Texte à méditer :  

Rêver un impossible rêve
Porter les chagrins des départs
Brûler d'une possible fièvre
Partir ou personne ne part
Aimer jusqu'à la déchirure
Aimer même trop même mal
Tenter sans force et sans armure
D'atteindre l'inaccessible étoile
Telle est ma quête
Suivre l'étoile ...

  
Jacques Brel
 
ARTICLES
CITATION

  « Le vrai travail c'est quand je cherche avec l'air de ne rien faire...chercher une idée et espérer qu'elle vienne, ça oui c'est du travaii !" René Gosscinny

Préférences

Se reconnecter :
Votre nom (ou pseudo) :
Votre mot de passe
Captcha reload
Recopier le code :


  Nombre de membres 40 membres
Connectés :
( personne )
Snif !!!
Recherche
Recherche
Visites

   visiteurs

   visiteurs en ligne

rss Cet article est disponible en format standard RSS pour publication sur votre site web :
http://www.abrulepourpoint.fr/data/fr-articles.xml

EXPOSITIONS RATÉES

Que dire de ces innombrables et multiformes expositions affichées à Paris autant qu’en province ? !

PARIS 1900 "La ville spectacle" : tout le programme réside dans le titre à l’enseigne du cancan peint par Toulouse-Lautrec ! C. Leribault, directeur du Petit Palais, souligne qu’en 1900 Paris s’est autoproclamée capitale du monde à l’occasion de l’EXPOSITION UNIVERSELLE inaugurant le siècle de la modernité - une aubaine ! D’autant plus tonitruante qu’on se vante d'être la seule République d’Europe (IIIème République). Après Gervex-Un-soir-de-grand-prix-au-pavillon-d-Armenonville-green-hotels-paris.jpgl’humiliation de 1870 et avant les tranchées de 1914/18, la "Belle Époque" commençait à jouir des progrès, entre électricité et cinéma, s’encrant à l’apogée des arts, de la mode, de la gastronomie – et par-dessus tout les plaisirs !"La publicité (eh oui, déjà ! puisque l’instruction publique républicaine accorde la possibilité de lire à une majorité des françaises et français) ne s’y trompe pas qui consacre des milliers d’annonces d’encarts aux livres ou aux spectacles… Culture de masse, donc, mais aussi et peut-être surtout culture industrielle. Qu’il s’agisse d’imprimés ou de spectacles, c’est désormais le rendement et la division du spectacle qui mènent le jeu. Certains évoquent ces nouveaux prolétaires intellectuels qui fournissent de la copie à bas prix ou ces acteurs de complément payés au lance-pierre. Au music-hall, à l’ombre de quelques grandes vedettes, des centaines de cabots, aux cachets de misère forment en 1903 les premiers syndicats d’artistes lyriques. Si l’on produit à grande échelle, si l’on parle de standardisation et stérilisation, il faut aussi que le public s’y retrouve. D’où le principe des variétés qui suppose la juxtaposition de sujets propres à contenter tout le monde : il s’impose dans les grands magasins comme au café-concert ou dans les pages des journaux". (Dominique Kalifa, historien). Riposte attendue mais non moins méprisante des élites ! Reste Paris ville lumière dépeint par un visiteur russe :"imaginez un théâtre qui n’est pas un théâtre, deux mille hommes qui fument, boivent bavardent et sept ou huit cent femmes qui s’offrent le plus gaiment du monde Elles s'habillent comme des fées avec un décolleté comme si elles allaient prendre un bain…". Quant à la rétrospective, passé un très bref aperçu sur la fameuse Exposition Universelle, on nous offre quelques toiles de maîtres, de splendides objets – à l’époque où régnaient Lalique et Majorelle – jusqu’aux toilettes de la comtesse Greffulhe (couturier Worth). Que porter et à quel moment ? [La robe, vitrine sociale inflexible et cruelle, engendrera un déluge d’ouvrage sur le « savoir-vivre » consignés par les petites marquises désœuvrées malgré leurs "obligations mondaines": d’aucuns semblaient parfois apprendre des brins de ce savoir-vivre, si quintessencié, à travers le vantail aristocrate obligeamment entrebâillé par quelque laquais soldé]. Le tout illustré par les délicats tableaux reflets de la vie parisienne: l’espace parfumé du catleya ou saveur de la madeleine – Proust ? On s’encanaille dans les maisons closes au gré de la sensualité dans toutes ses bagatelles, même royales ! Paris exhibe ses distractions aussi foisonnantes que florissantes pour nababs fêtards. Mais LE PEUPLE ? Celui qui fabrique cette grâce dans la misère ? Bien sûr on en est loin ! Un seul immense tableau miraculeusement arraché à l’oubli : Les Halles de Léon l’Hermite… [cf. ces dates signifiantes :1874 12 ans limite d’âge du travail desCleopatra.jpg enfants ;1892 interdiction du travail de nuit pour enfants et femmes…]. Malgré le succès on peut regretter la superficialité...

"Le Mythe Cléopâtre" à la Pinacothèque de Paris. Certes, on y découvre le portrait de Cléopâtre dit "tête de Turin" en marbre du mont Pentélique (région d’Athènes, en Grèce) récemment identifié à Cléopâtre VII. Style hellénistique, dans la tradition grecque car elle a été la dernière reine de la dynastie des Ptolémés, d’origine et de culture hellénique puisqu’ils étaient issus d’un compagnon d’Alexandre le Grand. Les traits de la reine bien spécifiques: visage de forme ovale, au menton lourd, l’ossature de la face marquée dans la région des pommettes et des arcades sourcilières. Les yeux sont de grande dimension, les pupilles incisées pour la polychromie qui ménageait un effet plus conforme à la réalité. Cheveux longs, attachés en deux tresses rassemblées au sommet de la tête, formant une sorte de diadème, quelques bouclettes s’échappant pour mettre en valeur la ligne du front. Après quelques autres représentations archéologiques, on tombe, sans transition, dans la complaisance trop facile : Cléopâtre au cinéma avec, pêle-mêle, la  grande cape dorée d’Elizabeth Taylor pour le film de Joseph Mankiewicz (1963), jusqu’à la robe Lucrece.jpggrotesque de Monica Bellucci ,"Astérix et Obélix, mission Cléopâtre"(2002).

Même recette pour "LES BORGIA" au musée Maillol (Paris) !D’interminables fresques vous dispensent une pédagogie livresque que vous devez déchiffrer pour pallier au manque d’objets artistiques dans un environnement exigu. On apprend que l’origine des Borgia est la ville de Borja (Aragon) en Espagne dont ils délogent  au moment de la Reconquista (XIIIe). Deux papes : Calixte III (1455-58) et le sulfureux Alexandre VI (1492-1503) ses épouses, ses orgies vaticanesques. Quelle chance, un seul portrait de la splendide Lucrèce et de son frère le sombre César – mais on a l’honnête prudence de nous avertir quant à la véracité des tableaux (de même une soi-disant boucle). Deux protagonistes s’imposent : Machiavel (au service de César) et Savonarole qui infligea son enfer à Florence. Par contraste, prophétique, le portrait de Luther ! Même recette qu’à la Pinacothèque, sous le subterfuge de la pièce de Victor Hugo Lucrèce Borgia, on s’autorise aux affiches de films, photos  – et pis ! – ces affreux costumes de l’affligeante série américaine éponyme débordent dans une vitrine. Quand ont croit porter haut la culture, déchoir dans un trivial matraquage pour un téléfilm ignare ! Défions le risque de soupçons grincheux : subsides inopportuns !

Jusqu'au LOUVRE avec son exposition sur "Le Maroc médiéval": on pallie l'absence d'objets artistiques par la nécessité  de lectures murales, photographies et films pour valoriser les miettes exhibées. Imaginer dans de telles conditions les naissances "mythiques" de Fès, Rabat, Marraketch, Cordoue, Séville...Quelques reflets de la millénaire Fès, capitale culturelle et spirituelle : comment visiter ces nombreuses mosquées, médersas, fondouks, fontaines et salles d'ablution, jardins historiques, murailles et remparts, portes fortifiées, mellah et synagogues, manufactures, mausolées, palais et riads, places et souks...

   Ainsi, sommes-nous sollicités, à Paris comme en province, par ces alléchantes "EXPOSITIONS" qu’il faut aller voir. A la fois injonction et façon d’apprendre en s’amusant ? Nous balançons entre l’obligation intellectuelle de s’y rendre ou vanité flatteuse de s’y montrer pour que tout un chacun en soit averti… Cette manière de survoler comme on zappe à la télévision. …

Anne-Flore Urielle


Catégorie : ARTICLES - ART
Page lue 2666 fois


Réactions à cet article

Personne n'a encore laissé de commentaire.
Soyez donc le premier !