Texte à méditer :  

Rêver un impossible rêve
Porter les chagrins des départs
Brûler d'une possible fièvre
Partir ou personne ne part
Aimer jusqu'à la déchirure
Aimer même trop même mal
Tenter sans force et sans armure
D'atteindre l'inaccessible étoile
Telle est ma quête
Suivre l'étoile ...

  
Jacques Brel
 
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  « En lui était la vie et la vie était la lumière des hommes" évangile de Jean

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BACH protestant (1685 / 1750)

    Le génie de Jean-Sébastien Bach incarne l’apothéose d’une dynastie en un siècle où s’accroît la prépondérance des musiciens dans la vie publique, familiale et ecclésiale. A la cour des princes de WEIMAR et Cöthen, à LEIPZIG Johann_Sebastian_Bach.jpgle luthérianisme remplit les églises.De plus,son art s’est révélé très tôt en imitant d’abord les grands compositeurs du temps Froberger, Böhm ou Buxtehude : la fugue (BWV 575) en porte les traces sorte d’improvisation libre rigoureusement construite. Bach maîtrise parfaitement cette carrière à peine éclose ! En fait, il décidera de ne pas livrer ce choral d’église à la virtuosité pour susciter la méditation : « Sois salué Seigneur plein de bonté » (BWV 768) choral a variations (4 voix sur le plenum de l’orgue) retravaillé dans sa maturité et « Viens Sauveur des païens » (BWV 599), traduction de LUTHER du latin en allemand d’un hymne attribué à Amboise de milan (IVème s). Bach l’aimait beaucoup, on retrouve ce thème dans ses cantates et œuvres pour orgue. Cela commence par un accord dense et saturé qui se plie sur lui-même, allusion musicale au temps de la venue du Messie ; puis bondissement subtil mais audible dans la basse comme si le bébé Jésus remuait dans le ventre de sa mère, Marie; enfin avec le tutti de l’orgue, la certitude confiante de l’Église qui annonce le Sauveur ! D’ailleurs, en bon luthérien Bach signait ses grandes partitions avec ce 3 lettres « SDG » (Sola Déo Gloria), À Dieu seul la gloire… Aujourd’hui, on abuse indélicatement de ses chorals mis à toutes les sauces oubliant le prodigieux travail du maître de chapelle : dimanche à 5h, les matines, 7h le culte et la cérémonie se prolonge jusqu’à midi. Prélude d’orgue, motet, Kyrie et Gloria, hymne du jour, Credo, exécution de la Cantate, sermon (1 h), hymne ou motet pour la Sainte Cène. A midi second office : 2 chants, un sermon, un chant ; 13h30 les vêpres avec des mots, à Noël le Magnificat, le Vendredi Saint une Passion. Telles étaient certaines journées du musicien dont on devine le travail non seulement d’exécution mais surtout de composition ! S’il fallait synthétiser le caractère et l’œuvre de Bach, la vie même traduite par ce qu’elle peut donner de meilleur et de plus haut : la joie. La joie (malgré ses chagrins familiaux), la force de la foi qui balaye d’un coup de vent frais nos petites neurasthénies misérablement dorlotées… Étrange homme qui n’a pas l’air sentimental et exprime tous les sentiments, l’intimité sans abuser nos sensations ; magnifie la souffrance sans jamais abaisser la douleur d’où s’envole l’espérance : quelle musique réconforte aussi naturellement  que celle de Bach?

ALBERT SCHWEITZER a écrit un livre « J S Bach, le musicien poète » : « L’art de Bach, pour produire tout son org1_m.jpgeffet, doit être présenté à l’auditeur sous une forme vivante et parfaitement plastique. Ce principe fondamental de l’interprétation, même aujourd’hui, n’est pas toujours reconnu. Nous commettons déjà une énorme faute envers le style et la musique de Bach lorsque nous l’exécutons avec un énorme orchestre et des chœurs massifs. Les cantates et La Passion ont été écrites pour environ 30 à 40 voix et autant d’instruments. L’orchestre de Bach ne se borne pas à accompagner les chœurs, il tient une place égale. La trame merveilleusement limpide des ouvrages sera ainsi respectée. Pour l’alto et le soprano Bach n’utilisait pas de voix de femmes mais des voix de jeunes garçons de même que pour les soli… La musique de Bach étant architecturale, les crescendi et descendi qui dans la musique de Beethoven reflettent les sentiments ne conviennent pas à Bach. Les alternances de forte et piano ne sont destinés qu’à mettre en relief les thèmes principaux par rapport aux thèmes secondaires. C’est seulement dans les limes de ces forte et piano que les crescendi et descendi déclamatoires sont admissibles. S’ils effacent la différence entre forte et piano ils détruisent toute l’architecture de l’œuvre… On joue toujours Bach trop vite Une musique qui suppose la perception de lignes de sons progressant simultanément, devient un chaos pour l’auditeur si un mouvement trop rapide rend cette perception impossible. Ce n’est pas tant le mouvement, c’est le phrasé qui, en faisant surgir devant l’auditeur les lignes de sons en leur vivant relief, met en valeur toute la ligne de vie contenue dans la musique de Bach. Alors que jusqu’à la moitié du XIXème siècle, chose, curieuse, on jouait généralement Bach « staccato », on tomba ensuite dans l’autre extrême et on s’appliqua à le rendre dans un monotone « legato ». Au bout d’undanpierre_20130627074827.jpg certain temps je m’avisais que Bach demande un phrasé plein de vie. Il pense en violoniste. Chez lui les notes doivent être liées les unes aux autre et en même temps détachées ainsi que le fait l’archet. Pour bien jouer un morceau de piano de Bach, il faut le rendre comme le ferait un quatuor à cordes. Le phrasé correct sera obtenu par l’accentuation correcte. Bach exige que les notes décisives pour le tracé du chemin musical soient mises en valeur par l’accent. Une caractéristique de la structure de ses périodes est que, généralement, elle ne partent pas de l’accent mais y conduisent au contraire. Elles sont conçues pour commencer un levé. Il faut noter, en outre, que les accents des lignes de son ne coïncident pas avec les accents naturels des mesures, mais que les uns cheminent librement à côté des autres. De cette indépendance naît l’extraordinaire vie rythmique qui anime la musique de Bach ». Ce sont-là les conseils d’Albert Schweitzer qui ajoute un point essentiel : « Mais celle-ci va plus loin et plus haut, elle exige de nous que nous nous recueillions, et, par la méditation intérieure devenions capables de faire revivre quelque chose de son esprit profond ». Car Schweitzer fut un grand organiste : « J’ai sacrifié beaucoup de temps et de travail à lutter pour l’orgue véritable. J’ai passé bien des nuits sur des projets d’orgues qu’on m’avait demandé d’examiner ou de modifier…Le premier orgue ancien que j’ai sauvé – et avec quelles peines ! – est le bel instrument, créé par Silbermann en l’église Saint-Thomas à Strasbourg. »

   Terminons avec la fugue (BWV 552) en mi mineur sur la Trinité : 3 parties de longueurs égales. D’abord thème lent et majestueux, le Père. Puis, fluide, lent et retenu, le Fils. Après une conclusion, nouveau thème mêlé : la divinité du Fils s’harmonise avec son humanité (entend-t-on la croix et la résurrection ?). Enfin la 3ème partie du Saint-Esprit, thème exalté et radieux (Pentecôte). Et dans cette finale les 3 thèmes s’unissent dans une puissance jubilatoire, Bach nous tenant en haleine jusqu’au bout ! A regret, ce ne sont que quelques aspects de l’art de Bach…

Anne-Flore Urielle


Catégorie : - MUSIQUE
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