Brel
 
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  « Le vrai travail c'est quand je cherche avec l'air de ne rien faire...chercher une idée et espérer qu'elle vienne, ça oui c'est du travaii !" René Gosscinny

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JEAN VILAR, (1912 - 1971)

LogoTNP.jpgOriginaire de Sète, estimé comme le père du travail théâtral contemporain 

1951, sur l’initiative de René Char, la Semaine d'Art contemporain, à Avignon, devient « FESTIVAL » : Jean Vilar le dirigera jusqu'à sa mort en 1971.

 1952 Nommé par Jeanne Laurent directeur du Palais de Chaillot, il rend au lieu son nom d'origine, « THÉÂTRE NATIONAL POPULAIRE » - TNP, créé par Firmin Gémier en 1920. La première représentation du TNP à Chaillot, « L'Avare » (Molière), inaugure une impressionnante série de créations : en 12 ans l’enthousiasme festif ne se démentira pas et la troupe visitera plus de 30 pays étrangers.jean-vilar-richard2-1947.jpg


  Dès 1945 Jean Vilar disait : « Il s’agit de simplifier, dépouiller ». Eliminer: « Tous les moyens d’expression qui sont extérieurs aux lois pures et spartiates de la scène ». Le spectacle devient « l’expression du corps et de l’âme de l’acteur » - car « le poète aura le dernier mot ». Héritier de Copeau, l’esthétique fusionne avec l’éthique. En 1960 dans « Mémorandum » : « Notre tâche est d’éveiller par le moyen des grandes œuvres théâtrales, à la compréhension des êtres et des choses de ce monde » : « Un public de masse, un répertoire de haute culture, une régie qui n’embourgeoise pas, ne falsifie pas les œuvres ». Ce qui transcende les représentations chez Renault !

  1959 Vilar ouvre une seconde salle pour le TNP, le Théâtre Récamier, pour les auteurs contemporains : Armand Gatti, René de Obaldia, Boris Vian, Robert Pinget et Samuel Beckett… « La Paix » d’Aristophane qui traite du pouvoir personnel (joué en 1961 au moment de la guerre d’Algérie et de l’arrivée au pouvoir du général de Gaulle) ; « Arturo Ubi » de Bretch et les pièces de J. P Sartre en tête.

  177px-Gerard_Philipe_Warsaw_National_Theatre_1954.jpgAu surplus, pour la cohorte des « festivaliers » et des annales mémorisées, le TNP et Avignon ce sont dotés d'une étoile filante : Gérard Philipe : « Le Cid », puis « Le Prince de Hombourg » d'Heinrich von Kleist etc. Ce qu’on sait moins c’est l’impulsion de refus au départ : « La tragédie ? mais voyons, je ne suis pas fait pour ça ! ». Plus tard, Gérard Philipe s'en est expliqué : « Le Cid » était un emploi qui me paraissait inaccessible étant donné qu’au Conservatoire on  m’avait appris à faire la distinction entre les classes de tragédie et les classes de comédies. J’avais, bien sûr, joué « Caligula » (1937 première consécration), mais c’était une prose moderne, familière, si j’ose dire. Les préoccupations du personnage, bien que neuves, étaient en même temps enracinées chez ceux de ma génération, car Camus répondait exactement à nos troubles. « Le Cid », lui, me paraissait lointain ». Anne Philipe, l’épouse de Gérard (qui écrivit un livre sublime, « Le temps d’un soupir » après la mort de ce dernier), précisera : « Dans le travail, il disait toujours « non » d’abord quand se présentait quelque chose d’important. Peut-être parce qu’il avait peur ou parce que effectivement ça n’était pas venu à sa pensée et qu’il en avait tout d’un coup un choc… » [Gérard Bonnal, biographe de Gérard Philipe, ajoute « dans le travail ou la vie privée »]. Toujours le commentaire d’Anne Philipe : « Ce qui est important lui déplait d’abord, ce qui va l’assujettir et lui permettre de s’accomplir excite d’abord en lui la turbulence d’un jeune animal rétif à se laisser apprivoiser, la révolte élémentaire d’un sang vif et déconcerté… ». Bonnal renchérit : « Et que résume d’une autre manière Madame René Clair : « Il reculait devant la chose qui était évidente, devant « Le Diable au corps », devant Rodrigue, devant « Lorenzaccio ».gc3a9rard-philipe-en-compagnie-de-jean-vilar-fondateur-du-festival-davignon.jpg
C’est exactement pour cette pièce de Musset que le jeune Maurice Jarre, engagé comme directeur de la musique, composera sa plus fameuse fanfare !
  En 1987 « Le Monde » sortait un numéro spécial sur les 40 ans du FESTIVAL D’AVIGNON et Collette Godard écrivait : « Le Festival d’Avignon est unique au monde… ce n’est pas la seule entreprise artistique née des ruines de l’après-guerre… portrait moral de J. Vilar, rêve d’un théâtre de la lucidité qui répondrait à l’urgence de l’époque… On cherche les traces de la légende. On commence à comprendre comment et pourquoi elle s’est fabriquée en regardant les distributions : Jeanne Moreau, Maria Casarès, Robert Hirsch, Alain Cuny, Daniel Sorano, Philippe Noiret, Georges Wilson et tant d’autres et Gérard Philipe. Si avec ça on ne rêve pas !… Le Festival d’Avignon est unique parce que le site est unique… Au-delà des spectacles qui se jouent, du pittoresque bien rodé des rues festivalières, l’histoire est là et ses mystères. »
    Avec Jean Vilar l’art dramatique s’est métamorphosé en une page fascinante qui a captivé ses contemporains et demeurera historique.
  Certes, il faut savoir s’adapter et accepter « la modernité » ! Pourquoi cette magie est-elle si souvent absente aujourd’hui ? Parce que Jean Vilar se considérait comme un austère artisan dont la vocation était de susciter chez tous un lyrisme exaltant.Bien des metteurs en scène d’aujourd’hui l’ont, sans doute, oublié, peut-être trop préoccupés par leur égo : ils semblent parfois nous abuser en édictant leurs phantasmes glauques… Quant aux acteurs, ils ont sans doute toujours quelque train à prendre lorsqu’on entend leur élocution et qu’on jauge leur maintien cavalier…

Anne-Flore Urielle


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