Texte à méditer :  

Rêver un impossible rêve
Porter les chagrins des départs
Brûler d'une possible fièvre
Partir ou personne ne part
Aimer jusqu'à la déchirure
Aimer même trop même mal
Tenter sans force et sans armure
D'atteindre l'inaccessible étoile
Telle est ma quête
Suivre l'étoile ...

  
Jacques Brel
 
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  « Je relis Les Caractères, si claire est l’eau de ces bassins qu’il faut se pencher longtemps au-dessus pour en comprendre la profondeur » André Gide

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LE  DUEL  1 « En garde ! »

Un duel célèbre le 27 janvier 1837 à Saint-Pétersbourg : Alexandre POUCHKINE avec un officier alsacien, le baron Georges-Charles de Heeckeren soupçonné de faire la cour à pouchkine-par-bondar.jpgla femme de l’écrivain qui mourut héroïquement 2 jours après à 37 ans. Pouchkine, déjà vénéré comme le plus grand poète russe, entra dans la légende du Romantisme européen dont il fut l’inspirateur. On chuchota sur un suicide ou un assassinat à cause de la politique… En France, à la même époque un génie mathématique subit le même sort : EVARISTE GALLOIS (1811-32) [Définition des groupes formels; Théorème de l'élément primitif etc.]. Républicain plusieurs fois emprisonné pendant la Terreur Blanche de Charles X, il écrit la veille de son duel :« Brillant éclat, dans l'effroi de la tempête, enveloppé à jamais de ténèbres »….

Le mot « escrime » dériverait su sanscrit carma passant par le scandinave skirmen (skermen pour les Germains). Le verbe skirmjan, qui signifie protéger, donnera son nom à l’escrime. Dans les Romans de La Table Ronde escrimisseur, (ou eskermisor), désigne les « joueurs d’épée ». Peut-être les premiers combats singuliers eurent lieu dans HOMÉRE (hoplomachie). Dépassons l’Antiquité pour le Moyen Age au cours duquel l’épée acquit ses lettres de noblesse : d’un auteur anonyme mais autrefois proverbiale LA CHANSON DE ROLAND (Chanson de Geste) et la Mort de Roland àTournois.jpg Roncevaux avec son épée, Durandal :
« …Car Roland sent que la mort est proche :
Par les oreilles lui sort la cervelle.
Pour ses pairs il prie que Dieu les appelle,
Et pour lui-même implore l'ange Gabriel.
Prenant son olifan dans une main, et Durandal son épée ;
De plus d'une portée d'arbalète Il s'avance vers l'Espagne.
Au sommet d'un tertre, sous deux beaux arbres
Il y a quatre blocs de marbre luisant;
C'est là qu'il tombe à la renverse, sur l'herbe verte;
Il s'est évanoui, la mort est proche.
Roland frappe sur une roche bise ;
Il en abat plus que je ne saurais dire;
L'épée grince, mais ne s'ébrèche ni se brise,
Rebondissant en l'air.
Quand le comte voit qu'il ne la brisera pas,
Il la plaint bien tendrement en se parlant à lui-même :
Ah, Durandal, comme tu es bonne et sainte !
Dans ton pommeau d'or sont de nombreuses reliques,
Une dent de saint Pierre, du sang de saint Basile,
Des cheveux de monseigneur saint Denis,
Du vêtement de sainte Marie;
II n'est pas juste que des païens te possèdent,
C'est de chrétiens que tu dois être honorée.
Que de vastes terres avec toi j'aurais conquises,
Que tient Charles, qui a la barbe fleurie !
L'empereur est puissant et riche.
Ne soit jamais l'épée d'un couard !
Que Dieu ne permette pas à la France telle honte !... ».

La société féodale une fois structurée, la Chevalerie disciplinée et la guerre intermittente, le XIème siècle voit l’essor des tournois. Si René Ier le Bon écrivit chateau-ecouen-spectacle-renaissance-tournoi--L-1.jpeg« Le livre des Tournois », on se souvient que le Valois Henri II, fils de François Ier, mourut tragiquement en recevant une lance dans l’œil …(cf. « La Princesse de Clèves » de Madame de Lafayette.

Curieusement, la RENAISSANCE, moment étincelant des Lettres et des Arts, permit la floraison de livres sur la pratique des armes grâce à l’essor de l’imprimerie. Moult livres sur la technique et le style dans armes fleurirent en Italie et l’aristocratie française s’en régala également. La mode des écoles d’escrime prodigua la passion du duel à travers la discipline du code d’ALCIATI. En France, la vogue entreprit furieusement les gentilshommes : « en découdre entre gens de qualité » outrepassant, ainsi, la volonté royale ! Plus, sur le terrain des seconds se battaient entre eux tandis que l’offenseur et l’offensé vidaient leur querelle. MONTAIGNE n’hésita pas à critiquer : « Je trouve des désavantages à mêler sa fortune à celle de son second. Les confrontations entre bandes de duellistes firent regretter à certains le duel judiciaire avec lequel il y avait au moins économie de sang ». L’aventure se déroulait invariablement, de l’outrage à l’attaque, passant par la désignation de laHenryII.jpg place, la sélection des armes, puis mort ou blessure… Certains se limitaient au jeu.

L’exemple qui vient à l’esprit, le fameux coup de Jarnac. Guy Chabot de Saint-Gelais, futur deuxième baron de Jarnac épousa Louise de Pisseleu, sœur de la duchesse d’Étampes, maîtresse de François Ier qui se querellait sans cesse avec Diane de Poitiers, chère au Dauphin, (futur Henri II). Maladroit, Guy Chabot affirma tenir ses richesses de sa belle-mère, Magdelaine de Puyguyon, seconde épouse de son père, boutade raillée dans toute la cour… au point d’imaginer cette dernière dans les bras de son beau-fils ! François de Vivonne, seigneur de La Châtaigneraie, s’avoua l’auteur de la médisance (qui venait du Dauphin). François Ier l’ayant interdit, dès 1547, à l’accession d'Henri II, le duel se passa au château de Saint-Germain-en-Laye [1] : Jarnac expédia La Châtaigneraie en l’atteignant 2 fois au jarret gauche. Botte fatale et secrète, car on frappait généralement au visage ou à la poitrine – mais considérée comme parfaitement régulière. Le terme évoquait une estocade inédite mais non malfaisante. L’expression devient péjorative au XVIIIe dans le Dictionnaire de Trévoux (Jésuites) car Jarnac était protestant ! Il fallut attendre Littré pour remettre les choses en place. Justement, le Concile de Trente (convoqué contre la Réforme) condamna, en même temps, le duel (1563) avec menace d’excommunication à fois pour les belligérants et le monarque qui tolérait de telles tueries : entre 1588 et saint-germain-en-laye-office-municipal-de-tourisme_annuaire_carrousel.jpg1608 on déplorait la mort de près de dix mille gentilshommes ! Quand les Guerres de Religion cessèrent, Louis XIII et Richelieu, puis Louis XIV après la Fronde, durent à la fois sanctionner et briser l’arrogance des nobles. Jusque sous Louis XVI, au bal de l’Opéra : la duchesse de Bourbon ôtant le loup du comte d’Artois qui lui rendit la pareille. Quelques bottes entre le duc de Bourbon et le frère du roi ne reçurent qu’une gentille punition !

C’est grâce à la littérature romantique que ces fameux duels se transformèrent en glorieux et mémorables exploits – avec en tête les immortels « Trois Mousquetaires » d’Alexandre Dumas … Mais nous verrons, dans un prochain article, que les maîtres d’armes mirent au point avec le fleuret, arme d’étude, une technique nouvelle propre à la France.

Le Mousquetaire de service

[1] Une plaque au château commémore l’évènement


Catégorie : ARTICLES - HISTOIRE
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