Texte à méditer :  

Rêver un impossible rêve
Porter les chagrins des départs
Brûler d'une possible fièvre
Partir ou personne ne part
Aimer jusqu'à la déchirure
Aimer même trop même mal
Tenter sans force et sans armure
D'atteindre l'inaccessible étoile
Telle est ma quête
Suivre l'étoile ...

  
Jacques Brel
 
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  « Le vrai travail c'est quand je cherche avec l'air de ne rien faire...chercher une idée et espérer qu'elle vienne, ça oui c'est du travaii !" René Gosscinny

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« TU ES PIERRE… »

Le moment où chaque parole est prononcée, dans la Bible, n’est jamais du au hasard : « A Césarée de Philippe Jésus pose à ses disciples la question de la foi : « Pour vous qui suis-je ? »Simon Pierre répond : Tu es Christ, Fils du Dieu vivant » Jésus reprend la parole et lui dit : « Heureux es-tu Simon fils rouault_passion_cleveland.jpgde Jonas ; car ce ne sont pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon père qui es dans les cieux ! Moi, je te disque tu es Pierre et sur cette pierre je construirai mon Église » (Mt 16 ; 15-18). Quelle est cette pierre qui fonde l’Église ? Certains pensent que c’est Pierre qui en serait le premier des Apôtres. Selon cette lecture l’Église est le rassemblement des hommes et des femmes qui se retrouvent autour de Pierre et de ses successeurs. Cette interprétation est fragilisée par le fait que quelques versets plus loin, Jésus traite ce même Pierre de « Satan » lorsqu’il refuse la perspective de la croix(Mt 16, 23). On voit mal Jésus faire reposer son Église sur une personne qu’il identifie à Satan. Une autre lecture souligne que la pierre sur laquelle l’Église est construite n’est pas l’apôtre en tant que personne mais en ce qu’il est le premier à confesser Jésus comme Christ. L’Église est alors le rassemblement de ceux qui professent la foi chrétienne. Cette dernière définition nous rappelle que le fondement de l’Église ne se trouve ni dans le sentiment religieux de ses membres ni dans des affinités particulières mais dans la confession du Christ vivant. » Antoine Nouis, directeur de « Réforme » (1) n°3504, 14 mars. Il se passe exactement la même chose dans  MARC (chap. 8, verset 27- 30) et dans LUC, (chap. 9, verset 18-21), le moment est crucial la première annonce de la Passion. Jésus veut savoir où en est la foi de ses disciples. Jean verset 31 du chapitre 3: « Celui qui est de la terre est terrestre et parle de façon terrestre…Celui que Dieu a envoyé dit les paroles de Dieu qui lui donne l’Esprit sans mesure. » L’expression « Dieu vivant » vient de l’ANCIEN TESTAMENT, il accomplit la promesse, JOSUÉ (chap.vitraux_rosace.jpg 3, verset 10). « Heureux es-tu, Simon, fils de Jonas, car ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux ! » Témoignage particulièrement remarquable lorsqu’on pense que c’est précisément Pierre qui sera le premier à renier le Christ au moment de la Passion.
 « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église. » L’interprétation catholique fonde sur ce verset la primauté de Pierre et la succession apostolique. Les protestantes se contentent de mettre l’accent sur la foi de Pierre plus que sur sa personne. Notons-le : Mathieu est le seul évangéliste à  « personnaliser »  ainsi la situation au moment de la confession de Pierre. Où est la succession ? D’abord, il y a l’HISTOIRE : certes, d’après les « Actes des Apôtres », à la Pentecôte, Pierre est reconnu comme chef du groupe qui interpelle la foule. Mais, au chapitre 8, quand la communauté chrétienne se donne un chef - après le martyre d’Etienne - ce chef, c’est JACQUES, le frère du Seigneur, qui n’est pas des 12 apôtres. Et peu à peu, à cause des persécutions (mais aussi des rivalités !) la première communauté a institué un clergé, des prêtres? selon l’étymologie, des « anciens », et des évêques, jusqu’alors « surveillants », des prêtres. Pour comprendre cette mise en place, hiérarchique, il faut se rappeler que cet embryon d’Église se développe dans le cadre juridique romain. Et le mot « pape », lui-même vient du grec « papa » ! Ce n’est qu’à partir du IXème siècle qu’elle a désigné l’évêque de Rome. Mais précisément au sujet de la succession apostolique :la phrase de Mathieu pose d’autres questions d’exégèse et de dogme: la différence de nature entre l’apostolat et l’épiscopat ? Les van-gogh-notte-stellata-1889_400.jpegApôtres sont un groupe unique car ils ont été désignés par Jésus directement. Peut-on étendre une mission aussi spécifique à des évêques postérieurs ? Est-il légitime de restreindre géographiquement la portée d’une parole adressée à un apôtre, en ne l’appliquant qu’à une ville, ROME ? Peut-on étendre cette parole dans le temps tout en la limitant dans l’espace. Peut-on donner de la parole de Jésus, une interprétation a posteriori et restrictive comme s’il n’y avait que ce seul moyen pour appliquer cette parole à l’époque actuelle ? L’Église romaine a commencé, certes, vers la fin du Ier ou au début du IIème siècle au plus tôt, non du vivant des apôtres, à jouer dans la chrétienté d’alors un rôle dirigeant auquel il manquait encore une base théologique : dans quelle mesure cela donne-t-il le droit à l’évêque de Rome de revendiquer à son profit la parole adressée à Pierre et de s’en réserver l’utilisation théologique exclusive ? C’est un débat souvent considéré, à tort, comme clos pour cause d’incompatibilité. Il est, pourtant, nécessaire de se tenir au courant des nouvelles recherches qu’il suscite car c’est notre vocation de chrétien qui est en jeu. En effet le ministère exercé, dans la tradition protestante qui se veut fidèle à la foi des Apôtres. Il  ne saurait être invalidé du seul fait qu’il ne s’inscrit pas dans une lignée où les évêques seraient les seuls successeurs légitimes et autorisés des Apôtres. Les Protestants croient au « sacerdoce universel »  des croyants qui attribue à chaque baptisé, pasteur ou laïc, une place identique, au sein de l’Église.
Apprécions la beauté de la métaphore de la pierre si riche !Le  jeu de mot se fait sur le nom araméen18.jpg de Pierre, KEPHAS. Quant à l’image elle-même, elle se rattache à la Bible :
Dans ESAÏE, chapitre 28, versets 14 à 18 :« Voici que je pose dans Sion une pierre à toute épreuve,une pierre angulaire,précieuse établie pour servir de fondation. Celui qui s’y appuie, ne sera pas pris de court. Je prendrai le droit comme cordeau et la justice comme niveau. »
Le PSAUME 118 : « La pierre que les maçons ont rejetée est devenue la pierre angulaire. Cela vient du Seigneur : c’est une merveille à nos yeux ! »
PAUL, au verset 20 du chapitre 2 de la Lettre aux Ephésiens : « ...Vous avez été intégrés dans la construction qui a pour fondation les apôtres et les prophètes et Jésus-Christ lui-même comme pierre maîtresse. »
Ce symbole architectural de la pierre angulaire, nous aide à comprendre : la pierre d’angle est, certes, fondamentale à toute construction, mais elle n’a aucune solidité sans les autres pierres : toutes les pierres sont solidaires et nécessaires  à la construction. La pierre d’angle n’a de sens que si elle relie les pierres entre elle. Seule, elle ne peut rien. Dieu a besoin de notre pierre comme de toutes les autres pierres. Ce n’est pas à nous de dire si telle pierre est trop petite ou trop grande, trop plate ou trop pointue... Mais pour intégrer une nouvelle pierre, il faudra, peut être, que les pierres, qui sont déjà en place acceptent de bouger pour que l’édifice trouve sa cohérence et sa stabilité. Cela replacé sur le terrain de la vie quotidienne, il y a, d’un côté, ceux qui ont peur des implications adultes : quand quelqu’un donne les ordres cela implique l’établissement de toute une structure souvent pyramidale qui rassure  comme si elle  protégeait ! De l’autre, il y a chez certains,  la volonté d’établir une domination : toute l’histoire de l’humanité est la démonstration que la plus grande tentation qui puisse s’offrir à l’homme est l’affirmation d’une autorité transcendantale. A nous d’apprendre à être responsables. Comme  dit Pierre dans sa Première Ėpitre, « Vous-mêmes, comme des pierres vivantes, entrez dans la construction de la maison habitée par l’Esprit. » N’oublions jamais, que nous sommes tous des pèlerins vers la foi authentique.
Anne-Flore Urielle (Georges Rouault: Crist / Vincent Van Gogh / Ange au sourire de la cathédrale de Reims) 1
http://www.reforme.net/


Catégorie : ARTICLES - ACTUALITE
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