Texte à méditer :  

Rêver un impossible rêve
Porter les chagrins des départs
Brûler d'une possible fièvre
Partir ou personne ne part
Aimer jusqu'à la déchirure
Aimer même trop même mal
Tenter sans force et sans armure
D'atteindre l'inaccessible étoile
Telle est ma quête
Suivre l'étoile ...

  
Jacques Brel
 
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  « Je relis Les Caractères, si claire est l’eau de ces bassins qu’il faut se pencher longtemps au-dessus pour en comprendre la profondeur » André Gide

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rolleyesQuel cadeau pour les fêtes ?rolleyes

REVIVIFIER L’HUMANISME (fin)

  Dans la première partie, (voir dans « Réflexion ») Bruno Hongre donne sa définition d’un humanisme d’inspiration spirituelle où les Lumières se conjuguent avec la double tradition judéo-chrétienne et gréco-latine et avait commencé à en examiner les « trahisons »… L’auteur a transmis cet humanisme : « sorti d’HEC en 1964, j’ai changé de voie, me sentant la vocation d’enseigner ... Le titre du "blog" http://monportatif.blogspot.fr/  est celui de mon ouvrage "LE DICTIONNAIRE PORTATIF DU BACHELIER" (Bruno Hongre, Hatier, édition 2008, mise en place dès le 22 juillet) … Cette réflexion vivante est l’objet même de la culture qu’il importe de transmettre. Car à quoi bon « penser le monde », si ce n’est pour le rendre plus humain ? Ainsi, c’est militer pour un humanisme véritable, que d’écrire un dictionnaire censé faire la clarté sur le monde à partir de la précision sur les mots...

    guernica-picasso.jpg "Plus moderne est la tentation d’un humanisme prométhéen, encore que la mythologie grecque nous ait depuis longtemps mis en garde contre elle. Celle-ci consiste à exalter sans mesure les possibilités humaines, au point que l’idéal poursuivi se retourne contre l’homme tel qu’il est, au risque de le dévaloriser, de l’instrumentaliser, et pour finir, de l’éliminer. Ce fut le cas des utopies meurtrières du 20ème siècle, qu’il s’agisse du nazisme (célébration du « surhomme » d’essence aryenne, qui implique la liquidation des autres « races » humaines) ou du stalinisme (légitimation de l’oppression ou de massacres de populations d’aujourd’hui pour hâter l’avènement d’une Humanité future libre, égalitaire et pacifique).

Le nouveau visage de cette contrefaçon se situe de nos jours dans le programme d’un homme nouveau génétiquement modifié. Au départ, on veut sincèrement le bien de l’être humain, en lui procurant diverses prothèses l’aidant à mieux vivre en souffrant moins ; à l’arrivée, on rêve d’un homme « mutant », non plus roseau mais robot pensant, libéré des finitudes de la condition humaine, mais toujours aussi peu libre puisqu’il dépend des pouvoirs (« humains ») qui l’ont programmé comme tel. C’est à cette dérive que mènent les promoteurs d’un super-humanisme qu’ils nomment « transhumanisme ». Ce nouvel eugénisme a quoi nous faire frissonner. On ne sauve pas l’homme en le dénaturant. L’un des tenants de cette « mutagenèse » ne dit-il pas qu’il est temps de « liquider le concept de dignité de l’espèce humaine » ?

1039381.jpgCes contrefaçons de l’humanisme ont un point commun, c’est d’ignorer totalement la dimension spirituelle de l’être humain, prise au sens le plus large de ce mot. Sa conscience, sa liberté, son intériorité contemplative, son génie artistique, sa capacité de compassion, son « instinct divin » (Rousseau), l’infinité de sa valeur dans la fragilité de sa nature, tout cela doit être pris en compte par l’humanisme véritable. Celui-ci fustige évidemment la réduction de nos vies à la seule consommation (l’Homme unidimensionnel prophétisé par Marcuse), mais il récuse également le rêve prométhéen d’un peuple à venir de super singes sapiens sapiens hyper-performants, animaux-machines aussi froids que fonctionnels. Je reprendrais volontiers le distique de LAMARTINE :

« Borné dans sa nature, infini dans ses vœux

L’Homme est un dieu tombé qui se souvient des cieux ».

L’humaniste aime donc l’homme dans ses limites autant que dans ses valeurs. Il cultive la vigueur critique, voire libertaire, contre tous les enfermements idéologiques. Il n’oblitère pas le passé au nom de l’avenir (ce serait détruire la matrice dont il provient). Il encourage les démarches rationnelles tout en préconisant le sens de la mesure contre les abus de la rationalité. Il invite chacun à l’épanouissement personnel, mais jamais au détriment de la fraternité humaine. Il se soucie prioritairement de l’homme souffrant, et s’interroge sans fin sur le sens de sa présence dans cet univers en constante évolution. La profondeur du mystère humain lui paraît bien plus attachante, fascinante, que les sommets de son ingénierie en tous domaines.

Il veut donc croire au progrès de la conscience humaine, qu’il observe chez les humbles bien plus que chez les grands. Il croit parce qu’il veut croire, certes, et les sceptiques diront que c’est là une variante de la méthode Coué. Pour lui, il s’agit plutôt d’une émanation secrète, issue du fin fond de son être, aussi récurrente que la parole de Galilée murmurant au sujet de la Terre « Et pourtant, elle tourne », et qui lui dit : "Quoi qu’il arrive, la Vie a confiance en l’Homme. L’humaniste, en somme, cultive l’Espérance."

Bruno Hongre (François Brune) pour Anne-Flore Urielle

(1:"Guernica" Picasso - 2 Kandinsky :"Aquarelles" - Rodin: "Cathédrale"

Ainsi est née l’AFBH, sigle qui résume le libellé de notre association, Humanisme et littérature engagée :« Association des Amis de François Brune / Bruno Hongre ». Association qui gère les Éditions de Beaugies, dont ce site sera la vitrine. Après plus de quinze publications, je veux encore croire à ma vocation d’écrivain : c’est-à-dire à ma capacité d’écrire et au « Sens » de ce que je « veux dire ». Mes amis les plus fidèles m’ont conforté dans le sentiment qu’il est bon que je continue d’apporter ma très modeste contribution à la très vaste littérature, celle qu’évoque Ionesco : « La littérature, c’est ce qui empêche les hommes d’être indifférents aux hommes. Pour plus de précisions, on peut se reporter aux articles essentiels des Statuts, ainsi qu’aux réflexions sur le thème Humanisme et littérature engagée.

http://larbremigrateur-fb.blogspot.com/ et http://www.editionsdebeaugies.org/


Catégorie : ARTICLES - REFLEXION
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Réactions à cet article

Réaction n°1 

par hypothese le 31/12/2012 @ 09:45

Puisque c'est l'heure de faire des vœux, je souhaite être accompagnée de nombreuses réflexions de ce style tout au long de 2013.
Je souhaite que vous arriviez à changer ce monde imposé par la finance, monde médiocre et stupide, sans oreille pour tenir compte de ce qui est vivant, sans intelligence (parce qu'il se croit le meilleur) sans attention pour la générosité.
Je suis heureuse de vous avoir découvert juste avant la fin de l'année, il me semble que nous allons travailler ensemble. En tout cas c'est le vœu que je fais