Texte à méditer :  

Rêver un impossible rêve
Porter les chagrins des départs
Brûler d'une possible fièvre
Partir ou personne ne part
Aimer jusqu'à la déchirure
Aimer même trop même mal
Tenter sans force et sans armure
D'atteindre l'inaccessible étoile
Telle est ma quête
Suivre l'étoile ...

  
Jacques Brel
 
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  « En lui était la vie et la vie était la lumière des hommes" évangile de Jean

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NAPOLÉON - 2  le militaire

Pour « les moins de 20 ans » ou les cinéphiles le « Napoléon » d’ABEL GANCE avait soulevé une immense admiration …

bonaparte_boney.jpgHéritier de la RÉVOLUTION de 1789 Bonaparte accumula les succès au cours des guerres d’Italie dans la foulée de la coalition des monarchies contre ceux qui avaient exécuté Louis XVI et Marie-Antoinette. Quant à l’expédition d’Égypte si elle ne fut guère militairement heureuse, elle rehaussa le savoir des scientifiques et égyptologues… Napoléon, empereur, repartit, donc, en guerre et là arrêtons nous un instant sur la remarque de l’éminent spécialiste Jean Tulard : y a-t-il eu invention de la publicité ? Alors que tous les militaires autour de lui se livraient à une débauche de costumes enturbannés, chamarrés, multicolores « flachantes », lui choisit une tenue toute modeste, grade inférieur, sans la moindre fioriture, SA MARQUE DE FABRIQUE : le « petit caporal ». Résultat, c’est lui qui attirait les regards et sa silhouette s’imprima définitivement dans les cerveaux ! Si le loisir nous était donné, au long du régime on dénicherait l’ensemble des astuces déployées afin d’ancrer « l’homme providentiel » dans la tête des citoyens !

Dès mai 1803 l’Angleterre ouvre les hostilités reprochant à la France sa politique impérialiste aux Antilles – Joséphine en étaitNapoleon_Lisen-300x200.jpg originaire (rétablissement de l’esclavage), en Italie et en Suisse. Maîtresse des mers par la victoire de TRAFALGAR (1805) sur la flotte franco-espagnole, disposant de peu de troupes terrestres « la perfide Albion » deviendra l’âme, plus que le bras, de toutes les COALITIONS et leur financement. Contre la France tour à tour l’Autriche la Prusse la Russie…Ce sont des armées d’Ancien Régime que Napoléon 1er écrase à AUSTERLITZ (1805), Iéna, Friedland, Wagram… Mais sans moyens navals on ne peut rien contre l’Angleterre, sinon tenter d’asphyxier son économie en lui barrant l’accès de l’Europe par le Blocus continental forme de guerre économique déjà moderne, d’une efficacité réelle mais pas décisive. L’EUROPE NAPOLÉONIENNE semble à son apogée en 1810/11 : Rome, Bruxelles, Amsterdam, Hambourg sont des préfectures françaises. L’empereur a réorganisé l’Italie, dont il est roi, et l’Allemagne : le Saint Empire Romain Germanique y a disparu au profit d’une Confédération du Rhin (1806) qui est pratiquement sous protectorat français. Des membres de sa famille règnent en Espagne, à Naples, en Westphalie et la plus part des États du continent sont, du moins officiellement, ses alliés.

200904052_2.jpgLa sagesse eut voulu de s’en satisfaire et de ne pas croire à la bonne étoile d’un destin égalant celui d’Alexandre le Grand. D’autant qu’en réalité cet édifice ne tient que par la force et une violente répression s’abat sur ceux qui tentent de lui résister – plus nombreux à mesure que s’étend la domination française. L’échec n’est pas loin. Quand en 1808 Napoléon intervient en Espagne ce n’est pas à l’armée espagnole qu’il se heurte mais à tout un peuple (soutenu par les Anglais et les Portugais) qui fait peu à peu disparaître LA GRANDE ARMÉE  dans des opérations de guérilla : témoignage accablant du peintre Goya ! Quant à la campagne de Russie (1812), le peuple russe lui aussi soutient le tsar et, la rigueur de l’hiver aidant, transforme la retraite en déroute (Napoléon se figura sans doute plus fort que le roi Charles XII de Suède qui se heurta à Pierre le Grand et dont l’armée prisonnière, construisit Saint Petersbourg). Ainsi l’empereur dut-il abdiquer après la défaite finale de Waterloo 18/06/1815.

Et la relégation à Sainte Hélène paracheva et embellit la légende ! Touche de victimisation contrastant avec une telle apogée, elle chevillera les esprits faisant rêver le Fabrice del Dongo ou le Julien Sorel de Stendhal – et tant d’autres ! Auxquels s’opposerait ce passage virulent de Musset : «…Conçus entre deux batailles, élevés dans les collèges au roulement des tambours, des milliers d’enfants se regardaient entre eux, d’un œil sombre, en essayant leurs muscles chétifs. De temps en temps leurs pères ensanglantés apparaissaient, les soulevaient sur leurs poitrines chamarrées d’or, puis les reposaient à terre et remontaient à cheval… Alors s’assit sur un monde en ruine une jeunesse soucieuse. Tous ces enfants étaient des gouttes d’un sang brûlant qui avait inondé la terre : ils étaient nés au sein de la guerre, pour la guerre. Ils avaient rêvé pendant quinze ans des neiges de Moscou et du soleil des Pyramides… »  

Napoléon a trahi les idéaux révolutionnaires mais bâti la France moderne. Avec l’Empire on parvient même à une tentative d’unification européenne par la tyrannie différente de celle des Lumières qui elle était consensuelle. Expérience négative soulevant contre elle les nationalismes. Mais non moins positive : uniformisation du système des poids et mesures et surgissement des notions de patrie, peuple, nation ainsi que la liberté individuelle – les solidarités sociales en pâtissent, facilitant l’essor du capitalisme.

 Pour la France, cet enchevêtrement entre dynamisme révolutionnaire et puissance dictatoriale dévolus à l’ARMÉE avec son "soleil d'Austerlitz" qui efface les millions de morts, donne à cette dernière un prestige dans lequel se combine à la fois attirance, jusqu’au délire (célébrations encore actuelles "en présence de l'empereur" de Saint-Cyr, école militaire crée par Napoléon, plus ses réseaux ). Un ascendant et une emprise qui empiètera sur le pouvoir politique. On peut se demander si Napoléon n’a pas ouvert une sorte de boite de Pandore donnant naissance au boulangisme, à l’affaire Dreyfus, aux décimations de 1914/18 impunies (1) ou au régime de Vichy… et de Gaulle lui-même aurait-il eu la capacité d’engendrer la Résistance s’il n’avait été promu général dans les derniers moments de la Troisième République tant l'uniforme était devenu dominant !

Enfin, - ultime trace ? – comment Paris, capitale d’une France qui se veut la patrie des Droits de l’Homme, peut-elle demeurer couverte, sinon fortifiée, par tant de monuments et de rues toutes dédiés à un seul homme, Napoléon et à ses militaires ? La place de l’Étoile (général de Gaulle) s’ornemente de douze grandes avenues qui à part les Champs Ẻysées, sont consacrées à Wagram, Mac-Mahon, Carnot, la Grande Armée, Foch, Victor Hugo (exception !), Kléber, Iéna, Marceau, Friedland, seuls Bruix, Jean Simon et Martial Valin ne sont pas des maréchaux du Premier Empire… Sur 26 maréchaux, seuls 19 « ont » leur boulevard. Sur les 7  "sans » boulevard, 3 n'ont rien: Bernadotte, Marmont et Grouchy « traîtres à la France » …. N’y a-t-il eu dans ce pays que des vocations militaires ?

Anne-Flore Urielle    (1) voir le film "Les sentiers de la gloire" de Stanley Kubick sorti en 1957 aux USA et seulement en 1975 en France)


Catégorie : - HISTOIRE
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