Texte à méditer :  

Rêver un impossible rêve
Porter les chagrins des départs
Brûler d'une possible fièvre
Partir ou personne ne part
Aimer jusqu'à la déchirure
Aimer même trop même mal
Tenter sans force et sans armure
D'atteindre l'inaccessible étoile
Telle est ma quête
Suivre l'étoile ...

  
Jacques Brel
 
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  « Le vrai travail c'est quand je cherche avec l'air de ne rien faire...chercher une idée et espérer qu'elle vienne, ça oui c'est du travaii !" René Gosscinny

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Vieux_port_de_Marseille.jpg  

AVEZ-VOUS L’ACCENT ?

            « …Toi, de même, ne fais pas attention à la manière bizarre dont je chante chacune de ces strophes. Mais, sois persuadé que les accents fondamentaux de la poésie n'en conservent pas moins leur intrinsèque droit sur mon intelligence. » Lautréamont, « Les Chants de Maldoror »,

        « …Avec un accent traînard de Parisien il se vante de ses conquêtes. »
E. Dabit, « L'Hôtel du Nord » : « Atmosphère, Atmosphère – est-ce que j’ai une gueule d’atmosphère !… »
    « Le silence, après la musique de Mozart, c’est encore du Mozart » Sacha Guitry…

     Cette inflexion mélodieuse nommée « accent », intonation de la voix ponctuant telle ou telle énonciation selon qu’on habite le Sud ou le Nord de la France… l’intensité de l’emphase ou la rigueur du son…  Une vieille charrue comme moi va encore grogner après cet « assent » perdu au profit d’une élocution véloce et peu soucieuse de l’articulation : « Le temps  c’est de l’argent » ! Alors on nasille, grasseye ou chuinte pourvu que le débit soit abrupt et rapide…Commençons par le plus facile : le fieffé « Plus belle la vie » sur la 3 n’a pas, d’ailleurs, besoin de ma publicité mais une certaine distance. En effet dans ce feuilleton « abracabrantesque » qui se passe à MARSEILLE – un seul acteur « a l’accent » ! Est-ce pour être mieux compris de la foule ? Il me souvient d’un professeur de physique dans un collège dont les parents d’élèves se plaignaient : inintelligible pour cause d’accent du Languedoc « à couper au couteau » ! « Marius », Fanny », César » de notre cher Pagnol… j’entends Raimu dégoiser !
     Cet accent tonique, qui élève de l'amplitude de la voix sur une syllabe, ainsi mise en relief : tonique, en opposition aux syllabes atones. Disparité majeure entre les langues à accent tonique et  les langues à tons haut - les deux appareils pouvant cohabiter en phonétique. Unité discrète au même titre que le phonème. La grande majorité des langues d'Europe (dont les langues indo-européennes et finno-ougriennes ou turques) ont un accent tonique. Mais le système le plus répandu est le système tonal : par exemple en turc l’accent tonal tombe toujours sur la dernière syllabe, ainsi le rythme des phrases ressemble beaucoup à celui du français.Dans le rythme musical, l'accent se transforme en pulsation qui intervient de manière cyclique au début de chaque temps. La ponctualité de la pulsation affirme donc l'équilibre des temps, un certain « tempo ». « La pulsation » assigne, ainsi, les rythmes d'un morceau.
Cette fois, ici, la linguistique est incontournable …
    Si l’on en croit le bon vieux « Lagarde et Michard » telles sont les origines de la langue française :
Le français, langue romane issue du latin, a demandé quelques siècles d’élaboration pour se façonner (sans pédantisme et seulement pour les étourdis : l’adjectif « roman » vient de Romanus = Romain »).
Au cours de ces décennies, en fait, le latin a d’ailleurs donné naissance à :
L’Italien
Le Portugais
L’Espagnol
Le Roumain
Le Francien              
Et le FRANÇAIS se partagea-en :
Langue D’OÏL (picard et anglo-normand)
et langue D’OC (provençal).
    LE ROMAN:L’existence d’une langue différente du latin et du germanique est attestée dés le VIIème siècle par le Serment de Strasbourg (842) qui partage l’empire de CHARLEMAGNE : stade intermédiaire entre le latin et le français.
    L’ANCIEN FRANÇAIS: Apparition de textes littéraires de plus en plus autonomes à l’égard du latin : les « Romans courtois » par exemple.
    MOYEN FRANÇAIS:Vers le début du XVIème siècle, la distinction entre le cas sujet et le cas régime disparaît peu à peu : l’ordre des mots, dans la phrase doit indiquer la construction que précise l’usage accru des prépositions. Le français devient une langue analytique.
   LE FRANÇAIS MODERNE : « Enfin Malherbe vint ! ». C’est au XVIIème siècle que se fixera la langue « classique ». Au XVIème siècle « La Pléiade » avait enrichi la langue, Malherbe va l’épurer, donc l’appauvrir. Il proscrit les provincialismes : « dégasconner » !, les archaïsme, les termes techniques, les mots composés et dérivés, « les mots bas ».Il prépare ainsi aux CLASSIQUES un vocabulaire pauvre mais simple, rigoureux ,choisi, dont tous les mots portent : l’expression est soumise à la pensée..

Passons sur ces étapes de la formation du français pour rêver des poètes :
les TROUVÈRES en langue d’OÏL
et les TROUBADOURS en langue D’OC :
  • Le verbe latin "tropare" et le nom "tropus" déformé en "trouvère", dans la langue d'oïl : trouver, composer, inventer, et aussi "figurer" musicalement

En musique ! en compagnie des ménestrels. Beaucoup de femmes furent des troubadours réputés…
      Donc le pauvre Malherbe est bien enterré : les POÈTES ayant tous les droits, aujourd’hui la langue a déambulé, virevolté – sur cette métamorphose chacun a son opinion… Est-ce alors que les "accents" ont perdu leur sens ?

Au XIXème siècle la grande migration intérieure, due à l’appauvrissement des campagnes et à l’industrialisation, accula Auvergnats et Bretons, entre autres, à s’expatrier à Paris. Et quand on vit venir les colonisé pour reconstruire la France à la fin de la Seconde Guerre Mondiale, quel bouc émissaire de choix ! qui ne parlait pas comme tout le monde - oubliant que l’on avait trucidé au moins une centaine d’italiens dans le sud avant-guerre – sans compter les juifs pendant le régime de Vichy ! chapitre trop grave pour un tel sujet.

Nécessité d’alléger son accent pour mieux s’intégrer ? là commença cette vilaine uniformisation

Que dire à l’apparition de la radio et la télévision ! ce sont elles qui imposèrent ce conformisme bêta !

A l'époque actuelle seuls les habitants de "campagnes reculées" chantent encore en parlant ; sinon tout accent s'est envolé : ces messieurs et dames des médias minaudent une soi-disant intelligence en éliminant leur origine... et le français ignore la géographie de son propre pays ! "Je me désole à penser que, plus tard, ma mémoire affaiblie ne saura plus me présenter ma sensation d'aujourd'hui, pourtant si vive, et que celle-ci, perdant toute netteté de contour, tout accent, ne m'apparaîtra plus que pareille à ces médailles dont s'est effacée l'effigie..."
A. Gide, Journal,

Maximin Maurin


Catégorie : ARTICLES - LITTERATURE
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