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UKRAINE ET RELIGION

Claudine Castelnau (mai 2014)

Le site Protestinfo, agence de presse œcuménique, proposait il y a peu une analyse des relations de l’Ukraine et de Moscou sur le plan religieux. Peu de temps avant le référendum sur l’indépendance de la Crimée le patriarche de l’Église orthodoxe russe Cyrille avait lancé un appel pour « que ces frères de foi et de sang n’en arrivent pas à se détruire entre eux », avait-il dit.

Les tensions entre la Russie et l’Ukraine risquent en fait de provoquer une scission à l’intérieur de l’Église orthodoxe du patriarche de Moscou et de déboucher sur la création d’une Église orthodoxe ukrainienne indépendante. L’Église orthodoxe russe a toujours regardé vers Kiev, son berceau, où en 988 le prince Vladimir avait décidé que son peuple embrassait désormais le christianisme. Un événement désormais central dans la construction de l’identité russe et ukrainienne. Et celle de la Crimée où la tradition retient que ce même prince Vladimir avait été baptisé par des envoyés de Byzance, capitale du christianisme d’Orient.

L’Église orthodoxe d’Ukraine rattachée au patriarcat de Moscou est la plus importante des trois Églises orthodoxes qui existent en Ukraine, même si elle a un certain degré d’autonomie. Ainsi, le chef de cette Église, le métropolite, doit être approuvé par Moscou. A la fin du service dans la cathédrale du Christ Sauveur à Moscou, le 14 mars, le patriarche Cyril, tout en exprimant son soutien au président russe Vladimir Poutine, a suggéré dans son sermon que l’Ukraine a droit à l’autodétermination mais que cela ne signifie pas une division spirituelle de la Russie :

« Nous faisons référence au monde russe, à la grande civilisation russe qui depuis le baptême de KIEV s’est répandue à travers l’immensité de l’Eurasie », lit-on sur le site Internet du Patriarcat de Moscou.

« Le Monde russe », est un thème dominant pour le patriarche Cyril depuis sa nomination en 2009. Pour lui, « la démocratie est un danger », a-t-il dit dans une interview à Religion News Service, alors même que dans les manifestations contre le président ukrainien Yanoukovic on a vu des membres du clergé orthodoxe portant une croix aux côtés des manifestants.

« Dans leur majorité, les Églises soutiennent les demandes légitimes de [la place] Maïdan », explique un prêtre orthodoxe ukrainien qui a été responsable des relations œcuméniques de l’Église orthodoxe d’Ukraine.

Et les autres communautés comme les gréco catholiques de rite oriental fidèles à Rome (en lutte ouverte contre l’orthodoxie au temps de Staline) et d’autres, soutiennent les manifestants et les manifestations sont devenues lieux de rencontres œcuméniques et de prière.

« Toutes les Églises d’Ukraine, durant les manifestations se sont plus ou moins vite alignées sur le nouvel agenda [politique], affirme ce prêtre orthodoxe. Maïdan, outre un événement civil important est devenu un événement religieux important. Il y avait des prières dites tous les jours, matin et soir. C’était un événement religieux important en plus d’un événement politique et social. Cela a été aussi un phénomène œcuménique parce que Maïdan a facilité la rencontre de dirigeants de nombreuses Églises qui n’avaient jamais vraiment parlé en public les uns avec les autres. »

Alors, s’achemine-t-on vers une Église orthodoxe ukrainienne autocéphale ? Il semble que nombre d’Ukrainiens seraient en faveur d’une seule Église orthodoxe d’Ukraine réunissant les trois Églises orthodoxes existantes, sous la houlette du patriarche de Constantinople. Un observateur remarque que l’Ukraine est le second pays orthodoxe après la Russie. Une Église ukrainienne unie pourrait redessiner la carte de l’orthodoxie. Est-ce que Poutine, par ses visées impérialistes aurait paradoxalement initié ce processus ?

Si l’on en croit les médias, le torchon brûle entre le patriarche orthodoxe Cyrille de Moscou et le patriarche orthodoxe Filaret de Kiev. Ainsi The Huffington Post, journal d’information américain sur Internet, qui à la veille de Pâques, racontait l’affrontement verbal des deux patriarches : tandis que le patriarche orthodoxe Cyril, depuis Moscou, appelait à prier pour que personne ne puisse « détruire la Sainte Russie » en lui enlevant l’Ukraine.

« Cela s’est produit à de nombreuses reprises dans l’histoire et personne n’y ait jamais parvenu ». Au même moment, le patriarche orthodoxe ukrainien, Filaret, qui revendique plusieurs millions de fidèles en Ukraine et qui a déclaré publiquement être en faveur d’une « association entre l’Ukraine et l’Union européenne, la position de membre lui donnant l’espoir d’une garantie de paix » dénonçait, dans son message pascal, « l’ennemi russe » dont « l’agression » contre l’Ukraine était selon lui vouée à l’échec.

« Dieu ne peut pas être du côté du mal, c’est pour cela que l’ennemi du peuple ukrainien [la Russie] est condamné à l’échec » a déclaré le patriarche Filaret la veille de Pâques : « Le Christ a souffert, il est mort, puis il a ressuscité et a vaincu le mal. Ce sera toujours ainsi. Dieu nous aidera à ressusciter l'Ukraine. »

Il faut ajouter que l’Église orthodoxe russe est la plus représentée dans les régions russophones de l’est de l’Ukraine pour lesquelles Vladimir Poutine soutient une réforme constitutionnelle leur donnant davantage d’autonomie par rapport à Kiev.

Enfin, passé quasiment inaperçu, l’agence Protestinfo et l’hebdomadaire protestant Réforme relevaient récemment l’appartenance du président intérimaire ukrainien Alexandre Tourtchinov qui exerce cette fonction jusqu’aux élections du 25 mai : « Il n’est ni orthodoxe ukrainien, ni catholique de rite oriental mais baptiste et perçu comme un candidat consensuel ».

Il a été conseiller de l’ancien Premier ministre de l’Ukraine pendant six ans dans les années 90 puis a fondé avec Ioulia Tymochenko, la dame à la tresse blonde, l’Union panukrainienne « Patrie » et dirige une Église appelée « Parole de vie ». « Pour certains analystes, écrit Protestinfo, les Ukrainiens se méfient des protestants qu’ils relient à divers courants sectaires. »

Environ 2 % des Ukrainiens se déclarent protestants, la plupart convertis récemment. Mais, « les prédications de Tourtchinov semblent l’avoir aidé pour s’adresser à la nation » et il a le soutien de l’Union baptiste d’Ukraine dans son engagement politique. « Et pour certains experts, le fait qu’il soit baptiste, une dénomination rare en Ukraine, pourrait être la clé de son succès en une période où les tensions entre l’Est et l’Ouest menacent de déchirer le pays. »

Avec l’aimable autorisation de: : http://protestantsdanslaville.org


Catégorie : - ACTUALITE
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