Texte à méditer :  

Rêver un impossible rêve
Porter les chagrins des départs
Brûler d'une possible fièvre
Partir ou personne ne part
Aimer jusqu'à la déchirure
Aimer même trop même mal
Tenter sans force et sans armure
D'atteindre l'inaccessible étoile
Telle est ma quête
Suivre l'étoile ...

  
Jacques Brel
 
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  « En lui était la vie et la vie était la lumière des hommes" évangile de Jean

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VIEILLIR ?

 « Vieillir » est l’un des titres du dernier album de JACQUES BREL parut le 30/11/1977 (il mourra le 9/10/78).

« Mourir, cela n´est rienIMAGE1-4-ae07d.jpg
Mourir, la belle affaire !
Mais vieillir… Oh! Vieillir »

Évoquer ce « naufrage », (mot célèbre attribué au général de Gaulle), à l’aube d’une nouvelle année, après tant d’agapes et surtout à l’heure où il faut être jeune, beau, en bonne santé, riche ?...L’intuition de la vieillesse ? Ce moment précis où l’on évalue son âge, non vis-à-vis de la naissance mais vis-à-vis d’une autre date qui s’insinue peu à peu – celle de la mort - calcul plutôt morbide bien loin des tracas quotidiens ! On se laisse aller aux tests compétitifs : « J’ai revu un ami l’autre jour. Il avait tellement changé qu’il ne m’a pas reconnu ». (Claude Bernard).

« Mourir en rougissant
                          Suivant la guerre qu´il fait
Du fait des Allemands
A cause des Anglais
…Mourir de frissonner
Mourir de se dissoudre
De se racrapoter
Mourir de se découdre
Ou terminer sa course
La nuit de ses cent ans
Vieillard tonitruant
Soulevé pas quelques femmes
Cloué à la Grande Ourse
Cracher sa dernière dent
En chantant "Amsterdam"
Mourir, cela n´est rien… »

Mûrir ou décliner ? « J'avais vingt ans. Je ne laisserai personne dire que c'est le plus bel âge de la vie » Paul Nizan (ami de Sartre). Est-ce pour cette raison que dans l’Antiquité les vieillards représentaient presque automatiquement LA SAGESSE ? Néanmoins, la vigoureuse fraîcheur de l’éclatante jeunesse, par contraste, oriente vers l’appréhension du déclin: on le ressent à travers l’ouie, la vue, la marche etc. qui se détériorent petit à petit. Un cauchemar de lézardes rogne l’espace vital. Tout rétrécit, jusqu’au moindre projet, jusqu’aux promenades… Souffre-t-on autant de cette vie étriquée ? « Chaque âge a ses plaisirs », dit le proverbe. Assurément, il semble qu’on pénètre dans une ère où l’on n’aurait plus rien à prouver – pure question d’intériorité, dit PAUL: « Au fur et à mesure que notre homme extérieur s’en va en ruine, l’homme intérieur se renouvelle de jour en jour » (2 Cor. 4,16). Le philosophe Pierre Sansot envisage, dans « Du bon usage de la lenteur », une certaine forme d’honnête philosophie. Elle se reconnaît à la volonté de ne pas brusquer la durée, de ne pas se laisser bousculer par elle, pour augmenter notre capacité à accueillir l’événement. Quelle liberté ! Craindre quelques fissures ou dévalorisation paraît tellement plus inconséquent sinon frivole !

                                           « …Mourir de faire le pitre
                                               Pour dérider le désert
                                                             Mourir face au cancer
                                                                Par arrêt de l´arbitre
                                                         Mourir sous le manteau
                                                             Tellement anonyme
                                                                Tellement incognito;;;"
                                                                                                Que meurt un synonyme »
Pour tromper l'angoisse de l’ennui ou la solitude combien se plongent dans les distractions ou les activités accaparantes ! Pourtant, quel plaisir de goûter la paresse ! Recueillir tout le temps indispensable pour savourer, se délecter, s’émerveiller. Un défi : demeurer observateur, interrogateur, curieux de tout et même enthousiaste. Enfin s'adonner à l'essentiel, vivre ce qui vous plaît vraiment. On n’oublie pas la fameuse saillie de Clemenceau : « Les cimetières sont remplis de gens indispensables ». EXISTER, même cramponné aux complications et apparemment stériles – les autres prendront le relais et prévoiront de devenir serviables ! En fait, si l’on fréquente les lieux où demeurent les personnes âgées on sera surpris par leur vitalité : oui, leur dynamisme non seulement envers leurs congénères pour les secourir et les encourager mais également leur vigilance à l’égard de l’actualité ! Quant à la mort ? Elle évoque le tableau de Delacroix sur « La Divine Comédie » de Dante. Bien qu'inspirée de la tradition mythologique, l'oeuvre montre le poète italien DANTE Alighieri (1265-1321) racontant dans sa « Divine Comédie » la visite qu'il aurait accomplie dans l'Enfer, guidé par Virgile. La « Divine Comédie » divisée en 3 parties, Enfer, Purgatoire, Paradis : Dante effectue en Enfer ce voyage initiatique avec le poète romain, à travers neuf cercles : Béatrice, (sa Muse dont il est épris d’un amour platonique), le guidera au Paradis. La métaphore de ce frêle esquif qui mène irrémédiablement vers une fin innomée, donc effrayante, fut assignée à la vieillesse. Il serait sain de se récrier et, se rebiffant, on se calera à l'aval de ce torrent inventé par le poète - inévitablement fantastique - pour lui tourner le dos et mieux ouvrir les bras au PRÉSENT DE LA VIE : vite respirer le primordial au sein de l’accessoire ! «C’est une constante pensée de la mort qui donne du prix au plus petit instant de la vie ». André Gide
« Mourir couvert d´honneurPierre-Auguste-Renoir-Claude-Renoir-che-gioca3-300x248.jpg
Et ruisselant d´argent
Asphyxié sous les fleurs
Mourir en monument
Mourir au bout d´une blonde
Là où rien ne se passe
Où le temps nous dépasse
Où le lit tombe en tombe
Mourir insignifiant
Au fond d´une tisane
Entre un médicament
Et un fruit qui se fane »

La vie est un don ! Rajuster l’existentiel et son destin personnel, s’en accommoder ne conserver que les doux effluves amicaux et les actes positifs. Briser à jamais l’arme des rancœurs et congédier l’amertume des babioles importunes qui les encombraient pour pouvoir aller, ainsi, vers une rémission sans arrière-pensées - limpide ! Dans la Bible, la vieillesse compense, par le bonheur de LA PAIX, toutes les tribulations : par grâce, même si tu la vois peu reluisante, avant même d'être vieux, ton existence est  acceptée en son entièreté, malgré ses aléas ou scories. Selon PAUL et LUTHER, notre vie, quelle qu'elle soit, a une justification et cette justification lui est donnée « par grâce seule ». Lorsque nous percevrons ce désarroi qui nous attend, discernons immédiatement cette latitude : « et si je vivais de cette grâce ? »

« Le jour d'aujourd'hui est à Dieu »
« Vis le jour d'aujourd'hui.
Dieu te le donne. Il est en toi. Vis en lui…
Le jour de demain est à Dieu.
Il ne t'appartient pas.
Ne porte pas sur demain le souci d'aujourd'hui
Demain est à Dieu.
Remets-le lui.
Le moment présent est une frêle passerelle.
Si tu le charges de regrets d'hier, de l'inquiétude de demain,
La passerelle  cède, et tu perds pieds.
Le passé ? Dieu le pardonne.
L'avenir, Dieu le donne.
                                                                                        Vis le jour d'aujourd'hui en communion avec lui. »   
                                                                                                                                                   (Trouvé sur des religieuse assassinées en Algérie)
   Anne-Flore Urielle


Catégorie : - POESIE
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