Texte à méditer :  

Rêver un impossible rêve
Porter les chagrins des départs
Brûler d'une possible fièvre
Partir ou personne ne part
Aimer jusqu'à la déchirure
Aimer même trop même mal
Tenter sans force et sans armure
D'atteindre l'inaccessible étoile
Telle est ma quête
Suivre l'étoile ...

  
Jacques Brel
 
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  « Le vrai travail c'est quand je cherche avec l'air de ne rien faire...chercher une idée et espérer qu'elle vienne, ça oui c'est du travaii !" René Gosscinny

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VERDI, un centenaire ! 2

Rappelons que le génie de Verdi s’épanouit au moment même où l’ITALIE, qui ployait sous le joug autrichien et Bourbon (dans le Sud), est en train de s’embraser pour réaliser son indépendance à laquelle se joint le compositeur… Limitée au royaume du Piémont, l’intervention de l’empereur Napoléon III en 1859 chassera les Autrichiens de Lombardie. Un Verdi2.jpgplébiscite y joindra divers États du Nord et du Sud. Le fameux GARIBALDI et ses Chemises Rouges renversent les Bourbons de Sicile et Naples. 1861 Victor-Emmanuel II devient roi de l’Italie unie.
Quant à Verdi, sa notoriété lui vaut des commandes prestigieuses. 1855, pour l’Exposition universelle de Paris, "LES VÊPRES SICILIENNES", en français (livret de Scribe, les 2 hommes s’entendront mal sut le sujet délicat : le massacre à Palerme des troupes d’occupation angevines par les siciliens). Seul Hector Berlioz y voit "dans une empreinte de grandeur, une sorte de majesté souveraine" ! 1857, "SIMON BOCCANEGRA". À Gênes, un corsaire élu doge pour défendre la voix du peuple, est victime des intrigues de clans. Douloureuse transition de la révolte idéaliste vers le pragmatisme impitoyable du gouvernement. Malgré la beauté de la musique et de l’interprétation, joué à Venise, rivale de Gènes pour la suprématie du commerce maritime, fiasco inéluctable ! Autre reconnaissance : 1862-65, Verdi est député au parlement de Turin. "LA FORZA DEL DESTINO" (La force du destin) créé à Saint-Pétersbourg entouré d’hommages du tsar. Verdi choisit Don Alvar pièce de don Angelo di Savedra, duc de Rivas, poète, dramaturge et politicien espagnol. Dans l’action interviennent avec la même variété et la même intensité que dans la vie, la douleur et le sourire, la bonté et la haine. Verdi immerge ses opéras dans le tragique et le burlesque de la vie. Les hommes sont à la fois féroces et ridicules. 1867 à l’opéra de Paris "DON CARLOS", en français, d’après Schiller. Complexité des conflits politiques et religieux, passions secrètes, en pleine Inquisition espagnole. Dominé par six rôles majeurs, fastueuses élaborations pour l'orchestre et les solistes qui se partagent des airs parmi les plus somptueux du répertoire. (Verdi est élu à l'Académie des Beaux-Arts au fauteuil de Meyerbeer). Époque où les parisiens sifflent Tannhäuser de Wagner. Et lors de la défaite française (1870) face aux Prussiens, bien que «insupportables par leur insolence, leurs blagues et leurs fanfaronnades», Verdi exprime sa tristesse:«J'aurais aimé que l'on payât une dette de reconnaissance… plutôt que cette inertie qui nous fera mépriser un jour». Autre opéra historique, sublime et international, 1871, "AÏDA", créé au Caire en Égypte, commande d’Ismaïl Pacha pour l’inauguration du Canal de Suez. Grand spectacle, le mélomane y entend une succession de scènes intimes qui traitent du conflit insoluble entre l’éthique et la nature. Non sans problèmes, livret d’une désinvolture historique digne d’Hollywood (pourtant conçu par l’égyptologue Mariette, ses décors et costumes, soi-disant de l’Antiquité !) Contraste entre le récitatif martial ponctué par un motif de trompettes et l’aria mélodie lyrique de cordes et de vents qui produisent une couleur locale chatoyante. Or, ce contraste n’est adouci ni par une transition, ni par une introduction.
on-falstaff.jpg1874-1897, temps de la réflexion et de l’apothéose, REQUIEM, 4 solistes, choeur et orchestre dédié au poète Manzoni. "Un opéra en robe d'ecclésiastique" ironisa-t-on… Enfin, les deux derniers opéras, "Otello" et "Falstaff", empruntés à Shakespeare, en compagnie du librettiste Arrigo Boïto (grand poète et musicien) triomphe à la Scala de Milan. OTELLO, 1887, reprend le grand jeu du couple ténor/soprano aux rapports envenimés par le perfide baryton Iago. Une déflagration orchestrale et chorale,  originalité des formules musicales et vocales. Adaptation serrée de Shakespeare, Verdi signe aussi le plus radieux de ses duos d’amour, extase et plénitude infinies. FALSTAFF (1893), dernier opéra, une comédie lyrique. Verdi y signe sa sortie en grande pompe sous les traits de l’humour avec brio et fantaisie. A la fin de l’œuvre, dans une immense fugue chorale, Falstaff se tourne vers un public complice et nous rappelle que le monde n’est qu’une farce, qu’un grand théâtre. Verdi achève son parcours retiré dans ses domaines à Busseto, donnant du travail aux paysans et fondant à Milan la maison de retraite des musiciens… A ses funérailles 800 choristes chantent le « Va pensiero… » (Nabucco) sous la direction d’Arturo Toscanini.
A travers ses 33 opéras, sans rival, Verdi incarne l’opéra de Rossini jusqu’aux portes du XXème siècle. D’un genre codifié, il en démonte le corset formaliste tout en gagnant le public, plus fidèle et sensible que la critique. Il a su saisir chez les français comme chez Wagner un cadre plus vaste, la psychologie des personnages, une trame orchestrale et une harmonie enrichies. Verdi magistral, cisèle son don mélodique. Avec les arias, l’orchestre sonne "comme, une grande guitare" (Stravinsky). Certains estiment qu’il n’accorde pas assez d’attention à la technique de la composition, au risque de perdre en raffinement. Pourtant il y a une infinie réviviscence de ses tournures musicales pour une seule idée dramatique qui force l'admiration. Et ces innovations demeurent aujourd’hui une signature exclusive de Verdi. Travaillant étroitement avec ses librettistes et conscient que l’expression dramatique est son atout, il s’assure de ne conserver que des rôles débordant de passion et des scènes brillamment dramatiques. Verdi a l’art de cette force palpitante sans pathos, une ligne mélodique qu’on mémorise, des chœurs poignants et partout les trouvailles se renouvellent cesse. Fusion musicale qui rassemble les cœurs dans un espace imaginaire dont l’émotion exalte et ennoblit le spectateur presque malgré lui. Sa personnalité très humaine, participe à sa popularité. « J'ai adoré cet art, et je l'adore toujours ; quand tout seul, je me débats avec mes notes, mon coeur bat, les larmes me coulent des yeux, mes émotions et mes joies passent toute description.»

ANNE-FLORE URIELLE  : 1 - Aïda  / 2 - Falstaff


Catégorie : ARTICLES - MUSIQUE
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