Texte à méditer :  

Rêver un impossible rêve
Porter les chagrins des départs
Brûler d'une possible fièvre
Partir ou personne ne part
Aimer jusqu'à la déchirure
Aimer même trop même mal
Tenter sans force et sans armure
D'atteindre l'inaccessible étoile
Telle est ma quête
Suivre l'étoile ...

  
Jacques Brel
 
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  « En lui était la vie et la vie était la lumière des hommes" évangile de Jean

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VINCENT  VAN GOGH (1)  1853-1890

De la Bible à la peinture

Avant d’approcher le peintre lui-même, trois circonstances s’imposent. Ce Vincent mort-né, un an avant lui, dont la tombe jouxtait sa maison à Grool-Zunder (sud de la Hollande près de la frontière belge). Son grand-père et son père pasteurs calvinistes. Sa correspondance si essentielle et pertinente pour déceler à la fois sa nature exaltée et la qualité de son écriture :"Van Gogh possédait un réel talent d’écrivain. S’il est vrai qu’il a du lutter pour apprendre à peindre et à dessiner, le don de la plume lui était inné…A tort ou à raison, il se sent souvent sous-estimé ou méjugé…le manque d’argent la solitude, le besoin d’amour… elle acquiert ainsi la portée AVT_Vincent-van-Gogh_6829.jpeguniverselle propre à toute grande littérature". Léo Jansen, Van Gogh et ses lettres(2007). Il existe 819 lettres (658 à Théo).

Sa mère lui apprend à lire et dessiner mais à 16 ans il quitte l’école pour travailler chez son oncle Vincent, d’abord dans la galerie Goupil & Co à La Haye. [Il s’imprégnera de la peinture hollandaise du XVIIème – Rembrandt ! et l’école de Barbizon]. Puis rejoint la branche londonienne (Van Gogh parlait 4 langues !). Manque de sens commercial ? Renvoyé ! Il fréquente les méthodistes : devant la misère des faubourgs il ressent le désir de les soulager avec le réconfort de l’Évangile. « Si je pouvais trouver quelque chose ce serait probablement un poste intermédiaire, entre pasteur et missionnaire, dans les faubourgs de Londres et parmi les ouvriers » écrit-il à Théo. Fragment d’une prédication de Van Gogh dans une église méthodiste de Londres (1876) :"…Nous avons vu qu’il y a de la place pour la paix même au sein de la tempête…Je sens encore le ravissement, l’émotion, la joie que j’ai éprouvés la première fois que j’ai réfléchi gravement à la vie de mes Parents, quand j’ai senti d’instinct à quel point ils étaient chrétiens. Et cette émotion je l’éprouve encore, cette sensation de jeunesse éternelle, d’éternel enthousiasme avec lesquels je suis allé vers Dieu, disant Moi aussi je veux être chrétien ! Sommes-nous ce que nous avions rêvé d’être ?…De nouveau jetons notre filet, essayons encore. Dieu connaît les intentions de notre esprit…Il sait de quoi nous avons besoin. Il sait ce qui est bon pour nous. Puisse-t-il bénir la semence de Sa parole, celle qui fut semée dans nos cœurs. Si Dieu nous aide, sous saurons traverser la vie. A chaque tentation il nous donne le moyen de ne pas succomber…". Projeté parmi les mineurs de Belgique, dans un élan de foi, il leur donnera tout le peu qu’il possédait vivant, lui, comme un marginal. Cette spontanéité éperdument altruiste tranche avec la tendance embourgeoisée de son entourage ! On l’enjoint d’apprendre un minimum de théologie en quelques mois. Nouvel échec, plus, éviction de la maison familiale parce qu’il fréquentait une prostituée.  Pourtant ce fut un lecteur fervent, en plus de la Bible, l’Imitation de Jésus-Christ, Dickens, Elliot, Renan La vie de Jésus, Zola la joie de vivre, Michelet La Femme, Daudet Tartarin de Tarascon… Également une prédilection pour les œuvres (plutôt spirituelles) de Millet, Delacroix, Emile Bernard…  Il se confie, en français, toujours avec une sincérité si moderne à Théo :(1880)"…Ce qu’est la mue pour les oiseaux, le temps où ils changent de plumage, cela est l’adversité ou le malheur, les temps difficiles pour nous autres humains…Moi je suis un homme à passion, capable et sujet à faire des choses plus ou moins insensées dont il m’arrive de me repentir…Par exemple j’ai une passion plus ou moins irrésistible pour les livres et j’ai besoin de m’instruire continuellement…Lorsque j’étais dans un entourage d’art tu sais bien que j’ai alors pris pour cet entourage-là une violente passion…Au lieu, donc, de me laisser aller au désespoir, j’ai pris le parti de la mélancolie active, pour autant que j’avais la puissance d’activité, ou en d’autres termes j’ai préféré la mélancolie qui espère et qui aspire et qui cherche, à celle, morne et stagnante désespère…Tu sais bien que souvent j’ai négligé ma toilette, cela je l’admets, cela est shocking. Mais voici le gêne (sic) et la misère y sont pour quelque chose, et puis un découragement profond, et puis c’est quelque fois un bon moyen pour s’assurer la solitude nécessaire pour pouvoir approfondir plus ou moins telle ou telle étude qui vous préoccupe…Tu diras peut-être :mais pourquoi n’as-tu pas continué, comme on aurait voulu par le chemin de l’université ? Cela coute trop cher et puis cet avenir-là n’était pas mieux que celui d’à présent sur le chemin où je suis…Tu dois savoir qu’avec les évangélistes c’est comme avec les artistes. Il y a une vielle école académique souvent exécrable, tyrannique…". Dissertation sur leur Dieu c’est comme l’ivrogne Falstaff de Shakespeare"Pourquoi je te dis tout cela - non pas pour me plaindre, non pas pour m’excuser sur ce en quoi je puis avoir plus ou moins tort…Si maintenant tu peux le pardonner à une homme d’approfondir les tableaux, admets aussi que l’amour des livres est aussi sacré que celui de Rembrandt et même je pense que les deux se complètentA quoi pourrais-je être bon ?...Vois-tu cela me tourmente continuellement et puis on se sent prisonnier dans le gêne, exclus de participer à telle ou telle œuvre…A cause de cela on n’est pas sans mélancolie et puis on sent des vides là où pourraient être amitié et hautes et sérieuses affections et l’on sent le découragement ronger l’énergie morale même et la fatalité semble pouvoir mettre barrière aux instincts d’affection et une marée de dégoût qui vous monte. Et puis on mangeurs.jpgdit jusqu’à quand mon Dieu !...Maintenant de même est-il que tout ce qui est véritablement bon et beau, de beauté intérieure, morale, spirituelle dans les hommes et dans leurs œuvres je pense que cela vient de DieuLe meilleur moyen pour connaître Dieu c’est d’aimer beaucoup… ". Enfin, un mot est lancé fainéant ! Van Gogh distingue le paresseux et lâche de celui qui est rongé d’un grand désir d’action mais comme dans une prison fatale…"…A quoi donc pourrais-je être utile ! à quoi pourrais-je servir ! il y a quelque chose au-dedans de moi, qu’est-ce que c’est donc ! Cela est un tout autre fainéant, tu peux, si tu juges bien me prendre pour tel. Un oiseau en cage, au printemps sait fortement bien à quoi il serait bon…il a des idées vagues et se dit les autres font leur nids et font leurs petits et élèvent leur couvée…il se cogne le crâne contre les barreaux de la cage. Et puis la cage reste là et l’oiseau est fou de douleur…Sais-tu ce qui fait disparaître la prison, c’est toute affection profonde sérieuse…cela ouvre la prison. Mais celui qui n’a pas cela demeure dans la mort. Mais là où la sympathie renaît, renaît la vie. Puis la prison quelque fois s’appelle : préjugé, malentendu, ignorance fatale de ceci ou de cela, méfiance, fausse honte…".

A l’encontre des mythes quant à la santé mentale de Vincent toutes les lettres écrites à Théo certifient, néanmoins, de sa capacité à s’analyser avec une sagacité subtile ! Il sera peintre et créera en 10 ans environ 900 tableaux. Car ce n’est qu’en 1880 qu’il s’y met sérieusement et ne viendra à Paris – ou il sera l’ami, entre autre, de Toulouse-Lautrec (pour la débauche), Émile Bernard et bien des impressionnistes qu’en 1886. Juste avant la mort de son père et l’un de ses tableaux préférés Les mangeurs de pommes de terre

Anne-Flore Urielle
[cet article n’aurait pu s’écrire sans les conférences du pasteur Andréas Lof]


Catégorie : - ART
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