Texte à méditer :  

Rêver un impossible rêve
Porter les chagrins des départs
Brûler d'une possible fièvre
Partir ou personne ne part
Aimer jusqu'à la déchirure
Aimer même trop même mal
Tenter sans force et sans armure
D'atteindre l'inaccessible étoile
Telle est ma quête
Suivre l'étoile ...

  
Jacques Brel
 
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  « Je relis Les Caractères, si claire est l’eau de ces bassins qu’il faut se pencher longtemps au-dessus pour en comprendre la profondeur » André Gide

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LE  DUEL  2 « En garde ! »

Donc, les duels sont officiellement interdits ! François de Montmorency, comte de Bouteville, exemplairement décapité et d’autres embastillés pour asseoir les décrets royaux. Et l’Église, comme la littérature, les secondent. Le CID (Corneille, 1637) se base sur le point d’honneur qui justifiait les duels – avec retenue «…vous parlez en soldat, je dois agir en roi », (acte II, scène 6). Ainsi naquit le fleuret, épée Mousquetaires-de-la-maison-du-roi-.jpgd’exercice, moins lourde et longue que la rapière. Sa lame de section quadrangulaire munie d’un bouton en fleur – d'où le nom – ne blessaient presque plus et, surtout, ceux qui le maniaient, les maîtres d’arme, prirent une importance étonnante. Pour les Encyclopédistes, cependant, loin de la coutume désuète, l’honneur devint respect de la loi pour tous. Mais les guerres napoléoniennes excitèrent la violence imposant l’escrime militaire y ajoutant même le sabre de cavalerie et la lance. Dans la Grande Armée, composée de plusieurs nationalités, on s’étripait à l’intérieur d’un même régiment. La mode de l’escrime se poursuivit au 19ème siècle grâce aux salles d’armes. La plus connue, celle d’Augustin Grisier, rue du faubourg-Montmartre, reçut Théophile Gautier, A. Dumas, Charles Nodier, Roger de Beauvoir, George Sand et beaucoup de comédiens. Avec Cinq-Mars (1926) Alfred de Vigny inaugure la vogue des romans de cape et d’épée ;Gautier y joignit Mademoiselle Maupin et Le Capitaine Fracasse. A. Dumas va l’emporter avec le succès universel des TROIS MOUSQUETAIRES. Malgré les libertés prises avec l’Histoire, l'extrême finesse qui recrée cette élégance si particulière en ce début du 17ème à l'instar du portrait de Charles Ier D’Angleterre par Van Dyck, clef de sa réussite. Premier duel entre D’Artagnan (17 ans), Athos, Porthos et Aramis: « Au reste, ou nous avons mal exposé le caractère de notre chercheur d'aventures, ou notre lecteur a déjà dû remarquer que d'Artagnan n'était point un homme ordinaire…Il espérait, grâce aux excuses loyales qu'il lui réservait, se faire un ami d'Athos, dont l'air grand seigneur et la mine austère lui agréaient fort. Il se flattait de faire peur à Porthos avec l'aventure du baudrier…; quant au sournois Aramis, il n'en avait pas très grand-peur…Mais les deux rapières avaient à peine résonné en se touchant, qu'une escouade des gardes de Son Éminence (Richelieu), commandée par M. de Jussac, se montra. «Les gardes du cardinal !…Le cœur du jeune Gascon battait à lui briser la poitrine, non pas de peur, Dieu merci ! il n'en avait pas l'ombre, mais d'émulation ; il se battait comme un tigre…Enfin cette lutte finit par faire perdre patience à Jussac. Furieux d'être tenu en échec par celui qu'il avait regardé comme un enfant, il s'échauffa et commença à faire des fautes. D'Artagnan, qui, à défaut de la pratique, avait une profonde théorie, redoubla d'agilité. Jussac, voulant en finir, porta un coup terrible à son adversaire en se fendant à fond; mais celui-ci para prime, et tandis que Jussac se relevait, se glissant comme un serpent sous son fer, il lui passa son épée au travers du corps. Jussac tomba comme une masse… Ils s'acheminèrent ivres de joie vers l'hôtel de M. de Tréville. On les voyait entrelacés…si bien qu'à la fin ce fut une marche triomphale…Si je ne suis pas encore mousquetaire, dit-il à ses nouveaux amis, au moins me voilà reçu apprenti…». Et Cyrano280px-Charles_I_of_England_-_Van_Dyck.jpg de Bergerac de Rostand en 1897 couronna le succès du genre ! Les amateurs de roman historique chercheront, avec passion, les correspondances entre l’affabulation et les personnages ayant existé : Charles de Batz de Castelmore d’Artagnan, Jean Arnaud du Pyerer de Troisville (Treville) qui accueillait tous les hobereaux gascons impécunieux, Isaac de Pourtau, (Porthos), Armand de Sillègue d’Athos d’Autevieille et Henri d’Aramis, tous trois parents et protestants ayant combattu pour Jeanne D’Albret mère d’Henri IV…       

Parallèlement, la presse moins censurée et le rôle de la politique généra les duels au pistolet pour lesquels le comte de Chatauvillard établit de nouvelles règles. 1836 le plus fameux entre Armand Carrel et Émile de Girardin fondateurs de journaux. Le premier accusant le second de concurrence déloyale (encarts publicitaires). Girardin blessé à la cuisse et Carrel (qui voulait absolument en découdre) à l’aine succombera. Les tribunaux durent se mêler de ce nouveau fléau. Si bien que les joutes se limitèrent au jeu : Jaurès contre Déroulède rapporté avec délices par Le Petit Journal illustré du 18 Décembre 1904 [Lors des obsèques de Félix Faure (1899), le nationaliste Déroulède tenta un coup d'État  qui le bannit en Espagne]. Querelle au sujet de Jeanne d'Arc, Déroulède, «Je vous tiens, monsieur Jaurès, pour le plus odieux pervertisseur de consciences qui ait jamais fait, en France, le jeu de l'étranger». M. Jaurès, du tac au tac, répondit par un cartel en règle. Or, M. Déroulède ne pouvait mettre le pied sur la terre française, sans s'exposer. Mais M. Jaurès n'est pas embarrassé pour si peu...Il envoie un ukase à M. Combes qui accorde à l'omnipotent duel-2.jpgJaurès le sauf-conduit qui, permettra au proscrit, devenu son complice, toutes les facilités pour venir commettre, sur le sol de la République, un délit caractérisé… ». Deux balles sans résultat !

Enfin, les duels se résolurent devant la justice et aux JEUX OLYMPIQUES de 1896, sous l’égide de Pierre de Coubertin l’escrime reçut une place de choix - non sans être initiée par les rivalités françaises, italiennes et hongroises. Jusqu’en 1950 la France et l’Italie s’opposent au fleuret, l’URSS, l’Allemagne et la Pologne entrent en jeu, excepté à l’épée, et le sabre est réservé à la Hongrie… On ouvre les hostilités par le fameux « En garde, Messieurs, êtes-vous prêts » et on commence lorsque l’arbitre prononce « Allez Messieurs ». On notera, avec intérêt, que pendant le XXème siècle, l’escrime va se démocratiser l’esprit de compétition sportive l’emportant sur l’esprit de caste. 1906 fondation de la Fédération française par Bruneau de Laborie. A partir de 1936 uneEscrime.jpg réglementation internationale intégra l’électricité (non sans quelques accidents). Le fil électrique est lié à un ressort à la pointe de la lame, pénètre à l’intérieur de celle-ci jusqu’à la prise de la garde, dissimulé sous la veste suffisamment ancré pour atteindre le dispositif de vérification des touches. En dépit de la courtoisie, assaut ou match, les combats se divisent en tranches : tout coup, ou touche, stoppe la bataille et c’est le nombre de touches (sur lequel on s’est mis d’accord) qui révèle la réussite. La langue officielle de l’escrime est le français. Illuminer, en premier, l'exhibition, tel est le but du tireur quelles que soient les conventions des armes : l’art devient moins spectaculaire que la condition physique et ce corps à corps fantastique une mine d’or pour les photographes ou la caméra. Ainsi, la manœuvre en salle s’est complètement éloignée du terrain des duellistes d’antan. Elle en est même opposée ! Toucher à tout prix, pour voir s’allumer la lampe, sans forcément esquiver, voilà ce qui semble compter Les coups sont portés à une vitesse de 1/20° de seconde (ou plus). Quel témoin aurait l’œil assez prompt pour arbitrer le vainqueur ?

Le Mousquetaire de service


Catégorie : ARTICLES - HISTOIRE
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