Texte à méditer :  

Rêver un impossible rêve
Porter les chagrins des départs
Brûler d'une possible fièvre
Partir ou personne ne part
Aimer jusqu'à la déchirure
Aimer même trop même mal
Tenter sans force et sans armure
D'atteindre l'inaccessible étoile
Telle est ma quête
Suivre l'étoile ...

  
Jacques Brel
 
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  « Je relis Les Caractères, si claire est l’eau de ces bassins qu’il faut se pencher longtemps au-dessus pour en comprendre la profondeur » André Gide

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LA GÉNÉALOGIE

   Il paraît que les français aiment l’histoire. Cela explique-t-il cette récente ardeur à fourrager les vieux papiers ? Les divorces se multiplient mais parallèlement les antiques documents familiaux sont pieusement conservés, rudiments d’une recherche généalogique, vécue comme une aventure. Car les noms de famille en France remontent au XIIe siècle (hausse démographique) les individus étaient, avant, distingués par leur prénom. [Au Moyen Âge, pour les personnes de même prénom on y associait le nom du père (le Martin de Jean ou de Luc), la provenance (du chêne ou 2349865893_small_1.jpgl'angevin), ou la particularité physique ou morale (grand, bon, boucher)]. En fait, vos patronymes ancestraux vous ont été attribués par vos voisins !  En 1538, avec l'ordonnance de Villers-Cotterêts, chaque paroisse doit tenir des registres de baptêmes et les surnoms qui différenciaient les homonymes sont transmis des pères aux enfants, le patronyme entre dans la légalité ! "Tout homme descend d’un roi et d’un pendu" la facétie de La Bruyère prend place à une époque où LA NOBLESSE, pour jouir de ses privilèges, devait fournir ses quartiers. A l’encontre du poncif, la particule n’existe pas ! Nombre de patronymes établis sur un nom de lieu, Delorme (habitant Lorme), le de séparé n’indiquait pas forcément une origine noble. Dès le XIIème siècle, les nouveaux anoblis ajoutèrent leur terre, Delorme de Laroche tandis que les premières familles nobles portaient déjà le nom de celles-ci (de Noailles). Et la noblesse d’origine féodale ou chevaleresque demeure sans preuve écrite ! A partir du XVème siècle les rois de France anoblirent par lettres patentes. Puis, les offices (fonction publique), héréditaires, concédèrent une forme de noblesse [cf. le fameux Colbert]. La savonnette à vilain ! Quant aux nobles d’Empire !...  Imaginez, si vous arrivez à vous découvrir des ancêtres jusqu’au XVIIème siècle, vous possèderez 4000 individus ! Analyse capitale des spécialistes : la pureté de la race ne résiste pas à la généalogie : nous descendons tous des peuples qui ont traversé la France, Francs, Gallo-romains, Gaulois, Goths, Wisigoths, Vandales… plus les implantations arabes (avant Poitiers et Charles Martel 732). (Mahomet faisait partie des aïeux de Louis XIV lui-même). S’ajoutent les colonies françaises à travers le monde et les unions qui s’en suivirent…  Quant à la quête des archives, vraie filature, elle se convertit en battue paléographique, sinon en dédale linguistique (actes avant 1789 écrits en latin, plus les ramifications étrangères). Savoir lire ces actes notariés dénichés. Chères archives cendreuses !  Pardon, aujourd’hui on fonctionne au microfilm ou mieux aux documents numérisés accessibles par Internet et au marché juteux des logiciels généalogiques ! Labyrinthe de démarches – quelle équipée tentante ! Où s’achèvera l’entreprise ? Arbres mirifiques ou alambiqués, puzzle amoncelant des noms et dates dépourvus de chair, d’une quelconque biographie… Vu de l’extérieur, quel sens, quelle satisfaction d’accumuler tant de patronymes inconnus à part la date de leur naissance, mariage et mort ? Le généalogiste familial ne connaîtra jamais ni le physique, ni le caractère au fur et à mesure qu’il s’éloigne du service militaire moderne, de l’invention de la photographie etjpg_genea-e8c16.jpg l’alphabétisation à partir des actes (une belle signature ou une croix !).

Par contre, si on ne remonte pas trop loin on peut espérer la reconstitution de l’existence d’un arrière grand père, croquis singulier et captivant. Un exemple : Henri Guyot (1847-1928), industriel à La Souterraine (Creuse). Forgeron, Fils d’un maréchal-ferrant et aubergiste [Lors du coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte, le 2 décembre 1851, son père, Christophe, est emprisonné]. Puis, il se spécialise dans la taillanderie, la fabrication des outils tranchants pour l’agriculture et l’artisanat. Très entreprenant il participe aux expositions régionales. Il achètera les ateliers nécessaires pour aux les grosses pièces de fonderie. Dès la fin du XIXe siècle, Henri Guyot va se lancer dans la conception et la fabrication de marteaux-pilons, déposant des brevets d'invention. A l’Exposition universelle de Paris en 1900 il reçoit une médaille de bronze avec félicitation du Jury International. Projet moderne audacieux, 1909, Henri Guyot aborde la construction d’aéroplanes. Brevet pour un aéroplane à élévation verticale. Association avec Louis Verdier aviateur. Leur avion n’ayant pas satisfait l’armée, Henri Guyot et Louis Verdier s’orientent alors vers l’aviation sportive. Ils effectuent un vol de démonstration devant 4000 à 6000 personnes, tenant en l’air pendant 35 minutes et bouclant un circuit de 35 kilomètres ! Portés en triomphe dans les rues de la ville ! Selon les renseignements oraux recueillis dans la famille, l’épouse d’Henri Guyot, Marie, née Leblanc, assurait le secrétariat de l’entreprise et préparait le repas des ouvriers….Autre curiosité : Jean Baptiste Cazaud (1795-1879) curé à La Souterraine, typique de la puissance du clergé et de l'expansion des  congrégations. Grâce aux dons paroissiaux, il soutient l’installation (1835) de la Congrégation du Sauveur et de la Vierge Marie dont les religieuses soignent les malades. En 1843 inauguration d'une des cloches de l'église de la Souterraine qui porte son nom. 1868 Jean-Baptiste Cazaud, fait construire à ses frais une école confessionnelle dont il confie la direction aux Frères des Écoles Chrétiennes. (Créés par Jean Baptiste de La Salle en 1680 en France). Malgré des difficultés de gestions, dans son testament, il nomme son neveu, Victor Cazaud, prêtre, légataire universel qui devra s'acquitter de mille messes à son intention… tombe monumentale. L’éminent médiéviste GEORGES DUBY  avec son fameux "Guillaume le maréchal" ou le meilleur chevalier d’Europe, nous donne aussi un modèle d’élévation sociale. "Cadet sans avoir. Devenu riche et baron mais en gardien de sa femme et des fils de celle-ci. Investi du pouvoir royal, mais en gardien du roi trop jeune (Plantagenêt). Sans avoir imaginé qu’il accèderait à ce degré  de pouvoir. Sans avoir été formé pour l’exercer et sans titre qui lui vît de son sang ni de la liturgie des prêtres. Sans autre qualité (ce n’est pas lui qui parle) que d’en avoir la vertu." Ce fut à cette excellence, à elle seule, qu’il dut de s’élever si haut. G. Duby en fin historien étaye l’ouvrage d’une bibliographie stimulante.

Si vous avez la chance d’identifier de telles tranches de vie chez vos aïeux, vous les conserverez avec joie mais n’oubliez pas qu’elles peuvent fonder la Grande Histoire. MARC BLOCH dans "Le métier d’historien" écrit :"L’historien ne sort jamais du temps mais par une oscillation nécessaire tantôt les grandes ondes de phénomènes apparentés qui traversent de part en part la durée, tantôt le moment humain où ces courants se resserrent dans le nœud puissant des consciences… Le temps humain demeurera toujours rebelle à l’implacable uniformité comme au sectionnement rigide du temps de l’horloge…C’est seulement au prix de cette plasticité que l’histoire peut espérer adapter, selon le mot de Bergson, ses classifications aux lignes mêmes du réel, ce qui est proprement la fin dernière de toute science. » (Voir dans HISTOIRE « Le métier d’historien »)

Anne-Flore Urielle


Catégorie : ARTICLES - HISTOIRE
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