Texte à méditer :  

Rêver un impossible rêve
Porter les chagrins des départs
Brûler d'une possible fièvre
Partir ou personne ne part
Aimer jusqu'à la déchirure
Aimer même trop même mal
Tenter sans force et sans armure
D'atteindre l'inaccessible étoile
Telle est ma quête
Suivre l'étoile ...

  
Jacques Brel
 
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  « Je relis Les Caractères, si claire est l’eau de ces bassins qu’il faut se pencher longtemps au-dessus pour en comprendre la profondeur » André Gide

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« La Cigale et la Fourmi », et DIEU ?

MATTHIEU 25 (1-13). « Ce jour-là, il en sera du royaume des cieux comme de dix jeunes filles qui prirent leurs lampes et s'en allèrent à la rencontre du marié. Cinq d'entre elles étaient insensées, les cinq autres étaient avisées: les jeunes filles insensées prirent leurs lampes sans penser à emporter de réserve d'huile, mais celles qui étaient avisées prirent, avec leurs lampes, des flacons contenant de l'huile. Comme le marié se faisait attendre, elles s'assoupirent toutes et finirent par céder au sommeil. A minuit, un cri retentit: «Voici l'époux! Allez à sa rencontre !».Toutes les jeunes filles se levèrent et préparèrent leurs lampes. Alors les jeunes filles insensées s'adressèrent à celles qui étaient avisées: «Donnez-nous de votre huile, car nos lampes sont en train de s'éteindre.» Mais celles-ci leur répondirent: «Non! Il n'y en aurait jamais assez pour nous et pour vous. Courez plutôt vous en acheter chez le marchand.» Elles partirent en chercher. Pendant ce temps, le marié arriva: celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui dans la salle de noces, et l'on ferma la porte. Plus tard, les autres jeunes filles arrivèrent à leur tour; mais elles eurent beau crier:«Seigneur, Seigneur, ouvre-nous!» Il leur répondit: «Vraiment, je vous l'assure: je ne sais pas qui vous êtes.» C'est pourquoi, ajouta Jésus, tenez-vous en éveil, car vous ne savez ni le jour, ni l'heure de ma venue ». Évangile20_CHAGALL_CANTIQUE_DES_CANTIQUES_4B_NICE.jpg rédigé vers 80 après Jésus-Christ par une communauté d’origine juive « MATTHIEU », centré sur le « Royaume de Dieu », =  "présence de Dieu parmi les hommes ». Thème majeur, dans la Bible, LA NOCE (cf. Cana) . Festivités de plusieurs jours, elles symbolisent surtout l’Alliance de Dieu avec son peuple.

Dans une PARABOLE , l’essentiel, loin de la doctrine, nous étonne toujours : le retard de l’époux, l’égoïsme des jeunes filles sages, le marié qui ferme sa porte ...  Des  groupuscules ont vécu dans l’impatience et l’assurance du retour du Christ. [Voir la 1ère lettre de Paul aux Thessaloniciens : les disciples ne doivent pas garder les yeux fixés vers le ciel, à attendre que le Royaume de Dieu leur tombe dessus]. Dès maintenant, être chrétien c’est se savoir si imparfait et pourtant entreprendre pour ce monde inachevé : « On ne peut mener une vie correcte dans une société qui ne l’est pas » S. de Beauvoir (Les mandarins). Jésus, fin pédagogue, représente la fidélité à l’Évangile par l’huile en réserve. Vigilance spirituelle (avec ou sans la foi) = AMOUR. Contre ceux qui réduisent la foi à l’éthique ou à une spiritualité égotiste. Jésus annonce que la noce aura bien lieu. Car l’espérance ne pas détourne pas des enjeux sur la vie terrestre et de la paix. En effet, la noce aura bien lieu :un jour, le mal et la souffrance cèderont devant l’AMOUR de Dieu,  un jour, la réconciliation et le partage seront réels. L’espoir est une projection dans l’avenir à partir du présent. L’espérance est une assurance du futur qui oriente notre présent. D’ores et déjà, mobilisons-nous ! Pourquoi les jeunes filles « sages » ne donnent rien et le marié ferme la porte ? Les jeunes filles sages ont mis de l’huile en réserve. Jésus ne joue pas à la Comtesse de Ségur. Il nous parle de foi et du Royaume de Dieu, non de morale à 4 sous ! Notre vocation propre que nul ne remplacera. L’amour, la foi, la fidélité ne se vivent pas par procuration. Dieu est Amour, mais il ne pourra jamais changer le passé. Il nous aide à guérir d’anciennes douleurs, il pardonne le passé lorsque trop de remords et de regrets nous submergent. Comment modifier ce qui a été ? Pour le philosophe Jankélévitch, c’est même l’unique limite au pouvoir de Dieu. La porte fermée n’est pas une sanction mais un constat. C’est aujourd’hui qu’il faut vivre l’Évangile, aujourd’hui qu’il faut aimer son prochain, aujourd’hui qu’il faut œuvrer dans le monde . Nul ne peut le faire à notre place. Et demain ne pourra changer aujourd’hui. Ainsi, la parabole des jeunes filles nous place sur une ligne de crête : vivre dans l’attente du Royaume et dans la réalité présente, prendre au sérieux les enjeux de notre société et espérer que Dieu fasse toutes choses nouvelles. Le pasteur Alphonse Maillot concluait : vivez pleinement chacun des jours qui vous sont donnés… à la fois comme si le Christ pouvait revenir demain, mais aussi comme s’il devait venir beaucoup plus tard…. Soyez à la fois de vrais hommes et de vrais croyants. C’est cela la vigilance. La BONNE NOUVELLE est ainsi une pratique de l’Évangile dans la vie quotidienne. Un appel à une transformation de toute notre vie. A juste titre, nous attendons, l’universalité du SALUT. Selon PAUL « Si en effet nous croyons que Jésus est mort et qu’il est ressuscité, de même aussi ceux qui sont morts, Dieu, à cause de ce Jésus, à Jésus les réunira. ». En fait, ici,  c’est un AVERTISSEMENT.  Nous sentons combien le facteur humain est pris en compte : dans le ROYAUME les « bons » et les « méchants » se trouvent mêlés: cf. Esaie : « Que le méchant abandonne son chemin, et l’homme malfaisant, ses pensées. Qu’il retourne vers le SEIGNEUR, qui lui manifestera sa tendresse, vers notre Dieu, qui pardonne abondamment ». Jésus, répond aux pharisiens, lui reprochant ses « mauvaises fréquentations » : « je suis venu appeler, non les justes mais les pêcheurs ». Car chacun de nous possède le côté « bon » et « méchant » à la fois, « avisé » et « insensé » des jeunes filles. Dans « Y a-t-il un salut pour les salauds » (1) le pasteur HOUZIAUX remarque : « Y a-t-il un salut pour le plus infâme des infâmes ? Sans doute ma miséricorde de Dieu étant plus grande que la méchanceté, mais certainement que Dieu, s’il sauve l’infâme ne sauve pas son infamie ».

VEILLER, tenir sa lampe allumée, même lorsque la ferveur s’émousse. Vigilance dans l’examen tous nos bric-à-brac inutiles qui encombrent notre vie et relèguent souvent la flamme de notre foi, ou simplement de la spiritualité ou de la réflexion, au rang d’accessoire. De plus, Dieu nous donne son ESPRIT pour cette entreprise de longue haleine : à nous de prendre conscience de l’importance de ce dynamisme créateur car Dieu n’a pas besoin d’être réconcilié avec nous, c’est nous que le Christ réconcilie avec Dieu. La lampe des jeunes filles est le symbole de notre foi, indispensable pour éclairer nos obscurités.

« Quand tu attends, tu es comme le silence qui se fait juste avant la chanson.
« Quand tu attends, tu es comme la nuit qui se termine, juste avant la venue du soleil.
« Quand tu attends, tu as, déjà, dans les yeux le sourire de celui qui va venir,tu as, déjà, dans les oreilles le rire de celui qui va venir.tu as, déjà, dans la tête les gestes et les paroles de celui qui va venir.
« Quand tu attends, celui qui est absent est déjà dans ton cœur. »

(1) voir au-dessus : « Livres » - peinture de Chagall

Anne-Flore Urielle


Catégorie : - SPIRITUALITE
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