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Rêver un impossible rêve
Porter les chagrins des départs
Brûler d'une possible fièvre
Partir ou personne ne part
Aimer jusqu'à la déchirure
Aimer même trop même mal
Tenter sans force et sans armure
D'atteindre l'inaccessible étoile
Telle est ma quête
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Jacques Brel
 
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ALAN TURING  (1912-54)

Dès le XVIIème siècle Blaise Pascal et Gottfried Liebniz réalisèrent des machines pour procéder aux opérations arithmétiques simples. Liebniz songeait même à un instrument capable de réfléchir. Cela ne s’accomplira qu’au XXème siècle en partie grâce à Alan Turing qui conceptualisa la théorie fondamentale des premiers ordinateurs : « L’idée sous-jacente aux calculateurs numériques c’est de concevoir des machines pour effectuer n’importe quelle opération pouvant être effectuée par une équipe d’être humains » Turing, Computing machinery and intelligence

A sa naissance, le père de Turing, employé de l’Indian Civil Service rentra enAlan_Turing_photo.jpg Angleterre avec son épouse. Et l’on s’inquiéta de lui trouver (avec son frère) les meilleures écoles possibles pour cette classe moyenne supérieure dans une société encore rivée aux valeurs traditionnelles de l’Empire britannique – quasi opposées au caractère et à l’intelligence d’Alan Turing. Captivé par les mathématiques, la chimie… et le français ! Accroc dans un parcours scolaire impeccable : sa mère le retira de la Marlborough School où il semblait en être le bouc-émissaire. Pourtant, doté d’un physique athlétique et sportif (qu’il gardera), il correspondait aux critères académiques !

A 16 ans il parvient à saisir la théorie de la relativité d’Einstein et se régale des recherches de Schrödinger sur la mécanique quantique. Epoque où Turing devint l’ami de Christopher Mocrom (qui mourut de tuberculose). En dépit de l’affliction cet épisode le rendit plus sociable et l’introduisit à Cambridge. Épreuve spirituelle ? « La science est une équation différentielle, la religion une condition aux limites ». Gravissant les échelons universitaires, Bertrand Russell et Kurt Gödel l’éclaireront. Ainsi prit forme le concept nommé, plus tard, Machine de Turing qui identifierait automatiquement si une fonction mathématique peut être calculée ou non. Pour l’instant dispositif abstrait mais qui anticipait l’importance de la mémoire composant essentiel de l’informatique. Donc un « ordinateur » qui pourrait vérifier ou démontrer – sans intervention humaine – l’exactitude,ou l’inexactitude, d’un énoncé mathématique, essayant de se codifier sous forme de ce que nous appelons un programme informatique. 1936, il traverse l’Atlantique vers l’université de Princeton pour ses deux dernières années de doctorat et, sous la direction d’Alonzo Chuch, il étudie les ressources de l’intuition en mathématique. Si un raisonnement repose sur des engrenages logiques, l’intuition incarnerait l’ingrédient miracle du mathématicien pour la solution de son problème: « De façon schématique, le raisonnement mathématique peut être vu comme l’exercice d’une combinaison de 2 instances que l’on pourrait nommer l’intuition et l’ingéniosité » Turing.

A-Three-Rotor-Enigma-Cipher-Machine.jpgFace à la pieuvre nazie et son monstrueux code ENIGMA, Turing rejoignit le centre d’espionnage de Bletchley Park le 4 septembre 1939 (le lendemain de la déclaration de guerre du Royaume Uni à l’Allemagne) pour tenter de le casser. Une bombe cryptologique polonaise avait été mise au point sans aboutissemnent. Les anglais collaboraient avec les USA (Gordon Welchman). [Voir N.B.]. Ainsi fabriqua-on la bombe de Turing-Welchman, d’une tonne, dotée de 108 rotors agencés par groupes de 3 afin de reproduire le fonctionnement des 3 rotors d’Enigma. Rassemblés par douzaine, chaque machine comptait 3 sections de 12 groupes de 3 rotors : tous ces rotors travaillaient comme ceux d’Enigma, mais à l’envers pour décrypter les messages de cette dernière. Mécaniquement les rotors avaient le même câblage interne. Il a suffit d’une petite idée pour simuler le réflecteur : dédoubler les contacts et les câbles. Lorsqu’on interceptait un message radio codé il devenait l’input. Inversement élémentaire. Turing devait décider du câblage entre les groupes de 3 câblage par lequel transiterait le message jusqu’à être décrypté (aujourd’hui output). A cette importante contribution de Turing à la guerre (qui sauva bien des vies humaines) s’ajoutait, entre autres, l’élaboration d’un système portatif (Dalida) pour coder les conversations téléphoniques… Après la guerre W. Churchill fit tout détruire…

Cependant, une invention positive naquit à Bletchley « Colossus », première machine programmable qu’on aurait pu nommer ordinateur. Passionné, Turing continua ses propres recherches : ainsi commença la lutte des deux côtés de l’Atlantique quant à l’invention de l’ordinateur ! A l’université de Manchester, avec d’autres collègues, il se lança le défi – l’ordinateur arriverait-il à jouer aux échecs, démontrer un théorème mathématique ou une traduction ? C'est-à-dire exécuter des activités assignant toute l’intelligence d’un humain. [Notons, au passage, le sportif tenté, sans succès par les Jeux Olympiques de 1948 !]. « Un ordinateur peut être qualifié d’intelligent s’il parvient à tromper une personne en lui laissant croire qu’il est humain »… Malheureusement même un génie demeure juste un homme. Or Turing était homosexuel. Début 1952, il fut arrêté et son jugement démontra qu’il avait eu des relations sexuelles avec un jeune de 19 ans. L’homosexualité alors, illégale, on cru bon, pour lui épargner la prison (comme Oscar Wilde) de le condamner à la castration chimique qui provoqua une violente dépression. Le 8 juin1954 on le découvrit empoisonné par une pomme pétrie de cyanure – malgré les dénégations de sa mère sur le suicide. Quant à l’icône de la pomme (plus l’arc-en-ciel bannière des homosexuels) d’une marque d’ordinateur son directeur a démenti formellement toute correspondance. Il fallut attendre le 24 décembre 2013 pour que Sa Majesté, sur proposition du secrétaire d'État à la Justice, le gracie en signant une prérogative royale de clémence…

« Quelque soit le sujet de ses recherches, Turing était enclin à travailler hors des sentiers battus. Il avait pour habitude de se mettre à la tâche sans même consulter les recherches faites par ses prédécesseurs. L’originalité si caractéristique de son travail découle certainement de cette manie » Wilkes, Ordinateurs avant et maintenant. Pourtant, les savants ont élargi et résolu beaucoup d’hypothèses soulevées par Turing. Exemple, ses études sur réseaux neuronaux de la « machine intelligente » - surnom que Turing donnait au cerveau humain. 1956 John McCarthy, aux USA ( !) se servit, pour la première fois, du mot « intelligence artificielle » dans une conférence.  1957 le psychologue Frank Rosemblatt créa le premier réseau de neurones artificiels employés de façon fonctionnelle, le perceptron… etc. « Nous ne pouvons qu’avoir un aperçu du futur, mais cela suffit pour comprendre qu’il y a beaucoup à faire » Alan Turing

Antoine Fignes

[N.B : à l’origine d’Enigma, Hitler avait probablement acheté à IBM – dont le fondateur reçu l’Ordre de l’Aigle Allemand - en 1933 une tabulatrice pour recenser les juifs]


Catégorie : - SCIENCES
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