Texte à méditer :  

Rêver un impossible rêve
Porter les chagrins des départs
Brûler d'une possible fièvre
Partir ou personne ne part
Aimer jusqu'à la déchirure
Aimer même trop même mal
Tenter sans force et sans armure
D'atteindre l'inaccessible étoile
Telle est ma quête
Suivre l'étoile ...

  
Jacques Brel
 
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  « Le vrai travail c'est quand je cherche avec l'air de ne rien faire...chercher une idée et espérer qu'elle vienne, ça oui c'est du travaii !" René Gosscinny

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L’ORIENT EXPRESS

A l’heure où le Moyen Orient est à feu et à sang, s’est tenue, à l’Institut du Monde Arabe, avec le concours de la S.N.CF, une exposition qui contait, avec grâce, l’ouverture des frontières par l’ORIENT EXPRESS allant orient-express-3.jpgjusqu’en Syrie, en Irak et Iran actuels ! Les visiteurs, surpris, virent, aux pieds de l’Institut, une vielle locomotive ronflante, 3 voitures et la voiture restaurant ! C’est en 1872, lors d’un séjour aux USA, que GEORGES NAGELMACKERS, ingénieur belge de 27 ans, eut l’idée de créer une compagnie ferroviaire de rêve dépassant celle des frères Pullman. Idée simple : compartiments avec cabine fermée donnant sur le couloir latéral. La Compagnie Internationale des Wagons-lits. Très vite son prestige s’internationalisa – surtout avec les cours royales européennes ! Période prospère qui forgea le mythe de l’Orient Express mélange d’aventures humaines, de luxe et de performances techniques. Chaque année de nouveaux trains, créés en Asie ou au Proche-Orient, dont les noms résonnent toujours à nos oreilles comme des stances : La Flèche d’or, le Transsibérien,  l’Étoile du Nord, le Train Bleu. Enthousiasme des journalistes :"Veuillez vous donner la peine d’entrer…un valet de pied courtois a formulé cette invitation…nous avons traversé une suite de salons somptueux… ". Bois précieux, moquettes épaisses, fauteuils recouverts de velours aux motifs Art Déco. Tout le savoir-faire se nichait dans les détails des accessoires : l’éclat Lalique des célèbres panneaux avec incrustation fleuries en verre dans les boiseries d’acajou de Cuba – plus les effigies ! Et Le Figaro :"Jusqu’à présent, à Paris, quand on avait quelques jours de liberté, on partait pour la forêt de Fontainebleau ou pour quelque port pas trop éloigné de la Manche. Maintenant on va à Istanbul".

Ce train, dont les voitures furent transformées en dancing, inspira un ballet sur une musique de Darius Milhaud, textes de Jean Cocteau, costumes de Coco Chanel, rideaux créés par Picasso (1924). Son restaurant fut,orient-express-int-flickr.jpg jusqu’en 1960, un lieu de rendez-vous très prisé par tant de célébrités littéraires, artistiques et industrielles ! Le ronronnement de la locomotive au bleu éclatant et l’accueil distingué du personnel naviguant, autant de détails rappelant comment L’Orient Express fut et est encore un transport luxueux pour traverser l’Europe. Ce train, à l’allure majestueuse a, depuis son origine, inspiré d’autres conquérants rêvant de donner à leur pays des lettres de noblesse au rail : The Royal Orient, Shangri La Express, Palace on the wheels, Blue Train, Rocky Moutaineer… Des noms qui sont des invitations à la découverte mais restent toujours dans l’ombre de leur pair,l’Orient Express. L’occasion est donnée à chacun des passagers de vivre l’apparat européen au rythme lent des paysages et d’une vie intérieure fastueusement rare : le wagon restaurant où brillent argenterie et Crystal et où les menus sont composés par des chefs d’exception, un bar où le bruit du shaker interrompt le murmure des discussions sans oublier les cabines privées mélange subtil de soie et de marbre. Le raffinement des décorations créa le style Orient-Express référence de l’Art Nouveau à travers Prou, Lalique et Gallet. Nouveau romantisme ! Où se rencontrèrent, dans ses couloirs exigus, Tolstoï, Lawrence d’Arabie, Mata Hari, Apollinaire… Plus un crime sous 301931_2LMECY7KAW4UNDBWQIZPZVE44ORYYC_orient_express_H173520_L.jpgl’écriture d’Agatha Christie. L’Orient Express fantasmé pour s’enivrer au champagne dans le balancement de la vitesse, les bagages qui répandent les effluves du cuir fin et les yeux fixés l’acajou des cabines…Une telle atmosphère inspirera des écrivains et artistes d’autant que l’orientalisme faisait rage depuis longtemps !

PIERRE LOTI, 1850-1923 [Madame Chrysanthème élégie (qui deviendra mélodrame avec l’opéra de Puccini, Madame Butterfly)], avait une prédilection pour la Turquie, fasciné par la sensualité qu’on retrouve Aziyadé (1879), et sa suite Fantôme d’Orient (1892). Amours dans le cadre exotique de la Turquie de 1876-1877 entre un officier de marine européen et une jeune femme du harem d'un riche vieillard à Salonique d'abord puis à Istanbul (Loti l'écrit Istambul ou Stamboul, il utilise parfois le nom de Constantinople). Interprétation folklorique de l’allégorique amour fatal mêlant à la fois journal intime et correspondance."Une belle nuit de Noël, bien claire, bien étoilée, bien froide… À onze heures, je débarque du Deerhound au pied de la vieille mosquée de Foundoucli, dont le croissant brille au clair de lune. Achmet est là qui m’attend, et nous commençons aux lanternes l’ascension de Péra, par les rues biscornues des quartiers turcs… Grande émotion parmi les chiens… On croirait circuler dans un conte fantastique illustré par Gustave Doré…L’essence de cette région est l’oubli… /Quiconque est plongé dans l’Océan du cœur a trouvé /le repos dans cet anéantissement. /Le cœur n’y trouve autre chose que le ne pas être… " Extrait d’une vieille poésie orientale Eyoub à deux, LXVII).

«L’Orient-express» d’EDMOND ABOUT 1884 pour l’inauguration de la ligne Paris-Istanbul, (Paris-Varna en Bulgarie, la liaison avec l’empire Ottoman n’étant pas encore assurée). La collection "Heureux qui comme" des éditions Magellan, en partenariat avec le magazine Géo présente, ainsi, plus d’une cinquantaine de récits de voyages des auteurs les plus illustres du XIXe siècle (Guy de Maupassant, Th. Gautier, A. Dumas, A. deorient-express-gare-est-paris.jpg Musset, A. de Lamartine, M. Barrès). On peut pourtant regretter que l’apparat critique soit si bref : une chronologie et une intéressante (et courte) introduction par Emilie Cappella ici, mais pas de carte ni de présentation de la situation politique de l’Europe pourtant compliquée au début des années 1880. "L’aventure que je vais vous raconter par le menu ressemble pas mal au rêve d’un homme éveillé. J’en suis encore ébloui et étourdi tout ensemble, et la légère trépidation du wagon-lit vibrera très probablement jusqu’à demain matin dans ma colonne vertébrale. Il y a exactement treize jours que je quittais les bords de l’Oise pour aller prendre le train rapide de l’Orient à la gare de Strasbourg ; et dans ces treize jours, c’est-à-dire en moins de temps qu’il n’en fallait à Mme de Sévigné pour aller de Paris à Grignan, je suis allé à Constantinople, je m’y suis promené, instruit et diverti, et j’en suis revenu sans fatigue, prêt à repartir demain si l’on veut, par la même voiture, pour Madrid ou Saint-Pétersbourg. Et notez que nous avons fait une halte de vingt-quatre heures dans cette France orientale qui s’appelle la Roumanie, assisté à l’inauguration d’un palais d’été dans les Carpates, pris le thé avec un roi et une reine et banqueté somptueusement chez le Pignon de Bucarest. On dit avec raison que notre temps est fertile en miracles ; je n’ai rien vu de plus étonnant que cette odyssée dont la poussière estompe encore mon chapeau."

Enfin, "L’Orient Express traînait dans la nuit son public tri- hebdomadaire. Le même toujours. Les couturières françaises et les modélistes, moins âgées, rentraient à Constantinople après un voyage de réassortiment ; à Laroche, le parfum de Paris se dispersa tandis réapparurent les odeurs tenaces de l’Orient : la rose et la bergamote poivrée…"PAUL MORAND Ouvert la nuit (1922)

Delphine Desange


Catégorie : ARTICLES - VOYAGE
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