Texte à méditer :  

Rêver un impossible rêve
Porter les chagrins des départs
Brûler d'une possible fièvre
Partir ou personne ne part
Aimer jusqu'à la déchirure
Aimer même trop même mal
Tenter sans force et sans armure
D'atteindre l'inaccessible étoile
Telle est ma quête
Suivre l'étoile ...

  
Jacques Brel
 
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  « Je relis Les Caractères, si claire est l’eau de ces bassins qu’il faut se pencher longtemps au-dessus pour en comprendre la profondeur » André Gide

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LAÏCITÉ EN ISRAËL

Claudine Castelnau (21 janvier 2014)

Séparer État et religion ? Impensable, selon le président israélien Shimon Peres. C’est ce qu’il a affirmé devant des étudiants d’une université juive-orthodoxe de Jérusalem. Malgré les tentatives des laïcs pour imposer plus de sécularisation, Israël est, et restera un État juif a-t-il affirmé avec force. Il visait entre autres une proposition de loi présentée par la formation politique laïque Yesh Atid, de mettre fin à l’exemption du service militaire dont les jeunes ultra-orthodoxes ont bénéficié jusqu’ici et de les intégrer dans le monde du travail dont ils se tiennent éloignés. Ce projet de loi suscite réticences ou ferme opposition de la part de nombreux haredi (les craignant Dieu, ultra-orthodoxes). Selon Shimon Peres, « Il est aussi illogique qu'impossible de dire que nous allons avoir un État laïc. [...] Je ne vois pas comment vous pourriez séparer le judaïsme de l’État. »

Le Centre communautaire laïc juif dont la charte prône "la défense des valeurs de laïcité, de tolérance et de dialogue héritées de l’humanisme juif" a vivement réagi aux propos du Président d’Israël en rappelant que celui-ci n’a jamais eu d’atomes crochus avec les ultra-orthodoxes et qu’il n’est pas connu jusqu’ici pour être un croyant zélé ! Aurait-il voulu faire preuve de « gentillesse » envers ces ultra-orthodoxes qu’il avait en face de lui lors de cette rencontre, ce qui expliquerait qu’il ait laissé passer une question insultante pour le gouvernement, celle d’un étudiant parlant "d’une attaque sans précédent pour tenter de diffamer le mouvement ultra-orthodoxe à propos du service militaire". Commentaire du Centre communautaire laïc juif : « L’attaque sans précédent » n’étant autre que l’obligation faite aux jeunes “haredi” d’être enfin utiles à cette société israélienne qu’ils méprisent mais dont ils prennent l’argent, en accomplissant un service militaire ou civil et en travaillant pour vivre. Parti de la sorte, le président israélien a donc multiplié les déclarations... intempestives : "Il est hors de question qu'Israël devienne le seul endroit au monde sans yeshiva (école religieuse)". Après s’être opposé à cette demande que nul n’a jamais formulée, Shimon Peres a encore déclaré : "Il existe une grande diversité d'opinions et de courants au sein du judaïsme, mais le dogme central de base réside dans les Dix Commandements ». Et donc : « Je ne vois donc pas comment vous pourriez séparer le judaïsme de l'État. ». Conclusion : « Malgré les tentatives des laïcs pour imposer plus de sécularisation, Israël est, et restera un État juif"…

"DÉSAMORCER L’ISLAM RADICAL"

     Ces dérives sectaires qui défigurent l’islam :  DOUNIA  BOUZAR

Les Éditions de l’Atelier (224 pages - 20 €)

(Recension Gilles Castelnau (22 janvier 2014)

 [Ancienne éducatrice à la Protection judiciaire de la jeunesse, Dounia Bouzar est anthropologue du fait religieux spécialisée dans la gestion de la laïcité au sein des institutions et des entreprises. Elle a été nommée « héros européen » par le Time magazine pour son travail novateur sur l'islam en 2005 et est l'auteur de plusieurs livres. (4e de couverture)]. Introduction :"…Il est temps que la majorité silencieuse des musulmans se fasse entendre sur sa manière de comprendre et d'appliquer sa religion...Ne supportant plus la façon dont le débat public parle de l'islam, les musulmans se taisent. Ils sont doublement heurtés : parce que des radicaux justifient leurs comportements voire leurs crimes barbares par leur religion… Dès que les musulmans prennent la parole pour dénoncer le radicalisme, leurs propos sont utilisés non pas contre les radicaux mais contre... l'islam. Il est temps d'arrêter de prendre les musulmans pratiquants pour des radicaux et il est temps d'arrêter de prendre les radicaux pour de simples musulmans trop pratiquants... »

Chapitre 1:"Seuls les radicaux ont introduit, parallèlement au port du niqab, celui de la longue barbe non taillée, soi-disant à l'image de celle que portait le Prophète… Bien sûr, la difficulté va consister à décrypter le sens de cette barbe : est-ce un jeune en crise "qui en rajoute" et s'approprie le stigmate que les médias lui renvoient ("Les musulmans sont tous des barbus intégristes ? Alors faisons-nous tous pousser la barbe en cœur !") ? Est-ce un jeune en processus de rupture convaincu qu'il faut se distinguer "des faux musulmans et des mécréants" ? Il s'agira d'observer le reste du comportement de la personne en question avant de se faire une idée... »

Chapitre 2:"…Les sociologues évoquent l'émergence de mouvements radicaux qu'ils nomment "nouveaux mouvements religieux"(NMR),indiquant par là qu'il s'agit de reformulations religieuses plutôt qu'un retour à des pratiques ancestrales. Ces tendances concernent prioritairement les évangélistes aux États-Unis et les musulmans en Europe. Ces mouvements n'ont pas grand-chose à voir avec les religions traditionnelles qui ont participé à la fondation de grandes civilisations. Ils consistent au contraire à exhiber du "pur religieux" comme un absolu, le seul marqueur identitaire possible, refusant qu'il soit considéré comme un système symbolique culturel parmi d'autres. Certains hommes politiques y voient l’illustration de "conflits de civilisations" mais, pour cela, encore faudrait-il que ces mouvements radicaux soient rattachés à une quelconque civilisation, ce qui n'est pas le cas. Les adeptes de ces "nouveaux mouvements religieux" se considèrent comme supérieurs au reste du monde… C'est moins au choc des civilisations que l'on assiste qu'au choc des ignorances. Le niqab, une invention contemporaine … Mais 95% des citoyens français sont maintenant persuadés que cette pratique relève d'une application "au pied de la lettre" de l'islam. Les radicaux ont donc perdu sur le plan juridique mais gagné au niveau symbolique. Et je rajouterais même : leur échec juridique renforce leur pouvoir symbolique. Ils peuvent continuer à affirmer que c'est parce qu'ils sont "trop musulmans" que le reste du monde veut les éliminer... Pourtant, depuis quatorze siècles d'islam, le débat théologique a toujours concerné le port du foulard, jamais celui d'un voile intégral qui cacherait le visage, inexistant dans le Coran … L'islam a donc quatorze siècles et le voile intégral quatre-vingts ans d'existence en Arabie Saoudite… Ceux qui étaient "pour" la loi tombaient dans le procès de l'islam (de manière cohérente et logique...), ceux qui étaient "contre" la loi évoquaient la liberté de conscience et les droits de l'Homme (un comble, quand on connaît l'état d'hypnose intellectuelle dans laquelle se retrouvent les individus touchés par le discours radical...). Dans les deux cas, les groupuscules sectaires gagnaient : ils étaient considérés comme de simples musulmans trop stricts. Leur objectif était atteint. Les risques d’une validation de l’islam radical ![...] La réislamisation devient alors la seule voie de sortie, étant donné que seule la force du "vrai islam" peut sauver le monde contre le "Mal occidental".

Chapitre 3 :"…Il y a des pratiques invisibles liées au cœur, qui sont les plus importantes. Plus on est discret, plus on est humble, plus on est près de Dieu en général… C'est tout le contraire pour les radicaux : la foi est perçue avant tout comme une obéissance à des prescriptions. Elle est extérieure ou elle n'est pas. La foi n'existe pas sans l'accomplissement d'actes et la visibilité de signes étendus à tous les espaces de la vie quotidienne, ce qui empêche tout espace d’intériorité chez le croyant… Le cas difficile de la viande halal [...]Pour répondre à une revendication de viande halal, je vais proposer de mettre régulièrement à disposition des plats à base d'œufs ou de poisson, de façon à ce que tous aient le choix à chaque repas entre le plat de viande habituel et autre chose…

Chapitre 4 :"J'ai longuement expliqué comment le discours radical fabrique de nouvelles cloisons étanches … Au lieu de leur dire qu'ils doivent s'enraciner, s'insérer, se projeter, etc.le discours radical leur fait comprendre qu'ils ne se sentent de nulle par parce qu'ils sont "au-dessus" des autres : "Vous n'êtes pas Anglais, ni Américains, ni Français, Marocains, Algériens, vous êtes au-dessus de tous ces gens-là ! Sachez que si vous vous sentez étrangers, c'est que Dieu vous a élus… Si projet politique il y a, ce dernier s'apparente à une action visant à "sauver le monde de la perversion produite par le sexe et l'argent", de façon à la fois vague et décisive ».

Chapitre 6:"…Ce sont souvent des femmes d'origine maghrébines qui donnent l'alerte. Les mêmes qui ont appris à dire "je", qui ont remis en question les traditions des villages de leurs parents… Quelle n'est pas leur stupéfaction de se retrouver face à de jeunes collègues parfois encore imberbes qui refusent de les regarder « parce qu'elles sont des femmes ».

ISRAËL-PALESTINE

Invoquer sans cesse la paix autoriserait à ne pas la faire

 BERTRAND VERGNIOL, pasteur de l’Église Protestante Unie )prochain secrétaire général du service protestant de mission) Envoyé trois mois à Hébron  au titre du programme EAPPI (Ecumenical Accompaniment Programme in Palestine and Israel),l'auteur propose son analyse de la situation  (14 mars 2014)

  "Vous appellerez sans doute ce pays Cisjordanie. Moi je le nomme Judée. C'est notre Terre sainte. Le berceau des juifs." Bob est responsable de la colonie juive d'Efrat qu'il nous fait visiter. Ses parents ont fui les persécutions nazies aux États-Unis. Lui est arrivé à seize ans en Israël. Il travaille à Jérusalem dans l'administration publique."Nous nous entendons bien avec les Arabes qui vivent dans les villages alentour. Certains travaillent chez nous." Efrat est une jolie cité de 9 000 habitants, fondée en l9B3 sur le haut d'une colline au sud de Bethléem. Derrière ses barbelés et la "route de Sécurité" qui l'entoure, la bourgade domine la nationale qui mène à Hébron. La ville est à 30 kilomètres.À l'entrée, une lourde barrière métallique comme on en voit Partout. Ouverte, sauf en cas de couvre-feu. Des guérites sur le bord de la route, et une immense pancarte rouge :"Cette route mène en zone "A" sous l'Autorité palestinienne. L'entrée est interdite aux citoyens israéliens, dangereuse pour vos vies, et contre la loi israélienne". Bienvenue en Cisjordanie ! Pour l'Israélien de la rue, nous sommes dans "les territoires". Pour I'ONU, nous sommes en territoire palestinien, occupé par l'armée israélienne depuis juin 1967 et l'écrasante victoire de la guerre des Six-Jours. Depuis bientôt trois générations en Cisjordanie, des enfants passent devant des soldats mitraillette au poing pour aller à l'école. Des terrains agricoles sont occupés pour des raisons de sécurité. Des maisons sont détruites. Les véhicules de l'armée sillonnent les routes, les ferment et les ouvrent au gré des impératifs militaires."Nous pouvons bloquer les territoires en vingt minutes", affirme un soldat.Ismaël est né en 1994 à Al Arrub, un camp de réfugiés au nord d'Hébron. Avec des copains, il a écrit des graffitis sur les murs de son camp. Un acte de jeune. Il s'est fait prendre. Cinq mois de prison. Tout jeune homme palestinien est un suspect aux yeux de l'armée israélienne. Malheur à celui qui a oublié sa carte d'identité. Malheur à celui qui emprunte la route interdite. C'est l'interpellation assurée, souvent la fouille au corps, et l'emprisonnement si le tribunal apprend qu'il a été vu jetant des pierres.

    Depuis les Accords d'Oslo (1993) et la vague d’attentats terroristes (2000-2005), les "restrictions de mouvement" sont le lot des Palestiniens : LE MUR sépare terrains et familles, les check point barrent les routes, un permis est indispensable pour passer des territoires occupés en Israël. Yara, petite fille d'Hébron qui vit à 50 kilomètres de la Méditerranée, n'a jamais vu la mer... sinon à la télé. Elle ne peut visiter ses cousines qui vivent à Jérusalem-Est, à une heure de bus d'Hébron. Son père n'a pu avoir le travail convoité, pour lequel il avait été recruté, parce que l'administration militaire ne lui a pas délivré le permis indispensable pour passer le check point."Pire que l'occupation, c'est la colonisation qui nous étrangle", précise Hamed, responsable à Hébron de I'UNOCHA (United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs). La colonisation, c'est 500 000 citoyens israéliens qui sont venus habiter en territoires occupés. Au mépris du droit international, des dizaines de villes et de bourgades se sont construites au fil des ans, grâce à des financements d'État, avec les routes réservées et les zones de sécurité dédiées.

    Ils se sont installés sur ce tout petit territoire, la surface d'un département français moyen, peuplé par 2,3 millions de Palestiniens. Les colons sont en pays conquis. Conquis au vrai sens du mot. Comme si personne n'habitait là avant eux. Ou plutôt comme s'ils étaient les seuls habitants légitimes, les Palestiniens autochtones étant donc au mieux des squatters dont il faut s’accommoder, au pire des étrangers qu'il faut faire partir. Nombre de colons vivant en Cisjordanie se considèrent comme les véritables indigènes revenus sur leurs terres pour récupérer leurs biens. Ces hommes, ces femmes, originaires des quatre coins du monde, sont "at home" en Cisjordanie. Ils y ont leur maison, leurs amis. Certains, souvent intégristes, sont extrêmement violents, dangereux. D'autres sont simplement arrogants face aux Palestiniens, l'arrogance de ceux qui sont assurés de leur bon droit. Beaucoup sont là parce que c'est moins cher. Tous ont peur. Car la situation est explosive. L’histoire proche est lourde de violences. Pourtant la cohabitation entre juifs et Arabes n'a pas toujours été conflictuelle. On parle encore à Hébron du temps où les deux communautés vivaient côte à côte sans violence, on parle de la protection apportée par des Arabes aux juifs lors du massacre de 1929.

    Aujourd'hui, l'avenir est sombre. Car, dans ce pays essentiellement agricole, c'est la terre qui est au cœur du conflit, la terre pour habiter et pour cultiver. Les Palestiniens voient leurs terrains non seulement occupés, mais colonisés. Au nom du "Grand Israël", une idéologie politico-religieuse qui les repousse hors de ce qui a toujours été - de mémoire d'homme - leur pays. Le territoire palestinien à l'ouest du Jourdain est dorénavant morcelé. Éclaté entre les zones sous Autorité palestinienne et les implantations israéliennes. Routes réservées, barrières de séparation, colonies sécurisées, zones militaires... la terre de Cisjordanie est maillée. Au point de rendre impossible la constitution d'un État palestinien viable aux côtés de l'État d'Israël, la solution pourtant souvent évoquée par la plupart des pays occidentaux. "Les États-Unis savent, disait Clinton à Arafat en 1999, combien la construction d'implantations et la confiscation de terres ont une influence négative sur la poursuite du processus de paix." John Kerry ne dit rien d'autre aujourd'hui.

    PAIX. Le mot est partout, dans toutes les bouches. Salam, disent les Arabes, Shalom, disent les juifs. Comme si l’invoquer autorisait à ne pas la faire. Une sorte de dissuasion à l'envers. Certes, la plupart des Israéliens, qui vivent loin des « territoires », sont lassés de cette guerre qui leur prend leurs fils, pour le service militaire, trois années durant. Certes, les Palestiniens voudraient se déplacer librement, travailler, commercer, « avoir une vie normale », disait Mohamed. Mais comment se prépare la paix lorsqu'en Cisjordanie on va à la synagogue une mitraillette en bandoulière ? Comment se prépare la paix avec les Palestiniens lorsque les impératifs de sécurité justifient toujours l'oppression et l'humiliation des gens ? Comment se prépare la paix avec Israël lorsque, à l'école palestinienne, l'histoire du pays est présentée sans faire allusion à l'État hébreu sinon comme à une armée d'occupation qui doit disparaître ?  Il faut pourtant la négocier, cette paix. Car aujourd'hui Israël perd son âme et le peuple palestinien est sacrifié. Palestiniens et Israéliens sont condamnés à vivre ensemble, entre le Jourdain et la Méditerranée. Dans ce pays où, pour les uns comme pour les autres, le ciel s’est rapproché de la terre.

Avec l'aimable autorisation de : http://protestantsdanslaville.org/


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