Texte à méditer :  

Rêver un impossible rêve
Porter les chagrins des départs
Brûler d'une possible fièvre
Partir ou personne ne part
Aimer jusqu'à la déchirure
Aimer même trop même mal
Tenter sans force et sans armure
D'atteindre l'inaccessible étoile
Telle est ma quête
Suivre l'étoile ...

  
Jacques Brel
 
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  « En lui était la vie et la vie était la lumière des hommes" évangile de Jean

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ATHÉE, mon frère...

    Il paraît que le mot athée éclot pour la première fois chez Rabelais. On l’omet généralement, malgré un danger de mort et précédant le Siècle des Lumières, des athées bibles.jpg tentaient d’écrire sous les règnes des rois très chrétiens (Louis XIII et Louis XIV). Exemple célèbre, détourné par E. Rostand, CYRANO de BERGERAC (1620-55) à la fois poète, burlesque et savant… Évidemment avec la RÉVOLUTION FRANÇAISE l'athéisme s’extrait des groupes intellectuels pour devenir public. La législation se sécularise afin de déchristianiser la France, à travers le déisme (Robespierre et son Culte de l'Être suprême) et l'athéisme (Culte de la raison).  
Au XIXème MARX (1818-83), « Les principes sociaux du christianisme transposent dans le ciel la compensation de toutes les infamies et justifientkandinsky-913975060.jpg ainsi toutes les infamies sur terre ». Q’importe si Dieu existe, la religion déroute du "travail sur le réel". Et la charité pour gagner le salut ne change pas l'ordre social. Manipulation ! « La religion est le soupir de la créature opprimée, la chaleur d'un monde sans coeur comme elle est l'esprit des catégories sociales d'où l'esprit est exclu. Elle est l'opium du peuple. » FREUD se joint à Marx voyant la religion comme une supercherie contraignante sans en dédire la consolation bienfaisante. Donc, il faut changer la société pour que ce mirage disparaisse. Pourtant, l’utopie n’anime-t-elle pas toute RÉVOLUTION ? Marx crée son « idéologie », le marxisme dialectique – même si c’est un emprunt. Ne pourrait-on y distinguer une laïcisation d’une l'aspiration métaphysique quelle qu’elle ce soit ou du « Royaume » judéo-chrétien ? Bâtir le communisme sur terre en se passant de Dieu, le prolétariat se substituant à la fonction messianique? Mais, appliqué à la pesanteur de la Révolution de 1917 en Russie, le communisme stade ultime de la lutte du prolétariat devant aboutir à une société sans classes, sans propriété privée, sans exploitation de l'homme par l'homme, les biens distribués à chacun selon ses besoins s’est transformé en communisme « réel » (plus le stalinisme !). Ainsi le rapport Khrouchtchev, la Hongrie et finalement la chute à la fois du mur de Berlin et de l’URSS ont sonné le glas de cette ébauche… Le philosophe JEAN-TOUSSAINT DESANTI, exposant l’abandon de son « credo » communiste convoque aussi «la parole de maîtrise », référence aux certitudes du Parti Communiste, convictions repliées sur elles-mêmes. Enfin, après la barbarie des deux Guerres Mondiales et la timidité des Églises officielles, le sentiment d’absurdité allié au consumérisme, l’athéisme se répand  spontanément. Il s’installa d’autant plus indubitable devant l’apathie des croyants… 2 sortes de « mystiques » : détachés ou investis, Thérèse d'Avila ou Mère Térésa ? Ces religieux scrutent-il un ailleurs dans un havre transcendant esquivant les problèmes de la société ou l’inverse ? Plusieurs phases avant d’en arriver à Jean-Paul SARTRE : « L’athéisme est une entreprise cruelle de longue haleine, je crois l’avoir menée jusqu’au bout » (Les Mots).
      Athée, mon frère ne néglige donc pas ces chrétiens assaillis par le doute (en dépit du besoin de croire, jusque dans le malheur). D’un côté, la sensation de gagner une chanII03.jpgévidente tranquillité, bien-être de la vraie indépendance et la fin de toute une « tartufferie » ! L’aversion risque de les conduire vers des crédulités divagantes ou un nihilisme impitoyable. De l’autre, désarroi de la défaillance et du manque de Dieu dans une existence devenue dramatiquement incohérence. Certains scrutent encore Dieu, le souhaitent sans doute, vont jusqu’à l’apostropher.
La fameuse phrase attribuée à Malraux sur le retour du religieux s’accomplit aujourd’hui. La mondialisation propose une variété religieuse aussi inédite qu’insolite. Chacun s’agence de pieuses sensations égotistes en dehors des chapelles. Certains célèbrent le « Traité d’athéologie » de MICHEL ONFRAY (2005). Élevé dans une institution catholique, «Je fus l'habitant de cette fournaise vicieuse ». On peut répliquer que Michel Onfray enfonce des portes ouvertes avec le sentiment grisant de prendre d'assaut la Bastille. Assimilable à la caricature le « Traité d’athéologie » argumente en ignorant les fondements mêmes du Christianisme, méprisant sa faculté de prendre du recul sur lui-même et ses transformations. Rénovations fâcheusement inexplorés ou occultées. Malgré ces inaptitudes si flagrantes, bornons-nous à constater que paradoxalement la prospérité du livre démontre l’intérêt de nos contemporains pour les problèmes que pose la foi ! Au point de s’interroger : l’athéisme n’aiguillonne-t-il pas les Églises ? « Le péché, dit SIMONE WEIL, c'est la méconnaissance de la misère humaine» Et THEODORE MONOD« Le véritable athéisme, à mon sens, c’est la résignation » (Terre et ciel).
    On aboutit au héros de La Peste d’ALBERT CAMUS. Comment croire devant la souffrance des enfants ? Et un début de réponse avec le livre du pasteur Roland de Pury JOB OU L’HOMME RÉVOLTÉ : « Quand on se rappelle l’extraordinaire violence des cris de Job et son réquisitoire brandissant impitoyablement tous les arguments de l’athéisme, face aux paroles si souvent édifiantes, si profondément religieuses, si propres à justifier Dieu, de ses amis, on ne peut s’empêcher de penser que Dieu est plus souvent du côté de ceux qui l’attaquent que du côté de ceux qui le défendent, et qu’il est certainement des athées plus proches de la vérité chrétienne que bon nombre d’apologètes chrétiens. Qu’il est des révoltés que Dieu préfère aux gens soumis de ses Églises, et des malheureux criant dans leur angoisse et dans leur nudité qui témoignent de Lui plus valablement que les avocats trop sûrs de leur affaire ». Inutile de se perdre en conjectures sur la source du mal. Les théologiens n’affirment plus l’omnipotence de Dieu, Jésus martyr initial, forge simultanément son pouvoir et sa fragilité, il ne s’agit pas de spéculation mais de réalisation vitale. Ne vaut-il pas mieux attaquer le mal dans une pratique quotidienne ? Or dans cet affrontement tangible croyants et incroyants, au lieu de se combattre, ne sont-ils pas réunis dans la même énergie ? Peut-être, alors, pourrions nous suivre l’exemple de Job comme nous y invite la pasteur Marianne Guéroult dans sa conférence de Carême : « La religion, la foi, Dieu et ses mystérieux projets ne lui tourneront pas la tête. S’il s’y était laissé emporté l’amour de Dieu lui aurait été un rêve, une illusion. Parce qu’il garde la foi sans l’opium…parce que son combat est dans l’ordre de l’éveil…dans l’attente du soleil de justice. »

Anne-Flore Urielle

Catégorie : - ACTUALITE
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