Texte à méditer :  

Rêver un impossible rêve
Porter les chagrins des départs
Brûler d'une possible fièvre
Partir ou personne ne part
Aimer jusqu'à la déchirure
Aimer même trop même mal
Tenter sans force et sans armure
D'atteindre l'inaccessible étoile
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Jacques Brel
 
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  « Le vrai travail c'est quand je cherche avec l'air de ne rien faire...chercher une idée et espérer qu'elle vienne, ça oui c'est du travaii !" René Gosscinny

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LA LUMIÈRE DE NOËL (2013)

 JEAN chapitre I, versets 1-5 ; 9-14 ; 16-18

  Les chrétiens ont-ils encore quelque chose à dire et à vivre ? noel2013.jpgNoël est une fête extrêmement populaire, dont la dimension religieuse subsiste. Même dans les centres commerciaux, on entend résonner les cantiques de Noël. Enfin, Jésus continue à fasciner. On l’aime pour sa sagesse et son message d’amour, on est même prêt à reconnaître qu’en affirmant l’égale dignité de tout homme devant Dieu, il a posé l’un des fondements des droits de l’homme.

  Pourtant, la question de la pertinence du christianisme – et à plus forte raison des Églises – nous est quotidiennement posée. La religion, dans son sens le plus général, est soupçonnée d’entretenir l’obscurantisme, la misogynie et la violence. A la suite du 11 septembre, des journalistes ont estimé que le problème ne venait pas seulement des intégristes musulmans ni même de l’islam mais de la religion, elle-même. Et le philosophe Michel Onfray fait un triomphe en attaquant violemment les religions et en les estimant coupables de nier la vie, le corps et la culture.

LA BIBLE reste un succès de librairie mais, le plus souvent, elle est achetée et lue comme une œuvre littéraire et historique, non comme le témoin de la Parole de Dieu. Jésus a sa place au Panthéon des grands hommes, à côté de Bouddha ou du Dalaï-lama, mais des expressions comme « Fils de Dieu », « Christ » ou « Messie » ne font plus sens. Quant aux Églises, elles sont accusées d’avoir trahi l’Évangile, culpabilisé des générations de croyants. Plus grave encore, si elles ne font plus recette, c’est parce qu’elles n’auraient plus grand chose à dire. Des pans entiers de leur doctrine ne seraient plus opérants aujourd’hui ou se seraient dissous dans la culture post-moderne…

Alors, en ce jour de Noël, quelle bonne nouvelle pouvons-nous recevoir et transmettre ? Quel est le cœur de nos convictions ? De notre foi ? « La Parole s’est incarnée … et cette lumière est lacierge.gif vraie lumière qui, en venant dans le monde, illumine tout homme ». Ici, Jean atteint l’essentiel. Cet essentiel n’est ni une morale, ni une sagesse, encore moins des rites ou des dogmes, c’est une bonne nouvelle : par Jésus, la lumière est venue dans le monde pour que nous devenions, à notre tour, lumineux.

C’est, je le crois, cette bonne nouvelle, que nous pouvons recevoir, aimer et transmettre. En assimilant Jésus à la lumière, Jean utilise un symbole universel : celui de la lumière qui brise l’obscurité. Il reprend également une image chère au peuple juif. Car, dans le Premier Testament, la lumière n’est rien d’autre que la Parole de Dieu. Cette Parole a créé l’univers, elle s’est adressée aux grands hommes du peuple juif, elle a guéri, redressé, redonné vie. Ainsi, en annonçant d’emblée que Jésus est la lumière venue dans le monde, Jean proclame que Jésus est la Parole incarnée, la Parole « en chair et en os ».

Noël fête cette nouvelle : la Parole de Dieu est au milieu de nous, la Parole de Dieu est en nous. Cette bonne nouvelle n’est pas théorique. Elle concerne notre existence. Par l’image de la lumière, Jean nous aide à le comprendre. Vous le savez aussi bien que moi, la lumière a une triple fonction : elle permet de se repérer, d’éclairer les autres et de vivre. Sans lumière, les plantes meurent et les humains dépérissent. Proclamer que Jésus est la lumière, c’est donc affirmer que Jésus voit clair, guide et permet d’avancer dans la vie.

D’abord, Jésus voit clair sur Dieu. Par eux-mêmes, les hommes imaginent des dieux qui leur ressemblent étrangement et qui incarnent un aspect de leur vie ou de leurs sentiments. C’est ainsi que les Grecs et les Romains avaient les dieux de la guerre, de l’amour, de la justice. Les juifs puis les chrétiens ont parfois cédé à la tentation de projeter sur Dieu ce qu’ils étaient ou aspiraient à devenir. Suivant les époques, ils ont cru en un Dieu juge, nationaliste, guerrier ou au contraire, dans des époques moins ferventes, ils l’ont réduit à une fonction d’horloger ou à une réserve d’amour généreuse mais sans grand effet. Comme l’écrivait Voltaire, ce n’est pas Dieu qui a créé l’homme à son image, c’est plutôt l’homme qui s’est forgé un Dieu à son image. Dans un livre passionnant, Régis Debray a décrit une histoire de Dieu qui n’est rien d’autre que l’histoire des représentations que l’homme lui donne.

  Ainsi, Dieu est la projection de nos désirs, de nos peurs, de nos idéaux ou de nos frustrations. Parce qu’il est lumière, Jésus voit clair sur Dieu. Il sait qui est Dieu et il nous le donne à connaître ; non pas le Dieu que nous imaginons mais celui qui était, qui est et qui sera. Jésus est le révélateur de Dieu. Il le sera auprès de tous ceux qu’il rencontrera. A la femme adultère qui se croit définitivement condamnée par les hommes et par Dieu, il met en lumière le pardon divin et l’interdiction pour tout homme de condamner sans appel. Au jeune homme riche qui se croit en règle avec Dieu parce qu’il LeverSol2.jpgrespecte ses commandements, Jésus met en lumière la nécessité de se débarrasser de ce qui l’empêche de Le suivre. A l’aveugle et aux disciples qui voient dans le handicap physique une punition divine, Jésus dissocie la souffrance et la faute et annonce que Dieu veut l’homme debout et libre.

  Jésus est la lumière qui éclaire sur Dieu. Hier comme aujourd’hui. C’est pourquoi, en ce jour de Noël, nous pouvons nous réjouir, parce qu’enfin, nous avons accès à Dieu. Enfin, nous savons qui il est pour nous. Enfin, nous savons qu’il est le  "tout proche". Enfin, nous savons qu’il est notre Père ou notre Mère. Jésus est aussi la lumière en ce qu’il nous permet de vivre. Comme la lumière est la condition de la vie, Jésus nous communique la vie éternelle, c’est-à-dire une vie, où dès aujourd’hui, nous sommes accompagnés, fortifiés et aimés. En recentrant notre vie sur le Christ, sur son message, sa foi, sa confiance, en suivant pour chemin pour rencontrer le Père, nous recevons de lui la vie. De même que les plantes et les arbres poussent naturellement dans la direction de la lumière, que notre croissance soit orientée vers la lumière de Dieu. Alors, Noël rimera avec « vie nouvelle ». Ainsi, Jésus est la lumière. Plus encore, il fait de nous des êtres lumineux, qui diffusent la lumière. Oui, vous êtes éclairés afin de devenir, à votre tour, lumière. Noël est ainsi une promesse mais aussi un envoi. Devenez lumière ! Transmettez la Parole de Dieu, en paroles, en faisant connaître le Dieu de Jésus-Christ ! Transmettez la Parole de Dieu par des actes inspirés de l’Évangile, des actes de paix et de partage ! Transmettez l’espérance de l’Évangile, partagez cette conviction que notre monde n’est pas abandonné, que le pire n’est jamais sûr, que notre futur sera accompagné.

Les chrétiens ont-ils encore quelque chose à dire et à vivre ? Noël et la relecture qu’en fait Jean nous permet de répondre : « oui, nous avons quelque chose à dire et à vivre ! Parce que nous savons que Jésus est la lumière et que nous nous laissons illuminer par lui, nous pouvons être des porteurs de lumière » !

 Pasteur Vincent Nemè Peyron


Catégorie : ARTICLES - SPIRITUALITE
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