Texte à méditer :  

Rêver un impossible rêve
Porter les chagrins des départs
Brûler d'une possible fièvre
Partir ou personne ne part
Aimer jusqu'à la déchirure
Aimer même trop même mal
Tenter sans force et sans armure
D'atteindre l'inaccessible étoile
Telle est ma quête
Suivre l'étoile ...

  
Jacques Brel
 
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  « Je relis Les Caractères, si claire est l’eau de ces bassins qu’il faut se pencher longtemps au-dessus pour en comprendre la profondeur » André Gide

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LE BIJOU EST UN ART

 Récemment, à Paris, l’exposition "Cartier le style et cartier-1-2.jpgl’Histoire", a prouvé, avec ces deux mots, que le bijou transcende l’ostentation et devient un art. Ce merveilleux événement a pu se dérouler grâce au fond photographique conçu depuis 1901 :"Je photographie l’intégralité de la Maison, de la plus petite breloque aux parures d’exception. Cela représente environ 4000 pièces par an….Il faut gérer des transparences, des brillances, des reflets… Chaque objet doit être photographié sous tous ses angles car l’envers est aussi ouvragé que l’endroit", Vincent Wulveryck. Les autochromes dont les bijoux saisis sur des mannequins de cire exposent des tableaux quasi surréalistes. D’autres sont beaucoup plus précis : le cahier du le sacre de Georges V et son épouse empereur et impératrice des Indes ;sans référence obligatoire à Cartier on découvre la prédilection des maharadjas pour la parure. L’expert qui restaure et numérise souligne :"Il existe assez peu de fonds liés à une entreprise qui s’étendent sur une telle durée et qui s’enrichissent encore aujourd’hui".

(1) LE NOM : la fondation de l’entreprise de joaillerie par Louis-François Cartier (1819-1904) rue Montorgueil fut lancé par la princesse Mathilde (a),modèle de distinction mondaine. Bref exil à Londres à la chute du Second Empire. La reine Victoria la remplacera et la maison y implantera des relais fructueux. Retour à Paris dès 1874. On entre dans La Recherche du Temps Perdu (Proust) avec Boni de Castellane pour client – et, notons-le, nombre de princes étrangers ! Or, le fils de Louis-François Cartier épouse la fille de Charmes Frédéric WORTH fondateur de la haute couture française (voir leexposition-cartier-style-lhistoire-T-R7ZHlP.jpeg portrait d’Elizabeth d’Autriche, Sissi, portant une de ses robes). Cette alliance se traduit dans la haute couture par une harmonie raffinée entre tissu et joaillerie pour les robes du soir, très appréciée par la clientèle russe : (image 1 à gauche), 1907, haut de corsage saphirs, platine, diamants ronds taille ancienne et taille rose, un saphir de forme poire et 7 saphirs de forme coussin, serti millegrain (environ 51 carats et 21 x 13 cm). 1899, installation rue de la Paix. Cartier va devenir international avec ses bijoux en diamant imitant le style Louis XVI : 1904, attaché à la cour anglaise par Édouard VII, 1908, malgré les difficultés économique, ouverture succursale à Saint-Pétersbourg pour l’aristocratie francophile et francophone (qui revendra ses joyaux après la Révolution de 1917), 1909, à New-York pour les nouvelles grandes fortunes…                                                                                             

943724-exposition-cartier-le-style-et-219x219-2.jpg(3) Pénétrant dans un domaine enchanté on parodiera la curiosité des paparazzi ou des frivoles au sujet du DIADÈME de K. Middelton pour son mariage avec le prince William du Royaume Uni (Halo créé par Cartier en 1936 pour celui de Georges VI son ancêtre). Sphère réputée, le diadème dont l’étymologie grecque, je lie, reflète les festivités solennelles hellénistiques ; le mot anglais tiara (persan) évoque les souverainetés orientales. Autre osmose, le kokochnick (russe, kokoch, crête de coq) évasé il se met autour de la tête comme l’auréole en croissant d’une vierge byzantine ! 1907, Marie Bonaparte (b), lors de son mariage avec Georges de Grèce,943723-exposition-cartier-le-style-et-219x219-2.jpg arbore, avec les broches-pinces néo Louis XVI, un diadème à feuilles d’olivier en diamants et émeraudes calquées sur la couronne du sacre de Napoléon. Matériaux et enjolivures changent selon les nouveautés et les fantaisies, ici à droite (2) :1914 Art Déco, platine rehaussé de 15 perles fines figurant un arbre aux feuilles et aux branches d’onyx calibrés sur des diamants ronds, taillés à l’ancienne, émail noir (43 cm au centre).

Mais le génie de Cartier ne se laissa pas enfermer dans une spécialité : tout un (4) BESTIAIRE légendaire s’introduit dans la Maison entre 1933 et 1970, oeuvres de Jeanne Toussaint, fleurs, chimères et surtout tigre léopard panthère, pittoresque mis au goût du jour par Sarah Bernhardt. Allégorie féline et féminine "Il y a aussi dans le choix de la panthère (platine et or blanc) quelque chose de l’autorité, de l’affirmation de soi un symbole de la féminité décomplexée. D’ailleurs les panthères Cartier ne sont jamais représentées endormies…Elles sont séductrices mais aussi prédatrices" Laure Dalon (conservateur du patrimoine, commissaire de l’exposition). (3 gauche) sac de soie 1961 dont le fermoir est une panthère, or platine, émail noir et émeraudes de forme navette (yeux), diamants taille brillant et 8/8, porte l’initiale de la princesse Mdivani à qui il était destiné. Et en 1944 (4 droite) "l’oiseau libéré" or platine, diamants taille rose, cabochon de saphir, lapis-lazuli, corail…pendant la Seconde Guerre Mondiale Cartier se contenta de créer ces oiseaux en cage, un semblant 1888317-expo-cartier-gagnez-des-places-pour-le-grand-palais.jpgde bleu, blanc, rouge…

Pourquoi pas l'INDE puisque on s’y rend par le truchement de la succursale londonienne ? 1925, privilège fabuleux, le maharadja de Patiala souhaite remonter les bijoux de la Couronne. Échanges lumineux, Cartier achète des pierres précieuses taillées selon la coutume moghole ornées en feuilles et fruits ou gravés de motifs. (4 droit)(5 gauche)cartier-expo-pendulette-egyptienne.jpg Collier hindou 1936 (transformé en 1963). Platine or blanc, diamants taille marquise, baguette et ronds taille ancienne, 13 saphirs taille briolette, 146,9 carats, 2 en forme de feuille et une boule ;émeraudes carrées gravées et boule, côtelées et lisses ainsi qu’un cabochon ; rubis gravés en forme de feuille, boules lisses et gravées et cabochon ; 43 cm ouvert ; commande de Miss Daisy Fellowes. Quant à la fureur de l’égyptomanie lorsque en 1922 l’égyptologue anglais Howard Carter découvrit la tombe de Toutankhamon – nouvelle source d’inspiration et là dans la branche de prédilection qui fit aussi sa renommée, L’HORLOGERIE!(6 droite) pendule égyptienne :1927, or, vermeil, plaques de nacre gravées d’hiéroglyphes, lapis-lazuli au socle et au sommet, corail, émeraude, coraline, émail polychrome et blanc, 24 x 15,70 x 12,70 cm.

Enfin, au XXème siècle Cartier aborde l’abstraction sous la double initiation des arts de l’Islam, prééminence de coloris et matériaux hétérogènes : consécration des arabesques en diamants d’onyx dans les bijoux. Plus, la réviviscence artistique des Ballets Russes qui entrelaçaient, avec gaîté, vert, bleu et orange qui nous offrira agencement inattendu et moderne du saphir et de l’émeraude…         (6)

Anne-Flore Urielle

(a) Descendante de Jérôme Bonaparte – un temps fiancée à Louis Napoléon, Napoléon III

(b) Descendante de Lucien Bonaparte (qui aida son frère le 18 Brumaire); elle participa à la fondation de la Société Psychanalytique de Paris (1926)


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