Texte à méditer :  

Rêver un impossible rêve
Porter les chagrins des départs
Brûler d'une possible fièvre
Partir ou personne ne part
Aimer jusqu'à la déchirure
Aimer même trop même mal
Tenter sans force et sans armure
D'atteindre l'inaccessible étoile
Telle est ma quête
Suivre l'étoile ...

  
Jacques Brel
 
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  « En lui était la vie et la vie était la lumière des hommes" évangile de Jean

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REVIVIFIER L’HUMANISM1

L’auteur : « François Brune » est en effet un nom d’auteur que je me suis donné en 1973. Après 35 ans d’écriture et de parutions diverses… Une réflexion autocentrée n’est pas nécessairement égocentriste … j’espère éclairer les questions que l’on se pose parfois sur le « pourquoi » et le « pour quoi » de l’acte d’écrire…. J’essaierai donc de ne pas tomber dans le piège du « mentir-vrai », mon objectif demeurant de préciser d’où je parle, et comment j’ai été amené à le faire. Dans cette perspective, je n’oublie pas les trois piliers de ma démarche : méditer, transmettre et militer, au nom d’un humanisme d’inspiration spirituelle où les Lumières se conjuguent avec la double tradition judéo-chrétienne et gréco-latine. ( les habitués de ce site trouverons dans "REFLEXION" l'article "Avoir ou être" consacré à l'un des ouvrages essentiel de François Brune, "LE BONHEUR CONFORME°

     Michelange.jpgS’il y a quelque chose qui m‘exaspère, c’est d’entendre des intellectuels engagés, et souvent bien engagés, faire le procès de l’humanisme dont ils sont eux-mêmes pétris. S’ils pointent avec justesse les multiples déviations (bourgeoises, prométhéennes, marxistes) qui se sont couvertes de ce noble mot, ils ont grand tort d’abandonner le mot à ceux qui l’ont trahi. Je viens ici revendiquer l’humanisme comme foi philosophique bien nécessaire à la défense et à l’émancipation de l’homme, de l’homme contemporain, « de tous les hommes et de tout l’homme » selon l’expression de je ne sais plus quel pape, même si ce que disent les papes est loin d’être toujours parole d’évangile…

Quel est le fondement de l’humanisme ? Historiquement, il s’agit d’un vaste mouvement de pensée et d’essor de la culture, qui s’est manifesté à la Renaissance. Mais cette féconde manifestation ne fut pas un épiphénomène.

C’était l’aboutissement de la double tradition gréco-latine et judéo-chrétienne, qui place à la base de notre civilisation les deux préceptes que l’on ne médite jamais assez : « Je suis homme, et rien de ce qui est humain ne m’est étranger » (TÉRENCE) et « Tu aimeras ton proche comme toi-même » (JÉSUS-CHRIST). Notons que Jésus, en reprenant ce commandement biblique, l’étend au-delà de nos « proches », puisqu’il nous invite à aimer aussi nos « ennemis ». Il s’agit de respecter en l’autre l’essence de l’Humanité, y compris lorsqu’on s’oppose à lui au nom de cette Humanité. Il s’ensuit que ces formules ne prescrivent pas seulement des attitudes qui seraient affectives ou compassionnelles. Elles appellent bien à une reconnaissance, en l’Autre, de sa qualité d’être humain (à l’image de soi-même). Elles s’accordent parfaitement au précepte socratique Connais-toi toi même, lequel signifie en profondeur : « Reconnais-toi comme humain parmi les humains, dans ta valeur et tes limites ». Il va de soi que cette reconnaissance de l’humain débouche sur un engagement altruiste envers chaque être pris isolément (du plus proche au plus éloigné) et envers tous les hommes considérés collectivement (groupes, « classes », ethnies, etc.).

 Aimer, c’est aider, c’est donner à chacun le goût de la vie et la confiance en son inestimable valeur, respecter et comprendre les autres dans toute leur dignité, désirer les rendre plus libres et plus conscients, favoriser la justice entre eux, exhorter le génie humain à créer, à poursuivre sans fin la quête de la pensée, tout en rappelant sans cesse l’homme àrose.gif l’humilité de sa condition.

 Aimer, c’est contribuer à humaniser l’homme dans toutes ses dimensions, dans tous ses âges. C’est tenter de le rendre toujours plus humain. En commençant par le travail sur soi, sur cet être humain que l’on est soi-même, et qui doit faire honneur à l’Humanité : « Il n’est rien si beau et si légitime que de faire bien l’homme et dûment » dit MONTAIGNE.

L’ambiguïté de l’humanisme (qui peut partiellement expliquer ses déviations), c’est qu’il est en même temps une foi arbitraire et un programme éthique. Une foi arbitraire, une convention, un postulat, que certains récusent en désespérant de l’espèce humaine et de ses turpitudes historiques (ses génocides, ses guerres, qui sont autant de suicides collectifs). Et un programme éthique (celui de la déclaration des Droits et des Devoirs de Homme par exemple), dont la mission est de faire en sorte que chaque être humain accomplisse son potentiel, devienne « plus humain ». D’où le rôle essentiel donné par les humanistes à l’éducation, qui fait dire à ÉRASME qu’on ne naît pas homme, mais qu’on le devient. Ainsi, c’est toujours plus au moins au nom de ce qu’il peut devenir que l’humaniste croit en l’homme, en dépit des tristes spectacles que n’a cessé de donner l’Humanité au cours de l’histoire. L’humaniste lucide sait bien que lui-même, chaque matin, doit renaître à sa propre humanité. Cultiver l’humanité, en soi et autour de soi, implique une lutte quotidienne, surtout quand – avec l’âge – émerge la tentation de se reposer en un désespoir tranquille…

 9bee64ae260efd8bae8a6559815f11fd_h.jpg Aussi les trahisons de l’humanisme sont-elles constantes.

Sa première contrefaçon est celle de l’humanisme bourgeois : il est trop facile d’aimer l’homme à distance, de s’offrir les saveurs d’une bienveillance passive et sirupeuse, tout en profitant des injustices structurelles dont bénéficie la classe à laquelle on appartient. Trop facile de célébrer l’Homme abstrait en exploitant (in)directement l’homme concret. À ces faux humanistes, il est toujours bon de rappeler l’impératif suprême de KANT : « Agis de telle sorte que tu traites l’humanité, aussi bien dans ta personne que dans la personne de tout autre, toujours en même temps comme une fin et jamais simplement comme un moyen ». On se méfiera donc de tous les notables en mal de pouvoir qui crient leur « humanisme » pour se faire élire, et de tous les jésuitismes qui justifient l’injustifiable en prétendant servir « l’homme » (la guerre, l’esclavage, le colonialisme, la « question », le « capital », et j’en passe…) Mais ces tristes contrefaçons ne doivent pas nous conduire à renier cet humanisme trahi par ses faux dévots... (à suivre)

                  Bruno Hongre (François Brune) pour Anne-Flore Urielle   (1 - Michel-Ange (Chapelle Sixtine) 

Ainsi est née l’AFBH, sigle qui résume le libellé de notre association, Humanisme et littérature engagée : « Association des Amis de François Brune / Bruno Hongre ». Association qui gère les Éditions de Beaugies, dont ce site sera la vitrine. Après plus de quinze publications, je veux encore croire à ma vocation d’écrivain : c’est-à-dire à ma capacité d’écrire et au « Sens » de ce que je « veux dire ». Mes amis les plus fidèles m’ont conforté dans le sentiment qu’il est bon que je continue d’apporter ma très modeste contribution à la très vaste littérature, celle qu’évoque Ionesco : « La littérature, c’est ce qui empêche les hommes d’être indifférents aux hommes. »

Pour plus de précisions, on peut se reporter aux articles essentiels des Statuts, ainsi qu’aux réflexions sur le thème Humanisme et littérature engagée.

Bonnes lectures à tous ! (voir dans "LIVRES" les informations)  http://larbremigrateur-fb.blogspot.com/ et http://www.editionsdebeaugies.org/


Catégorie : - REFLEXION
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