Texte à méditer :  

Rêver un impossible rêve
Porter les chagrins des départs
Brûler d'une possible fièvre
Partir ou personne ne part
Aimer jusqu'à la déchirure
Aimer même trop même mal
Tenter sans force et sans armure
D'atteindre l'inaccessible étoile
Telle est ma quête
Suivre l'étoile ...

  
Jacques Brel
 
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  « En lui était la vie et la vie était la lumière des hommes" évangile de Jean

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LOUISE MICHEL  1830/1905

"Je suis ce qu’on appelle une bâtarde" (1). Heureusement non abandonnée par des gens de robe pénétrés des Lumières ! Elle fréquentera l’école du village : l’acuité de son esprit ainsi stimulé, elle ne cessera de lire et écrira son premier poème à la mort de celle qu’elle appelait grand-mère (qui ne l’était pas officiellement) :
"A toi mes premiers vers à l’aube de ma lyre
Comme à toi mon premier sourire…". Poète toute sa vie (plus une abondante LouiseMichel.jpgcorrespondance), Louise Michel signait, au début, Enjolras. [Emprunté à Hugo, Les Misérables, ou le contraire ?]

A Paris, sous-maitresse d’école, elle rencontre Victor Hugo au moment du coup d’état de Louis Napoléon Bonaparte (1851). Sous le Second Empire la condition de la femme la choque :"Esclave est le prolétaire, esclave entre tous est la femme de prolétaire". S’affirmera spontanément – un trait de son caractère - féministe,"Si l'égalité entre les deux sexes était reconnue, ce serait une fameuse brèche dans la bêtise humaine… Jamais je n'ai compris qu'il y eût un sexe pour lequel on cherchât à atrophier l'intelligence."(1). Vers la fin de l’Empire, Louise donnait des cours gratuits à l’école professionnelle de la rue Thévenot, tout en participant aux réunions du Droits de la Femme et du Comité de Vigilance de où elle rencontre les futurs acteurs de LA COMMUNE : Edouard Vaillant, Jules Vallès, Blanqui, Clémenceau, Bauer (bâtard de Dumas), Elizabeth Dimitrieff etc. Cette effervescence se transforma en actes après la pitoyable guerre de 1870 contre les Prussiens, la victoire de ces derniers et la proclamation de l’Empire Allemand à Versailles. Réponse à Paris : 27/03/71 proclamation de la COMMUNE avec élection du Conseil de la Commune : "Ceux qui ont vécu l’épopée de 71, dit L. Michel, savent combien d’indignés venaient se joindre aux révolutionnaires. Les courants étaient au progrès, les vents soufflaient la liberté… Mais, environnée de périls, bientôt minée de trahisons… C’est au jour de mai que la Commune fut héroïque. Ceux qui partirent de l’Hôtel de Ville en flamme pour les dernières barricades, ceux du Père-Lachaise et tant d’hommes dont la terre a bu le sang, l’ont montré. Et cela n’est pas fini : l’idée s’est irradiée, les grains arrosés de sang sont devenus gerbes et voici venir l’Internationale du genre humain. La belle que le monde attend. Et les groupes humains, pareils aux groupes stellaires, graviteront suivant la loi universelle. Ce sera l’ordre dans la vie et la paix au lieu de l’ordre dans la mort"(2). Puis, avec ses compagnons d’infortune, le premier des 3 procès que Louise Michel dut subir (consignés dans un de ses ouvrages). Blanqui et Ferré, condamnés à mort : "Puisqu'il semble que tout cœur qui bat pour la liberté n'a droit aujourd'hui qu'à un peu de plomb, j'en réclame ma part, moi !"(1). Victor Hugo lui dédie son poème Viro Major :Commune-barricade-Charonne.jpg
« …Tu fus haute et semblas étrange en ces débats :
Car, chétifs comme sont les vivants d’ici-bas,
Rien ne les trouble plus que deux âmes mêlées,
Que le divin chaos des choses étoilées
Aperçu tout au fond d’un grand cœur inclément,
Et qu’un rayonnement vu dans un flamboiement ».

Déportée en Nouvelle Calédonie, elle n’a pas le mal de mer :
« …Enflez les voiles Ô tempêtes,
Plus haut, ô flots, plus fort ô vent !
Que l’éclair brille sur nos têtes,
Navire, en avant, en avant !
Pourquoi ces brises monotones ?
Ouvrez vos ailes ô cyclones,

Traversons l’abîme  béant » Le Pôle Sud. Au-delà de sa personne, elle s’émerveille et prophétise sur les progrès de la science. D’ailleurs, contre ses camarades, elle soutient la révolte canaque de 1878. Malgré une remise de peine, Louise ne quitte Nouméa qu’après le décret du 11/08/1880 promulguant l’amnistie de tous les condamnés de la Commune. Arrivée triomphalement à Paris, elle va poursuivre et accroitre son militantisme ! Elle donne des conférences partout (même littéraires sur l’avant-garde de Rimbaud à Mallarmé en passant par le naturalisme car son savoir est devenu encyclopédique. Principalement, elle épaule les luttes ouvrières. En 1881 elle figurait parmi les 100.000 révolutionnaires qui accompagnèrent Auguste Blanqui à sa dernière demeure, poème à l’appui :
« …Naguère nous étions à peine
Une poignée objets de haine
Que chacun osait renier,
Et sur la sanglante bannière
Le vieux révolutionnaire
Aujourd’hui prend le monde entier !... ».

Puis, une nouvelle incarcération et l’exil londonien mis à profit pour recevoir et porter la bonne parole rebelle et anarchiste. Retournée à Paris, nouveau poème, cette fois contre l’antisémitisme pendant l’affaire Dreyfus (1894) :
« …Moi j’aime l’homme des tentes
Qui donne le pain et le sel
Aux voyageurs par les tourmentes
Et vivent libres sous le ciel ; […]
Amis, les rois de la finance
Sont partout dans l’univers […]
C’est la révolte universelle
Qui sèmera la foi nouvelle,

La liberté de l’univers ». En 1903 ce sera pour la mort de Jean-Baptiste Clément :clement.jpg « La neige a recouvert les rouges cerises
Et les bouquets blancs des arbres en fleur
Par les froides bises
Sont les lourds frimas de l’hiver en crise
Lorsque reviendront les étés en fleur
Il sera parmi les poussières grises
Que l’infini roule éternel semeur… »

Et le 5 janvier 1905, malade, Louise Michel est à Marseille pour une conférence toujours autant prosélyte et combative elle meurt le 9 – l’année de la première révolte russe sanglante… Elle repose au cimetière de Levallois :"Je suis avec ceux d’entre vous qui vont en avant mais je n’appartiens à aucun de vos groupes, je vais devant moi calme et froide sous le souffle glacé du Nord, n’ayant ni haine ni pitié pour les hommes ou les choses qui entravent la Révolution et ne les considérant que comme des obstacles qui doivent disparaître"(1881 dans Le Citoyen et Le Grand Journal). Enfin, en osmose avec nombre de Communeux francs-maçons, elle intégra l’une des premières loges féminines :"Nous voulons la conquête du pain la conquête du logement et des habits pour tout le monde. Alors le rêve superbe de Nietzche qui prophétisait l’avènement du surhomme, se réalisera".

Anne-Flore Urielle

(1) Louise Michel Mémoires / (2) La Commune / voir dans "POESIE" 2 pages de poèmes...


Catégorie : - HISTOIRE
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