Texte à méditer :  

Rêver un impossible rêve
Porter les chagrins des départs
Brûler d'une possible fièvre
Partir ou personne ne part
Aimer jusqu'à la déchirure
Aimer même trop même mal
Tenter sans force et sans armure
D'atteindre l'inaccessible étoile
Telle est ma quête
Suivre l'étoile ...

  
Jacques Brel
 
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  « En lui était la vie et la vie était la lumière des hommes" évangile de Jean

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LA RÉSURRECTION AUJOURD’HUI

   "Quand tu entend : le Christ est ressuscité, ajoute aussitôt : je suis ressuscité(e), tu es ressuscité(e) avec lui". LUTHER. Le verbe français "ressusciter" est traduit du verbe grec qui signifie littéralement "réveiller" et "mettre debout":"Éveille-toi, toi qui dors, lève-toi d’entre les morts" PAUL (Éphésiens 5, 14). Ce langage de l’éveil remonte aux plus anciennes confessions de foi : "Il a été enseveli, il a été relevé le troisième jour selon les écritures" Paul (1 Corinthiens 15, 4). JÉSUS, celui qu’on a cloué sur la croix, Dieu l’a relevé d’un geste puissant. Ainsi cette expression mort/vie traduit un avant/après:avant, le défunt sommeillait, après Dieu l’a fait lever, annulant l’effet du trépas. Évidemment, les premiers chrétiens n’ont pas inventé ces termes mais les ont emprunté à la tradition juive dans le Premier Testament : "Seigneur, tu m’as fait remonter des enfers, tu m’as fait revivre quand je tombais dans la fosse…" Psaume 30,4 ; plus exactement son courant apocalyptique qui se fixe sur la fin des temps et la venue du Messie selon les Dix-huit bénédictions : "Béni sois-tu Seigneur qui fait revivre les morts…". Parfois, chez les chrétiens on passe de l’éveil à l’exaltation. Être élevé de terre, c’est à la fois être hissé sur la croix et être exalté par Dieu. La lettre de Paul aux Philippiens est un véritable cantique de Pâques : "Lui qui est de condition divine n’a pas considéré comme une proie à saisir d’être l’égal de Dieu, mais il s’est dépouillé, prenant la condition d’esclave…devenant obéissant jusqu’à la mort, la mort sur une croix" (Ph 2, 6-8). Jean va encore plus loin soulignant la portée de la résurrection de Jésus : "Pour moi, quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes"(Jn 12, 32).À l’ère hellénistique, contemporaine du Christ, on considérait l’idée de résurrection comme inconcevable : certains philosophes suggéraient l’augure d’une immortalité de l’âme - bien loin de celle du corps ! Les Actes de Apôtres racontent que Paul sut capter  l’attention des Athéniens jusqu’au moment où il aborda le sujet : "Au mot résurrection des morts, les uns se moquaient, d’autres déclarèrent nous t’entendrons là-dessus une autre fois"(Ac 17, 32).

Les athées d’aujourd’hui ont également le droit de réclamer quelques indices substantiels. Anne Philipe, dans son beau livre, "Le temps d’un soupir", évoquant son mari Gérard, "Je t’ai trop aimé pour accepter que ton corps disparaisse, pour accepter que ton âme suffit et qu’elle vit…Ton sourire et ton regard, ta démarche et ta voix étaient-ils matière ou esprit ? L’un et l’autre mais inséparables". En toute évidence et honnêteté, les théologiens sont les premiers à avouer leurs lacunes sur ce point. Conjoncture délicate et exigeante, avant d’être un objet de croyance, la résurrection est le lieu de la foi, c'est-à-dire le lieu ou naît la foi. Si la crucifixion appartient à l’Histoire, beaucoup de témoins passèrent au Golgotha, la différence réside quant au sens donné par ces spectateurs essentiellement sur ce qu’il advient après. Les historiens enregistrant les témoignages de visions comme des rencontres du quatrième type : les femmes croyantes, puis les disciples disent avoir vu Jésus. Là, les uns méprisent ces sornettes et d’autres les admettent. Comment, alors, retracer ce levier qui a fait basculer le destin de l’Humanité ? Or, dans les Évangiles, Jésus ne se manifeste qu’à des croyants qui, d’ailleurs, peinent se convaincre ! Christ ne s’exhibe jamais (à part Thomas) devant les incrédules. Il se fait voir vivant, manifestant la primauté de Dieu à des hommes ayant atteint la limite de la confiance. Pourtant, Paul reliera étroitement résurrection du Christ et notre propre résurrection, dans sa première lettre aux Corinthiens, (chapitre 15). Si la mort est vaincue, si Dieu a ressuscité le Christ, comment imaginer qu'il ne désire pas maintenir cette alliance qui nous attache à Lui ? Comment croire que,  nous ne ressuscitions pas également ? Occasion de nous appeler à une vie spirituelle dans la lettre aux Colossiens :"Pensez que vous avez été relevés avec le Christ, cherchez ce qui est en haut, là où se trouve le Christ"(Col 3, 1)

Qu’est-ce que la résurrection du Christ nous apporte en 2014 ? A travers elle, l'enseignement, les rencontres et les miracles de Jésus prennent une dimension infiniment plus grande. Jésus n'est pas un simple messager; il est le message. Ainsi, nous pouvons méditer et compter sur notre propre résurrection, avant et après notre propre mort. La Bonne Nouvelle du Christ certifie, peut-être à un petit nombrep10.jpg de personnes, que l'Amour de Dieu, demeurera à jamais. Dieu est Amour, c'est cela qui fonde l'espérance chrétienne. Car la Vie Éternelle se vit dans le quotidien, dans cet indicible de notre nature humaine en lien vivace, profond et éternel avec Dieu. Le face à face avec le mur opaque de la mort est indispensable pour endosser les limites et les fragilités de notre condition – c’est pourquoi le silence social sur la mort est si préjudiciable. Allons plus avant. Bertolt Brecht pose la vrai question: "Il y a bien des façons de tuer. On peut plonger un couteau dans le ventre, ou vous priver de pain, vous éreinter au travail…". Sommes-nous porteurs de vie ou de mort ? La foi chrétienne en la résurrection ne contourne pas la mort par une assurance de survie. Au contraire, elle donne une toute autre signification au trépas : mourir, ce n’est pas glisser vers le néant, mourir c’est avancer au devant de Dieu. A L’exemple du Christ qui fait de sa mort autre chose qu’un échec – ma vie on ne la prend pas, je la donne (Jean 10, 18). Ainsi il est offert à l’homme de faire de son trépas, sur lequel il n’a pas prise, autre chose que la fin de sa vie. Une fidélité assumée jusqu’au bout du chemin ? Une vulnérabilité persuasive ? Un refus de la laideur ? Un pur abandon à Dieu ? "Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; et quiconque vit et croit VJ9X000Z.jpgen moi ne mourra jamais" (Jean 11, 25-26).

C’est ici et maintenant, au cœur de notre réalité, introduisant une brèche jusque dans l’au-delà, que l’existence du croyant s’épanouit inversant, ainsi, le sens de son scénario de vie. Alors que la vie de son corps s’amenuise progressivement jusqu’à s’éteindre dans la mort, la vie, reçue du Christ croît jusqu’à sa plénitude quand il se dresse devant son Dieu. S'engager dans cette mort incontournable pour tous c’est aussi se mettre en présence du Ressuscité : affirmer que nous serons vivement touchés chaque fois qu’un être aimé passera par ce seuil mais ce passage est définitivement habité. CHRIST nous attend affectueusement pour nous accueillir et nous redonner notre nom. "Cet amour médite-le sans cesse, tu en recevra la plus merveilleuse consolation" Luther

Anne-Flore Urielle

Cet article s’inspire de Daniel Marguerat, professeur de Nouveau Testament à l’université de Lausanne et de ses 2 livres : "Vivre avec la mort" et "Résurrection" (Une histoire de vie) – tous 2 aux Éditions du Moulin.


Catégorie : - SPIRITUALITE
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